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Casino Royale  (2006)

Sony / BMG (US : 14 nov 2006)
(FR : 22 nov 2006) - Durée : 1:14:22 | Original Score [musique originale]


 

David Arnold compose pour la quatrième fois un film de la série des James Bond, mêlant à nouveau orchestre symphonique et samples électro dans une partition rythmée et classieuse inspirée de John Barry.



[© Texte : Cinezik] •
Casino Royale

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. African Rundown (6:52)
2. Nothing Sinister (1:27)
3. Unauthorised Access (1:08)
4. Blunt Instrument (2:22)
5. CCTV (1:30)
6. Solange (0:59)
7. Trip Aces (2:06)
8. Miami International (12:43)
9. I'm The Money (0:27)
10. Aston Montenegro (1:03)
11. Dinner Jackets (1:52)
12. The Tell (3:23)
13. Stairwell Fight (4:12)
14. Vesper (1:44)
15. Bond Loses It All (3:56)
16. Dirty Martini (3:49)
17. Bond Wins It All (4:32)
18. The End of an Aston Martin (1:30)
19. The Bad Die Young (1:18)
20. City of Lovers (3:30)
21. The Switch (5:07)
22. Fall of a House in Venice (1:53)
23. Death of Vesper (2:50)
24. The Bitch is Dead (1:05)
25. The Name's Bond... James Bond (2:49)

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Autour de cette BO

Nos Notes sur la BO

Après le succès de Die Another Day (comme quoi tout est possible...), David Arnold est présent pour le casting du prochain épisode. Il dira de Daniel Craig qu'il campe un 007 "physique, masculin et rude". Pour accompagner ce nouvel acteur dans les origines de 007, le choix se porte sur Chris Cornell considéré par la production comme "l'une des meilleures voix du rock" [Jon Burlingame, voir bibliographie, page 238]. Surpris d'être convoqué, Cornell aura du mal à composer une chanson pour un personnage aussi spécifique. D'autant que, bien que fan de 007 (ère Sean Connery) et de la chanson "Live And Let Die", il n'a pas apprécié les précédents opus... La musique est déjà écrite lorsque le travail commence sur la chanson. C'est David Arnold qui suggère à Chris Cornell d'utiliser son travail pour composer une chanson en écho au film . Et cela donne un thème superbe ! Cette chanson n'apparaît pas sur l'album éponyme pour des raisons de droits avec Sony. Commercialisée comme single, elle apparaît sur l'album Carry On. Elle sera nommée meilleure chanson originale aux Satellite Awards en 2006, aux Grammy Award en 2007 et aux World Sountrack Awards la même année.

David Arnold propose une composition plus percutante et rugueuse que sur les précédents opus, à l'image de l'acteur donc. Nous avons affaire à un 007 plus "violent" que jamais et dont les origines, troubles, se retrouvent dans certains aspects mystérieux de la musique. C'est ce que l'on entend dans "African Rundown", "Miami International" (cuivres, cordes, rythmes électro, caisse claire, guitare), "Stairwell Fight" (le début de cette piste rappelle quelque peu Psycho de Bernard Herrmann), "The End Of An Aston Martin", "The Switch", "Fall Of A House In Venice".

Le rapport aux femmes, toujours difficile pour 007, se décline musicalement autour de deux personnages. Tout d'abord la noirceur de Caterina Murino que l'on entend dans "Solange" repris dans "Trip Aces". Il s'agit d'un thème très "John Barry" jusque dans l'utilisation de la flûte. Puis, le thème de Vesper : quatre notes descendants, généralement au piano et que l'on retrouvera dans Quantum Of Solace, suite immédiate de cet opus.

Femme à la personnalité complexe, Vesper revient dans quatre pistes musicales qui marquent l'évolution du personnage dans son rapport à 007 : "Vesper" (découverte de la femme énigmatique), "Dirty Martini" (la dissonance renvoie à l'empoisonnement de 007 finalement sauvé par Vesper), "City Of Lovers" (amour de 007 et Vesper à Venise toujours dans un style tragique très John Barry), "Death Of Vesper" (mort de l'être aimé, début du trauma, naissance de 007).

Le "motif chromatique" est présent mais de façon très discrète (pas si facile que ça de dépasser l'héritage de John Barry) : "Blunt Instrument" (1'19). Quant au "James Bond theme" de Monty Norman, il n'est repris qu'une seule fois en intégralité : "My Names Is Bond".

David Arnold signe ici une très belle partition (peut-être un peu trop longue, surtout sur la fin) qui lui vaut une fois encore un BMI Film & TV Award (2007) et un Saturn Awards de la meilleure musique (2007).

François Faucon

Nos articles sur cette BO

Pour information, la traditionnelle chanson du fin du film, interprétée par Chris Cornell, n'est pas incluse dans le disque édité par Sony pour des problèmes de droit (le chanteur étant lié à un contrat d'exclusivité avec son label habituel).

L'album commence très fort (mais alors vraiment très fort) avec "African Rundown" où Arnold développe pendant plus de six minutes un morceau d'action dantesque (pour la course poursuite du début du film) avec cuivres rétros sur un fond de rythmes africains : d'emblée on ne doute pas une seconde qu'on retrouve là le David Arnold des précédents James Bond, qui mêle adroitement et avec classe les influences (très évidentes ici) de la musique de John Barry pour les premiers films de la série, en dynamisant le tout de percussions impressionnantes et d'effets électroniques discrets. A aucun moment la musique n'est poussive, elle est simplement joussive !

Après cette grosse pièce de plaisir 100 % James Bond, le compositeur anglais fait une pause avec deux plages atmosphériques ("Unauthorised Access" introduit un nouveau thème discret pour le moment où Bond pirate l'ordinateur de M), pour revenir rapidement à un motif plus léger et plus groove dans "Blunt Instrument", véritable hommage à la musique de Barry. Influence encore plus flagrante dans "Solange" où Arnold introduit le premier thème d'amour du film (qu'il développe ensuite dans "Trip Aces"), motif modal ambigü qui distille une certaine noirceau pour le personnage de Caterina Murino, puis décliné plus tard pour celui de Eva Green.

Le second morceau d'action incontournable du score ("Miami International") décolle au bout de six minutes (sur un total de douze) pour une pièce d'action plus classique que la première, mais toujours aussi grandiose, impressionnante et efficace (cuivres très présents et cordes en arrière-plan, sur fond de rythmes électros discrets, de caisse claire et même de guitare électrique vers la fin). Très beau thème classieux que celui annoncé ensuite par "I'm The Money" (malgré sa courte durée : 27 secondes !) pour la séquence où Bond va au Montenegro en train et rencontre Vesper Lynd (Eva Green), thème développé ensuite dans "Aston Montenegro".

Le piano s'invite ensuite dans "Dinner Jackets" qui rappelle la musique de comédie de David Arnold (plus discrète), avant de rappeler le thème de James Bond de manière légèrement envenimée. Avec "Vesper" est introduit le thème du personnage d'Eva Green, curieusement assez complexe et raffiné, traduisant une réelle personnalité et non un simple personnage atirant pour James Bond. Mais ça se gâte dans "Dirty Martini" et ses cordes dissonantes (Bond est empoisonné, basule, a des visions troubles), morceau de suspense classique mais efficace, avant "City of Lovers", pièce romantique maîtresse du score, illustrant l'idylle entre James Bond et Vesper Lynd à Venise. Avec "The Switch" et "Fall of a House in Venice", Arnold nous délivre ses ultimes pièces d'action du score, grondantes et survoltées, pour le final du film, tandis que "Death of Vesper" décrit avec tristesse et subtilité la fin du personnage d'Eva Green par des cordes tragiques et un piano mélancolique (on vous avait prévenu qu'il y avait des spoilers !).

Si la fin du disque est moins passionnante que le début (pour cause de morceaux de suspense tendus et rythmés seulement par intermittence), on retiendra quand même la dernière piste (l'inévitable "The Name's Bond... James Bond" qui s'enchaîne sur le générique de fin), savoureuse réinterprétation du célèbrissime thème de Monty Norman par un David Arnold toujours en pleine forme, synthétisant ce qui apparaît clairement comme un très bon opus bondien, inspiré et efficace, bien construit et bien écrit, tout en étant un bel hommage à la musique de John Barry dont David Arnold est visiblement un grand admirateur. Bref, un score qui fait plaisir à entendre, dans un esprit très proche des premiers opus de la série James Bond, la classe de Daniel Craig à l'image n'étant d'ailleurs pas sans rappeler celle de Sean Connery.

A signaler enfin que Sony Classical nous gâte (comme d'habitude) d'un disque superbement manufacturé (pochette bien imprimée, sérigraphie du CD classieuse), bref un objet de grande qualité, ce qui ne gâche rien au plaisir de l'écoute, bien au contraire.

Sylvain Rivaud

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