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Adaptation.  (2003)

Astralwerks 2002 - 47:27 | Original Score [musique originale]


 

Adaptation, réalisé par Spike Jonze et scénarisé par Charlie Kaufman ( Dans la Peau de John Malkovich ) (ainsi que son frère Donald mais lui n'existe pas !) traite des méandres du processus créatif, de la quête de l'inaccessible, du marécage du doute (et du marécage au sens propre également !), de l'évolution et de la sélection naturelle.



[© Texte : Cinezik] •
Adaptation.

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Adaptation (04:50)
Fatboy Slim Remix
2. The Evolution Of The Screenwriter (01:12)
3. The Writer And The Crazy White Man (03:23)
4. An Unashamed Passion (03:15)
5. The Evolution Of Evolution (02:08)
6. On Judgement, Human And Otherwise (01:43)
7. Whittle The World Down (01:52)
8. On The Similarity Of Human And Orchid... (01:17)
9. The Screenwriter's Nightmare (01:00)
10. Approaching The Object Of Desire (03:31)
11. Shinier Than Any Ant (01:13)
12. The Slough Pit Of Creation (03:30)
13. Adaptation Versus Immutability (02:33)
14. Effects Of Sibling Pressure (03:21)
15. Evasion And Escape (07:05)
16. The Unexpressed Expressed (01:38)
17. The Screenwriter's Nightmare (00:55)
18. Happy Together (02:53)
Performed by Turtle

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Je pourrais vous abandonner ainsi car je ne sais moi même ce que m'inspire la musique de Carter Burwell tant elle est paraît déstructurée… tout du moins à la première écoute.

Inharmonique au possible, percussif, ce score est la parfaite copie de l'intellect perturbé des protagonistes, d'où sa structure cyclique aux effets parfois complètement absurdes ne manquant pas de brouiller les esprits. Cette bande originale atypique apporte au film, en apparence léger (un scénariste mal dans sa peau - Nicolas Cage - est chargé d'adapter pour le cinéma la biographie d'un chasseur d'orchidées - Chris Cooper - écrit par une journaliste tout aussi désaxée - Meryl Streep -), un début de réflexion, un petit supplément d'âme.

Un peu de courage et de réflexion sur vous même vous seront probablement profitables pour mieux apprécier l'essence même de ce disque. Les limites que l'on s'impose, les peurs irraisonnées qui nous empêchent d'évoluer, les questions dont on ne paraît jamais trouver de réponses, la quiétude et la beauté au bout du chemin jamais atteintes… autant de frustrations qui font de notre esprit une véritable machine à tourner en rond, futilement et qui ralentissent le développement de notre épanouissement.

Ainsi, des fragments sonores synthétiques, froids, métalliques et dissonants ( The Evolution of the Screenwriter , The Evolution of Evolution ) reviennent en boucle, accélérant. Ces derniers symbolisent le chaos de la création, qu'elle soit personnelle (désir artistique), ou à l'échelle de la planète (symbolisé dans le film par la présence de l'orchidée si rare et si difficile à découvrir). Le désir de la perfection, l'inaccessibilité de notre désir le plus cher, l'impossibilité de la mutation et la contemplation de la beauté, rendent notre quête encore plus belle de sens. Des thèmes plus mélodiques pour cor, guitare ou cordes ( An Unashamed Passion , Shinier than any Ant ) viennent donc alléger les souffrances de l'auteur et par la même le reste de la partition. Un répit sinon vital, nécessaire au bon fonctionnement de la raison humaine.

Le piano, quant à lui, apparaît lors de la mise en marche du processus créatif ( The Slough Pit of Creation ) et supplante les guitares discordantes. Puis les cordes prennent le relais, guidant l'auteur dans sa démarche et sa recherche de perfection. Les premières barrières franchies, c'est la révélation. Le chemin apparaît moins encombré, débroussaillé de tous les fardeaux et de toutes les pudeurs. L'excitation est à son comble tandis que la musique se fait plus vivante ( Adaptation vs Immuability ). Le leitmotiv de la spirale réapparaît alors ( Effects of Sibling Pressure ), aussitôt suivi par un thème de plus de sept minutes, représentant la création proprement dite ( Evasion and Escape ) et correspondant dans le film à la scène de la course poursuite finale qui apportera au scénariste le dénouement de son histoire. Infidèle à la réalité somme toute assez ennuyeuse, et trahissant l'intégrité du roman, il aura préféré se sortir d'affaire en inventant de toute pièce un épilogue personnel et loufoque à son adaptation.

Enfin débarrassé de sa mission professionnelle impossible et par dessus tout de ses doutes sur ses talents d'écrivain ainsi que de ses fantômes passés, il pourra revivre… paisiblement. Ouf, j'ai fini...

Isabelle Thomas

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