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Interview B.O : Pierre Desprats, LA VALLÉE BLANCHE / Prix Cinezik Festival Music & Cinéma 2021

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Propos recueillis par Benoit Basirico. - Publié le 13-06-2021




Le Festival Music & Cinéma à Aubagne 2021  a eu lieu physiquement (après une version dématérialisée en 2020), et Cinezik a pu remettre pour la 3e année consécutive un Prix pour la musique d’un court-métrage. Le compositeur Pierre Desprats a reçu le Prix Cinezik (ex-aequo) du Festival Music & Cinéma à Aubagne pour le court-métrage de Ethan Selcer LA VALLÉE BLANCHE. Il nous parle de sa musique.

Pierre Desprats signe la musique du court-métrage de Ethan Selcer. Lauréat ex-aequo du Prix Cinezik (Festival Music & Cinéma 2021). 


Cinezik : Dans LA VALLÉE BLANCHE nous sommes en plein cœur de l'hiver, avec beaucoup de neiges, dans un esprit de confinement, et une dimension fantastique. Comment s'est faite la rencontre avec le réalisateur Ethan Selcer ?

Pierre Desprats : J'ai commencé à travailler avec Ethan lorsqu'il était producteur, notamment pour Maïté Sonnet (Massacre), que j'avais fait. On s'est rencontré là-dessus. Et lorsqu'il a franchi le pas de la réalisation il m'a appelé.

Vous êtes toujours très actif dans le court-métrage bien que vous ayez franchi le pas du long. On peut citer "Les Garçons sauvages" de Bertrand Mandico, ou "La chanson douce" de Lucie Borleteau, le format court vous intéresse donc toujours ?

P.D : Je ne suis pas sûr de sentir une différence dans le travail, mais c'est une occasion surtout de faire des rencontres avec des cinéastes qui commencent à mettre en forme leurs idées. Je continue à faire pas mal de courts car il y a des gens qui ont envie d'essayer des films audacieux et je suis séduit. Mais dans le travail musical je ne vois pas foncièrement une grande différence.

Dans votre manière de travailler, il y a l'emploi de sons synthétiques, mais avec toujours beaucoup d'acoustique. Il y a un alliage entre les deux. Il y a beaucoup de textures, de l'atmosphérique, mais malgré tout toujours des motifs qui reviennent. Quel a été le rôle attribué à la musique dans ce film, celui du fantastique, de l'aspect climatique de l'hiver, ou du personnage ?

P.D : C'est de la musique de sensations. Et comme le film est un film de dépression, des gens vont tomber à l'intérieur d'eux-même jusqu'à essayer de ressortir. C'est un film de montagne qui cache une montagne intérieure. L'idée était de faire une musique qui, malgré les plans larges et les paysages, nous dise que le centre d'attraction est thoracique. Ce n'est pas vraiment la musique d'un personnage, mais ce serait plutôt la musique d'un lieu, un lieu petit et intérieur. C'est pour cela que ce sont des percussions très proches, très mates.

Pour retranscrire ce climat le travail s'est fait à l'image ?

P.D : J'ai commencé à travailler après le tournage. Donc c'est vraiment l'image qui m'inspirait. Avec aussi le scénario et les discussions avec le réalisateur qui est lui-même randonneur et montagnard. Je suis assez sensible aux formes de musiques traditionnelles qui viennent de ces régions là. C'est pour cela que j'ai utilisé des cordes que j'ai jouées moi-même, comme une viole de gambe qui a un timbre assez nasillard, qui peut se rapprocher d'une forme de musique de bal. J'essaie de travailler aussi sur des bourdons, et des étendues. Cela collait bien aux images des montagnes oubliées et d'une tradition ancestrale.

Ethan Selcer accueillait volontiers la musique ?

P.D : Il l'accueillait hyper volontiers. Ça a été assez simple en terme de propositions. On n'a jamais éloigné une idée. On a parfois retravaillé des questions de rythme et de durée. Mais dans la collaboration c'était extrêmement fluide. Il était heureux de ce qu'il entendait. Cela allait dans le champ de ce qu'il cherchait.

Il y a aussi toute une dimension sonore dans votre travail...

P.D : L'ouverture du film est très étrange avec ces percussions, j'ai aussi récupéré une cithare de RDA. Je m'en suis servi pour frapper dessus. Toutes les notes résonnent. On n'identifie pas de mélodies. J'avais fait un travail de textures intéressants. Pour les percussions, ce sont des chaînes. Je pense aussi aux chansons de Johnny Cash. Quand je construis des morceaux, il y a différents éléments que j'empreinte à droite à gauche de plein de cultures, que je suis sûrement le seul à identifié, mais c'est comme ça que j'imagine mes textures, ça fait raisonner des références.

 

Propos recueillis par Benoit Basirico.

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