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Battlestar Galactica : saison 1  (2004)

La-La Land Records (3 juin 2005) - 1:17:07 |



Pour la première saison de la série chapeautée par Ronald D. Moore et David Eick, Bear McCreary, jeune compositeur sans grande expérience (accordéoniste professionnel s’étant fait la main sur un grand nombre de téléfilms) remplace Richard Gibbs (ne pouvant s’engager à long terme sur une telle expérience), pour un travail bien différent de celui effectué sur le téléfilm.

[© Texte : Cinezik] •

Battlestar Galactica : saison 1

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Prologue (0:38)
By Richard Gibbs
2. Main Title (US Version) (1:02)
By Richard Gibbs & Bear McCreary / Featured Vocolists: Brendon McCreary & Raya Yarbrough
3. Helo Chase (1:29)
Episode #33
4. The Olympic Career (5:39)
Episode #33
5. Helo Rescued (0:59)
Episode #33
6. A Good Lighter (1:52)
Episoide: "Hand Of God"
7. The Thousandth Landing (3:04)
Episode: "Act Of Contrition"
8. Two Funerals (3:22)
Episode: "Act Of Contrition"
9. Starbuck Takes On All Eight (3:44)
Episode: "Act Of Contrition"
10. Forgiven (1:28)
Episode: "You Can't Go Home Again"
11. The Card Game (3:01)
Episode: "Act Of Contrition"
12. Starbuck On The Red Moon (1:58)
Episode: "You Can't Go Home Again"
13. Helo In The Warehouse (1:59)
Episode: "Litmus"
14. Baltar Speaks With Adama (1:52)
Episode: "Six Degrees Of Separation"
15. Two Boomers (1:46)
Episode: "Six Degrees Of Separation"
16. Battlestar Operatica (2:33)
Episode: "Secrets And Lies"
17. The Diner Party (3:12)
Episode: "Secrets And Lies"
18. Battlestar Muzaktica (1:41)
Episode: "Colonial Day"
19. Baltar Panics` (1:44)
Episode: "Six Degrees Of Separation"
20. Boomer Flees (1:14)
Episode: "Flesh And Bone"
21. Flesh And Bone (4:04)
Episode: "Flesh And Bone"
22. Battle On The Asteriod (6:50)
Episode: "Hand Of God"
23. Wander My Friends (2:55)
24. Passacaglia (5:13)
Episodes: "Kobol's Last Gleaming - Part 1 & 2"
25. Kobol's Last Gleaming (2:47)
Episodes: "Kobol's Last Gleaming - Part 1 & 2"
26. Destiny (4:42)
Episodes: "Kobol's Last Gleaming - Part 1 & 2"
27. The Shape Of Things To Come (2:53)
Episodes: "Kobol's Last Gleaming - Part 1 & 2" / Dedicated in loving memory to Elmer Bernstein
28. Bloodshed (1:46)
Episodes: "Kobol's Last Gleaming - Part 1 & 2"
29. Re-cap (0:34)
By Richard Gibbs
30. Main Title (UK Version) (1:06)
By Richard Gibbs / Featured Vocolists: Michael Now & Caitanya Riggan

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Produite en 2003, la mini série Battlestar Galactica initiée par Ronald D. Moore et David Eick se devait de répondre à plusieurs défis impressionnant : parvenir à renouveler le genre du Space Opéra en y insufflant une vague de réalisme salvatrice, et faire oublier la précédente série qui, bien que bénéficiant toujours d'une aura culte, avait contribué à faire tomber le genre en désuétude. C'est le réalisateur Michael Rymer qui fût chargé de cette délicate mission, sur un scénario de Ronald D. Moore et une musique de Richard Gibbs. La musique de la mini série (ou du téléfilm selon le mode de diffusion)  a subi donc la même remise en question que l'ensemble du reste de la production. Fallait-il donc se tourner vers les chefs d'œuvre opèratique de Williams ou de Goldsmith (pour respectivement Star Wars et Star Trek), comme avait pût le faire (toute proportion gardée) l'excellent Christopher Franke sur l'une des autres grande série de Science Fiction : Babylon 5, ou bien adopter une nouvelle approche comme pouvait le faire le reste de la mise en scène ?

Dans une époque indéterminée, les humains sont répartis sur 12 planètes colonisées et vénèrent les dieux de la Grèce antique.  La population vie enfin dans la paix après la grande guerre qui a opposée les colonies aux Cylons, une race de machine créée par les humains qui se sont rebellés. Héros de la guerre, le vaisseau de combat Battlestar Galactica se prépare à fêter la fin de son service, tandis qu'il va être transformé en musée. A son bord, le commandant Adama se prépare pour sa dernière mission.

Gibbs opte donc ici pour une partition minimaliste, au croisement d'influences aussi diverses que la world music, le sound design, la musique électronique, classique et tribale. Bien que souvent dénigré par les plus grands adorateurs de la série, cette musique pose ici les jalons de ce qui deviendra emblématique de la nouvelle saga, une grande partie de ce qui fera son identité étant à mettre au crédit de Gibbs. La partition ne sera jamais thématique, se préférant minimaliste et donc moins immédiatement accrocheuse, jouant avec des motifs rapidement identifiables. C'est justement avec l'un de ceux là que s'ouvre l'album. Il s'agit de quelques notes au piano, presque étouffées qui accompagneront les pas du personnage de Numéro Six et donc des Cylons. La boucle se répétant et s'amplifiant peu a peu pour ce retour, à la signification terrible pour l'humanité. Gibbs affirme une deuxième fois son approche avec ce qui deviendra la marque de fabrique principale de la série : les percussions, accompagnant un long travelling partant du vide spatial pour arriver au plus près du croiseur Galactica. Un simple mouvement rythmique isolé parvenant à nous intégrer dans l'univers visuel et sonore de cette réadaptation. Ici, l'héroïsme n'a pas court, il s'agit d'une rigueur toute militaire. Cette impression s'estompe peu à peu, tandis que nous découvrons les dédales du vaisseau, véritable personnage principal de la série qui lui donne son nom. Une voix accompagne cette légère envolée. En seulement un morceau, le compositeur a marqué de son empreinte le reste des quatre saisons qui suivront (Are you alive ? / Main Title).

Théme de n°6

Le reste du CD oscille entre les différents styles précédemment évoqués, dans des morceaux parfois très courts ne permettant que peu d'évolution thématique et de développement mélodique. Le motif de Numéro six agissant comme un leitmotiv tout au long de la série, il est normal de le trouver décliné sous différentes formes (Goodbye Baby). Le compositeur s'amusant à dupliquer sous diverses orchestrations un même morceau, allant jusqu'à le conclure de manière totalement atonale (Six Sex), ou élégiaque (The Sense Of Six). Une lente progression de cordes amplifiant le canevas de base, rendant le morceau suffocant, à mesure que les Cylons recouvrent leur pleine puissance.

Une musique atmosphérique s'immisce aussi quelquefois, avec des morceaux très étranges fleuretant avec l'électronique, mais sans jamais totalement abandonner un sentiment global de malaise, notamment pour le thème abordant la psyché tortueuse du professeur Baltar. De loin le personnage le plus intéressant de tous, à la fois traître et manipulateur, lâche et désespéré, insupportable mais profondément humain. Les tortueuses expérimentations sonores qui l'accompagnent viennent peu a peu s'emmêler avec le motif de Numéro Six, de la même manière que les deux personnages s'emmêlent l'un avec l'autre, le personnage tombant définitivement sous son charme, aboutissant à la plus grande catastrophe de l'espèce humaine (Deep Sixed). Cette noirceur se retrouve dans des morceaux parfois totalement atonaux, laissant libre cours à une expression musicale réussie à l'intérieur du métrage, mais dont l'intérêt s'estompe totalement en écoute isolée (Counterattack), ou bien encore pour certains passages d'action et de combats, pour lesquels la partition n'offre malheureusement pas toujours l'amplitude espérée (Cylons Fire, Apolo to the Rescue). L'utilisation innovante et réussie de simples percussions pour les séquences de combats aériens ne sont pas encore utilisées au maximum de leurs puissances, Gibbs préférant l'accompagner d'une légère orchestration atténuant quelques peu leurs portées (Launch Vipers). Cette approche peut sembler totalement logique, eut égard à la tonalité réaliste de la mise en scène, mais ces trop nombreuses pistes déséquilibrent le reste de la partition. L'un des morceaux finaux, illustrant la dernière grande bataille, n'est ainsi qu'une succession de moments sans aucuns liens mélodiques. Une composition expressionniste, qui ne permet aucune tension ou montée en puissance salvatrice (Battle).

Des touches mélodiques parsèment la bande originale, soulignant principalement les rapports émotionnels entre les personnages, et apportant un petit peu de douceur dans une musique globalement sombre. On remarquera un très beau thème chanté entourant les relations entre Starbuck et Apollo, ou bien encore un lent mouvement de corde à la fois paisible et triste lorsque le commandant Adama pense avoir définitivement perdu son fils (Apollo is gone, Starbuk Returns). La rigueur martiale du vaisseau se rappelant aussi à nous, grâce à un motif pour cuivres associé successivement au vaisseau et au commandant Adama, véritable âme du reste de la flotte de combat désormais réduite à néant. L'aspiration spirituelle et les réflexions philosophiques du script, bien qu'encore en germe dans ce téléfilm, n'ont pas échappé au compositeur. La ligne mélodique oscille entre tous ces courants de manière plus ou moins heureuse, parvenant à créer l'émotion grâce à une simple voix et un motif à la fois pur et simple (A Call to Arms), mais créant également un décalage avec l'univers décrit, notamment par l'utilisation de chœurs (Starbuck, Buck, Buck) provenant d'un monastère tibétain, accompagné de samples électroniques. De même, dans Seal The Bulkheads, bouffée de lumière au milieu des ténèbres, là encore grâce à l'utilisation de vocalises et de motifs mélodiques beaucoup plus clair et immédiatement accrocheur. Les différents morceaux soufflent ainsi le chaud et le froid sans discontinuer jusqu'à la toute fin de l'écoute, l'écriture de Gibbs sachant se faire à la fois légère, intéressante et parfois pompière. La musique connaît ainsi de fréquentes baisses de rythme qui entachent une approche globalement intéressante, mais qui semble demander à être approfondie. Un approfondissement que nous ne connaîtrons, hélas (ou tant mieux), jamais.

L'album se conclue sur un note en demi teinte, l'espoir du coté des derniers humains fuyant, à la recherche de la terre comme terre promise, mais aussi la prise de contrôle finale des Cylons, et une dernière révélation qui vient bousculer une partie de ce que nous venons de voir. Le compositeur s'amuse avec ses différentes sonorités, utilisant un panel très large d'instruments de manière éparse, allant du fameux duduk, à la flûte, l'orchestre ou les voix. Il crée ainsi un univers musical à la fois riche et risqué (The Lottery Ticket), mais se limitant trop souvent à un simple « sound design » sans grande ambition artistique pour des pans entiers de l'histoire. Mission à moitié accomplie pour le compositeur, s'accordant avec la tonalité et les nouvelles thématiques de cette adaptation, mais pour laquelle l'ambition musicale ne se fait que trop discrète, n'aboutissant pas toujours à la création d'un univers complet et cohérent.

Adrien Pauchet

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