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Black Rain  (1989)

La-La Land Records (26 septembre 2012) - 2 disques | Réédition



Pour la première fois, Hans Zimmer instaure un nouveau style de musique de film, crée une ambiance très particulière, qui colle parfaitement aux ambiances noires du Japon crépusculaire dépeint par Ridley Scott. Le thème principal, sublime (totalement au synthé), a une influence orientale.

 Interview B.O : Hans Zimmer, ses méthodes et sa filmographie commentée

[© Texte : Cinezik] •

Black Rain

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

Disque 1

1. Sato Pt. 1/One-Way Glass (6:34)
2. Osaka/Phony Cops (1:46)
3. You Gonna Be Nice?/Sato Pt. 2 (5:21)
4. Sato Watching/Circling Motorbikes (1:59)
5. Sugai's Photo/Sato Pt. 3 (3:58)
6. Sato Pt. 4 (2:05)
7. Charlie Loses His Head (8:22)
8. Sequins (2:42)
9. Masa's Reprimand/Sugai Pt. 1 (5:33)
10. The Steel Mill (2:45)
11. Steel Mill Chase/Airplane/Escape (6:18)
12. Sugai Pt. 2 (8:50)
13. Arrival of Oyabuns/Sato's Arrival/Meeting (7:55)
14. Bikes/Fight/Nick and Masa (9:29)

Disque 2 - l'album

1. Livin' on the Edge of the Night - Iggy Pop (3:38)
2. The Way You Do the Things You Do - UB 40 (3:15)
3. Back to Life (Jam on the Groove Mix) - Soul II Soul (5:07)
4. Laserman - Ryuichi Sakamoto(4:48)
5. Singing in the Shower - Les Rita Mitsouko and Sparks (4:22)
6. I'll Be Holding On - Gregg Allman (5:38)
Black Rain Suite:
7. Sato (4:45)
8. Charlie Loses His Head (7:03)
9. Sugai (6:55)
10. Nick and Masa (2:52)

Bonus Tracks :
11. Airplane Muzak (source) - Shirley Walker (2:05)
12. Charlie Loses His Head Pt. 1 (alternate percussion) (2:32)
13. Charlie Loses His Head Pt. 2
(alternate with koto and oboe) (2:47)
14. Masa's Reprimand (alternate) (1:49)
15. Bikes / Fight (alternate) (3:18)
16. Bikes (percussion only) (1:35)
17. Charlie Loses His Head (monks wild) (2:12)
18. I'll Be Holding On (main title version) - Gregg Allman (2:36)

 

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Black Rain inaugurait en 1989 la première collaboration entre Ridley Scott et Hans Zimmer, qui signa là l'un de ses premiers scores d'action majeur. Encore entiché à cette époque de son style synthétiseur années 80, Zimmer livra néanmoins une partition d'action majeure qui sera déterminante pour la suite de sa carrière puisqu'elle lancera le style de ses musiques d'action des années 90 et celles de Media Ventures. Il faut dire que composer la musique de Black Rain n'a pas été une partie de plaisir pour Hans Zimmer, qui dut constamment affronter l'un des producteurs du film, Stanley R. Jaffe, qui détestait ce que le compositeur avait écrit pour le film. S'ensuivit alors une collaboration chaotique et parfois brutale - une partie de la musique de Zimmer fut rejetée par Ridley Scott lui-même. Finalement, Zimmer a quand même réussit à accoucher d'une partition d'action originale pour l'époque, qui ouvrait de nouveaux horizons pour la musique de film à Hollywood.

Le score s'articule essentiellement autour d'une pléiade de claviers électroniques et autres synthétiseurs chers au compositeur, agrémenté de quelques rares touches orchestrales (assurées par Shirley Walker, l'orchestratrice attitrée de Hans Zimmer à l'époque) et des traditionnelles sonorités asiatiques évoquant ici le monde du Japon. Le score de Zimmer dépeint le côté sombre et noir du film, utilisant des nappes de synthé, des sonorités électroniques sombres (bien que trahissant la technologie musicale électronique de la fin des années 80) et des sonorités japonaises, et ce dès 'Sato', qui évoque les méfaits du méchant du film au début de l'histoire. On notera la façon dont Zimmer couple ici nappes de synthé atmosphériques avec sonorités japonaises, suivi de quelques percussions électroniques pour la scène de la poursuite au début du film. C'est cette utilisation des percussions qui reste ici originale pour l'époque, Zimmer expérimentant avec tous les sons électroniques mis à sa disposition pour élaborer une atmosphère musicale indissociable des images du polar de Ridley Scott.

Zimmer profite alors de ce morceau pour installer rapidement le premier thème de sa partition, un thème aux consonances asiatiques clairement associé au Japon (on l'entend parfaitement à partir de 2.53 dans 'Sato'). De par son utilisation de sonorités électroniques/asiatiques, le score de Black Rain se rapproche étrangement de la musique des films d'action hongkongais de cette époque, un style que l'on retrouvera régulièrement dans les musiques de films asiatiques des années 80 et 90, ce qui renforce aussi le côté original de cette partition. 'Charlie Loses His Head' est l'un des premiers morceaux majeurs du score (à noter que l'album ne contient que 20 minutes de score et omet énormément de passages d'action et de morceaux de suspense tout aussi intéressants). Le morceau accompagne ici la scène où Charlie affronte la bande des motards et se fait décapiter par Sato. On notera ici le côté sombre, violent et enragé de la musique, Zimmer utilisant des percussions électroniques avec une efficacité rare, doublé par un sens du rythme inné chez le compositeur. A noter l'utilisation ici des cordes dissonantes qui renforcent la noirceur et la violence de ce morceau, évoquant non seulement la mort brutale de Charlie mais aussi la colère et la douleur de Nick, incapable de venir en aide à son ami, piégé derrière un grillage, obligé d'assister impuissant à cette scène. C'est donc avec une intensité inattendue que le compositeur accompagne cette scène-clé du film, dévoilant ainsi un talent jusqu'ici insoupçonné pour les musiques d'action.

La seconde partie de 'Charlies Loses His Head' révèle une atmosphère de tristesse beaucoup plus poignante, où Zimmer dévoile enfin le magnifique thème principal de sa partition, une mélodie empreinte d'une certaine mélancolie parsemé de quelques connotations japonaises. La musique accompagne la scène où Nick et Matsumoto déplorent la mort de Charlie et se partagent ses affaires, comme le veut la tradition japonaise. On retrouve ici une atmosphère méditative et langoureuse véhiculée par les nappes de synthétiseur et qui convient parfaitement à cette atmosphère de tristesse (à noter que le thème principal apparaît pour la première fois dans le film lorsque Nick rencontre Joyce alias Kate Capshaw dans la boîte de nuit japonaise).Finalement, la troisième partie du morceau nous dévoile un autre grand moment de la partition, accompagnant la scène où Nick, enragé, détruit tout chez Sato. Zimmer évoque habilement la rage, la colère et la souffrance du personnage de Michael Douglas en utilisant une basse électronique et des harmonies de cordes martelés avec énergie et témoignant du goût du compositeur pour le côté émotionnel de sa musique. 'Sugai' débute quand à lui sur un nouveau passage plus rythmé à l'aide d'une rythmique électronique déterminé, de quelques sonorités électroniques bien choisies et des sonorités japonaises pour la scène où Nick et Matsumoto suivent un des complices de Sato. On notera ici l'efficacité de l'utilisation des percussions et de quelques lignes mélodiques/harmoniques qui relancent constamment le rythme du morceau et qui s'avèrent être très agréables à écouter tout au long de cette scène de filature.

Finalement, 'Nick and Masa' conclut le film de manière majestueuse sur une magnifique touche d'espoir, Zimmer reprenant son thème principal dans toute sa splendeur, évoquant la victoire de Nick et Matsumoto et leur honneur retrouvé. On notera ici la façon dont le compositeur s'amuse à juxtaposer le thème principal et le thème japonais qui prend ici une ampleur majestueuse clairement associé à Matsumoto. Zimmer ajoute finalement une guitare électrique pour personnifier le caractère plus occidental de Nick, une conclusion parfaite et émouvante pour ce premier score d'action majeur de Hans Zimmer, l'une des partitions incontournables du Zimmer de la fin des années 80 qui, à défaut de signer un chef-d'oeuvre impérissable, nous livre une composition inspirée qui allait véritablement lancer à Hollywood la mode des musiques d'action à la Media Ventures pour les années à venir !

Quentin Billard

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