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Che : Argentine / Guérilla   (2009)

• Steven Soderbergh • En salle le 07-01-2009

• Musique composée par Alberto Iglesias

Le musique d'Alberto Iglesias surprend, mélange de nappes éthérées évoquant La Ligne Rouge et de musique atonale dans la lignées des thrillers politiques des années 70, avec percussions, piano et cordes stridentes (on pense à David Shire, Jerry Goldsmith ou au John Williams de Munich). Une musique de la maturité pour Iglesias, qui colle à ce film imparfait et prévisible qui remplit néanmoins son contrat et comble le spectateur.

[© Texte : Cinezik] •

Che : Argentine / Guérilla

Sortie de la BO

Varèse Sarabande (US : 18 nov 2008 - FR : 5 janvier 2009 ) - 58\'19

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Ese Hombre Es El Che Guevara (2:53)
2. Ten Years Earlier (December 1, 1956)
(2:00)
3. Sierra Maestra (4:59)
4. Landscape (1:35)
5. I Want To Take The Revolution To Latin America (2:08)
6. New York, December 1964 (1:02)
7. Across Mount Turquino (2:51)
8. March (2:35)
9. Some Craziness Is Good (3:05)
10. Luces Y Sombras (2:15)
11. Ambush (3:44)
12. Political Skills (2:26)
13. Military Skills (1:42)
14. Camino A La Habana (2:02)
15. Nancahuazu Canyon, March 23, 1967 (2:58)
16. Doctor Guevara (1:44)
17. Santa Clara (2:00)
18. Patria O Muerte (3:54)
19. La Higuera, October 9, 1967 (5:36)
20. Balderrama Performed by Mercedes Sosa (3:55)
21. Fusil Contra Fusil Performed by Silvio Rodriguez (2:55)

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Autour de cette BO

Nos articles sur cette BO

Varèse Sarabande propose ici un disque qui compile les meilleurs morceaux composés par Iglesias pour les deux films de Soderbergh. "Ese Hombre Es El Che Guevara" introduit un thème à la guitare qui évoque la profonde humanité du personnage, son rêve d'idéal. Un thème décliné plus tard dans la partition et qui clôturera le disque de manière poignante. "Te Years Earlier" ou "Across Mount Turquino" évoquent un tout autre registre, plus sombre, atonal, dérageant, avec cordes et percussions qui créent une tension : la menace rôde (on pense ici à Munich de Williams) : Iglesias utilise un piano préparé ou des enregistrements acoustiques divers afin d'évoquer l'inconnu, la peur des combats, en ville ou en forêt. Tout un panel de sonorités nouvelles et intriguantes s'agence devant nos oreilles comme pour représenter l'originalité du personnage et le bousculement social et politique dont il est à l'origine (percussions, flûte errante, clusters de cordes, sifflements, etc). Car si le film de Soderbergh reste assez conventionnel, la musique elle, désire explicitement déranger, ou même perdre le spectateur avec le parti pris de sensations sonores et musicales (l'impressionnant "Ambush"). Ce qui n'empêche pas Iglesias d'utiliser thèmes, motifs et modèles déjà acquis ("March" est un morceau militaire classique dans l'âme, "Doctor Guevara" une ballade à la guitare qui rappelle les origines cubaines du Che), le tout au sein d'une construction dramaturgique finement pensée, jusqu'à la mélodie poignante de "La Higuera, October 9, 1967", point d'orgue du disque (et de la seconde partie du film), l'une des plus belles et des plus poignantes pièces musicales composées par l'espagnol. Un sommet d'émotion de près de six minutes qui resplendit d'autant plus après s'être immergé une heure durant dans l'atmosphère sonore éthérée et quasi-expérimentale du reste de la partition, véritablement bluffante d'inventivité. C'est là notamment qu'on retrouve le thème à la guitare exposé au début du métrage (et du CD), mélodie ensuite reprise par des cordes élégiaques pour la séquence de l'éxécution du Che en Bolivie (formidablement mise en scène dans le film).

D'une richesse folle et d'une intelligence rare, cette musique, quasiment en permanence en contrepoint avec l'image, évoque avec culot ce que le film ne dit pas tout en affirmant plus que jamais la forte personnalité musicale d'Alberto Iglesias, qui s'impose ici comme l'alter ego espagnol d'Alexandre Desplat, autre européen à forte personnalité musicale exilé aux Etats-Unis.

Che, à ce titre, mériterai autant une distinction que le Benjamin Button de Desplat aux Oscars 2009... Les paris sont ouverts !

Sylvain Rivaud

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Alberto Iglesias a également écrit la musique de : Parle avec elle (2002) • The Constant Gardener (2005) • Volver (2006) • Les Cerfs-volants de Kaboul (2008) • Etreintes brisées (2009) • Le Moine (2011) • La Piel que habito (2011) • Même la pluie (2011) • La Taupe (2012) • Les Amants passagers (2013) • The Two Faces of January (2014) • Exodus: Gods and Kings (2014) • Ma ma (2016) • Julieta (2016) • El Presidente (2018) •

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