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Les Fils de l'Homme   (2006)

• Alfonso Cuaron • En salle le 18-10-2006

• Musique composée par John Tavener & variés

Après avoir collaboré avec John Williams sur HARRY POTTER & LE PRISONNIER D'AZKABAN, le cinéaste mexicain Alfonso Cuaron engage le compositeur contemporain John Tavener pour ce film d'anticipation, où se mêle à son score original des pièces de Malher, d'Händel et de Penderecki, ainsi que quelques unes de ses anciennes compositions.

[© Texte : Cinezik] •

Les Fils de l'Homme

Sortie de la BO

Varèse Sarabande (US : 9 octobre 2006,
FR : 16 octobre 2006)

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Fragments Of A Prayer (15:23)
2. Eternity's Sunrise (10:54)
3. G.F. Händel - "War, He Sung, Is Toil And Trouble" (4:43)
4. Gustav Mahler - Nun will die Sonn' so hell aufgeh'n (5:32)
5. Krzysztof Penderecki - Threnody For The Victims Of Hiroshima (9:57)
6. Song Of The Angel (4:37)
7. The Lamb (3:20)
8. Mother And Child (12:39)
9. Mother Of God, Here I Stand (3:32)
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Autour de cette BO

Nos articles sur cette BO

Les chansons entendues dans le film (Radiohead, John Lennon, Jarvis Cocker, Deep Purple...) ne figurent pas sur le CD.

La seule pièce originale du compositeur anglais présente dans le film (et sur ce CD), intitulée "Fragments Of A Prayer", distille pendant 15 minutes une ambiance désanchantée avec une petite formation de cordes et une voix soprano langoureuse et mélancolique. Cette musique, lente mais poignante, sert magnifiquement le film et ses images choc d'un monde déstructuré où reigne le chaos le plus total. A ce morceau original s'ajoute sur le CD une seconde pièce ("Eternity's Sunrise", composé en 1998), dans le même esprit : parfois proche de l'épure du compositeur estonien Arvo Pärt, et toujours avec une voix féminine en solo, mais d'un ton plus optimiste cette fois-ci.

Après deux extraits de Handel et de Malher, le CD plonge l'auditeur dans la terreur la plus totale avec la "Threnody For The Victims of Hiroshima" du compositeur polonais Krzysztof Penderecki, composé entre 1959 et 1961 et qui déterminera le style torturé, complexe et atonal du musicien (dont la musique sera utilisée de manière révolutionnaire dans le Shining de Kubrick). Ce morceau extraordinairement dérangeant (surtout pour un public non habitué à la musique contemporaine) est utilisé dans le film sur le plan-séquence final au milieu des affrontements. Penderecki fait sonner les instruments comme des lamentations, avec des glissandi de cordes saisissants et des choeurs torturés qui procurent un réel malaise physique chez l'auditeur. Un vrai choc.

Enfin, le CD se termine sur plusieurs autres pièces (vocales ou orchestrales) de John Tavener composées en dehors du film, dont le magnifique "The Lamb" (ici pour orchestre à cordes mais qui existe aussi pour choeurs), à l'écriture dense et raffinée. Une BO étonnante pour un film proche du chef d'oeuvre, une expérience musicale et sensorielle qui rappelle les images tout en restant indépendante.

Evitant toute emphase et plus encore les clichés de la musique de science fiction, la bande originale de Children of Men sonne ici explicitement comme un Requiem qui consacrerai la fin de l'Humanité : profondément mélancolique et désanchantée, comme le superbe film d'Alfonso Cuaron, elle suggère autant la tristesse intérieure des personnages que leur espoir, intact jusqu'à la fin. Une musique choisie avec soin et intelligence, ni trop en retrait dans le film, ni trop présente, et toujours judicieusement amenée et surtout, porteuse de sens sur les images. A la manière d'un Kubrick, Alfonso Cuaron utilise la musique classique et contemporaine à bon escient. C'est sûrement la marque de fabrique des grands cinéastes.

Sylvain Rivaud

A propos de John Tavener :

Organiste, pédagogue et compositeur anglais, John Tavener devient à l'âge de 23 ans célèbre dans le monde entier avec sa cantate dramatique The Whale pour récitant, solistes, choeur et orchestre (1966).

« Je ne peux pas séparer la musique de la foi. Pour moi, composer, c'est prier. Ma musique est à la fois une glorification de Dieu et une pénitence, un repentir et, je suppose, une manière de revenir à mes origines ». John Tavener.

Source : Nocturne.

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