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Commando   (1986)

• Mark L. Lester •

• Musique composée par James Horner

James Horner n'est pas étranger au film d'action 80' puisqu'en 1982, il avait fait la musique du 48 Hours et Gorky Park en 1983. Reprenant les formules qu'il avait déjà amorcé précédemment, Horner nous offre sur Commando un score d'action extrêmement bruyant, un étonnant mélange de batterie rock, de synthés kitsch avec cordes/cuivres, saxophone, shakuhachi et steel drums tropicaux.

[© Texte : Cinezik] •

Commando

Sortie de la BO

La-La Land Records (6 septembre 2011)

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

  1. The Trashmen / The Agency :46
  2. Main Title 3.45
  3. The Helicopter Arrives :55
  4. Run to the Shed and Chase 2.38
  5. Matrix Captured/Jenny Tied Up 1.50
  6. Into the Plane :53
  7. Don't Disturb My Friend 3.36
  8. Matrix Hits the Swamp 1.14
  9. Matrix Walks in the Terminal :27
  10. Matrix on the Move :48
  11. Don't Move 6:30
  12. Sully Starts to Run 4.33
  13. Drive Away From Pier 3.41
  14. Matrix Breaks Lock 2.13
  15. Matrix Jumps to Floor 1.40
  16. Cut to Val Verde 1.23
  17. Matrix Climbs Up Bank 3.15
  18. Soldier Gets Pitchfork/Matrix Runs Up Steps 3.47
  19. Arius Crashes Through Window 3.20
  20. Matrix Approaches General :56
  21. Someday, Somehow, Someone's Gotta Pay 4.36 Performed by The Power Station 
  22. Soldier Gets Pitchfork (alternate) 1.29
  23. Don't Disturb My Friend (alternate) 3.21
  24. Don't Disturb My Friend (alternate mix) 3.56

 

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Autour de cette BO

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Le score s'articule ainsi autour de deux thèmes principaux, le premier thème étant annoncé aux steel drums dès le 'Prologue/Main Title', le second étant un motif de saxophone à la '48 Hours', dans un esprit plus 'free-jazz/fusion'. Les deux thèmes se rapportent au personnage de Matrix et à l'action du film. L'introduction se fait sur un style percussif très bruyant, avec cuivres martelés et percussions brutales. Une rythmique de synthé très années 80 se met en place, et c'est là qu'interviennent la shakuhachi et les steel drums apportant cette étonnante touche exotique (probablement afin d'évoquer les méchants sud-américains). Le thème intervient surtout dans ces premiers plans où l'on voit les muscles de Matrix en train de couper du bois. La partie centrale du morceau fait intervenir le seul véritable moment paisible et lyrique du score: un motif très naïf aux cordes exprimant l'amour d'un père pour sa petite fille de 13 ans. A vrai dire, il s'agit d'un passage unique dans ce score puisque le thème ne reviendra pas une seule fois au cours du score d'Horner.

L'action commence enfin avec 'Ambush And Kidnapping'. C'est le début d'une série de longues pièces d'action extrêmement bruyantes et excitantes à la fois, dans un style qu'Horner abandonnera par la suite à la fin des années 80. Excitant, 'Ambush & Kidnapping' installe une rythmique de batterie rock sur fond de glissendi de cordes dissonantes qui évoquent une fois encore l'influence de Ligeti sur la musique d'Horner (rappelons que ce dernier a pris des cours avec Ligeti durant sa jeunesse). Le thème de saxophone apparaît par la suite lors de la scène de l'embuscade où les sbires de Bennett kidnappent Jenny. Horner fait monter la pression au cours de cette première scène d'action en amplifiant la rythmique qui devient de plus en plus bruyante. Eh oui, vous l'aurez compris, le score de 'Commando' fait du bruit, et suivant votre tolérance envers un style musical assez unique et étrange chez Horner, vous pourrez plus ou moins apprécier ce score d'action très années 80. Ici, il n'est nullement question de faire dans la finesse. Comme le film de Mark Lester, le score de James Horner fonce dans le tas sans aucune retenue. La musique d'Horner amplifie la violence et l'action du film d'une manière assez prenante, même si l'on pourra regretter l'abondance parfois abrutissante de musique tout au long du film.

La ligne de basse de synthé au début de 'Captured' évoque la menace qui pèse sur Jenny et Matrix, après que ce dernier ait été capturé par les sbires de Bennett et Arius. L'aspect menaçant de cette pièce dominée par des synthés très années 80 permet aussi à Horner de faire intervenir des effets de col legno de cordes en écho, un élément musical qu'Horner a 'emprunté' au 'Alien' de Jerry Goldsmith et qu'il réutilisera un an après dans sa partition de 'Aliens' de James Cameron - on le sait tous maintenant : Horner aime bien recycler ses formules musicales d'une partition à l'autre - hélas, 'Commando' n'échappe pas à la règle. A ce sujet, l'exemple de 'Matrix Breaks In' est particulièrement flagrant. On croirait entendre du 'Aliens' avant l'heure. Horner installe une basse de cordes comme au début de 'Sub-Level 3' d'Aliens, et utilise ces effets de col legno de cordes à la 'Alien', sans oublier ses harmonies de cuivres et de cordes qui inspireront une fois de plus le compositeur pour 'Aliens'. A noter qu'il s'agit de l'un des rares passages plus calmes et atmosphériques du score, accompagnant la scène où Matrix s'introduit dans le hangar pour chercher des plans afin de se rendre au Q.G. d'Arius où est détenue Jenny. La deuxième partie du morceau repart de plus belle dans l'action avec ces incessantes rythmiques de batterie/synthé à la '48 Hours' et des cuivres martelés à la 'Gorky Park'. Si vous écoutez bien, vous pourrez aussi entendre le thème de saxophone repris discrètement par une guitare électrique. Le thème de steel drums restent omniprésent tout au long du score, évoquant la mission 'musclée' de Matrix.

'Surprise' débute sur la rythmique batterie/synthé avec quelques notes de shakuhachi et quelques cuivres plus agressifs pour la scène où Matrix s'évade de l'avion et cherche à retrouver Sully. Ce long morceau de plus de 8 minutes permet à Horner de développer pleinement le style action du score de 'Commando', avec son lot de percussions, synthé, et ses deux motifs incessants. On retrouve la même chose dans l'agressif 'Sully Runs' pour la poursuite en voiture avec Sully. La musique devient ici de plus en plus bruyante et lourde, et elle s'arrête finalement brusquement lors de la fin de cette poursuite effrénée. A noter l'utilisation de solos de synthé très années 80, qui sonnent un peu vieillot mais qui apportent un côté 'cool' et frénétique à ce morceau d'action totalement survolté. Après un 'Moving Jenny' plus tendu, 'Infiltration, Showdown And Finale' est une suite de plus de 14 minutes regroupant tout le quart d'heure final. On commence ainsi avec l'arrivée de Matrix sur l'île d'Arius. A noter que le rythme de batterie s'accélère lors d'une reprise du thème de steel drums et de saxophone annonçant les préparatifs de l'attaque (cf. un accord de cuivres assez héroïque genre 'maintenant, ça va barder!'). Le rythme se relâche puis devient plus agressif lors de l'attaque de Matrix, Horner mettant en avant des cuivres plus agressifs et prenants par-dessus ses différentes rythmiques. Aucun doute possible, Horner recherche ici l'efficacité absolue dans son approche musicale du film: plus cela fait de bruit, plus ce sera bon pour le film. A noter, à partir de 3 minutes, un passage de saxophone quasi psychédélique, dans un style free-jazz/fusion du plus bel effet (Horner accentue la sensation de chaos lors de l'attaque de Matrix). Pour finir, Horner évoque l'affrontement final entre Matrix et Bennett avec les col legno en écho et des glissendi de cordes toujours très glauques à la 'Aliens'. A noter qu'il s'agit d'ailleurs du passage le plus sombre du score, reflétant toute la violence de la scène. On pourra néanmoins regretter le manque de finesse et de relief d'un score finalement très répétitif et qui a parfois tendance à devenir un peu abrutissant à force de maintenir un volume sonore toujours assez massif.

Vous l'aurez donc compris, le score de 'Commando' ne fait pas dans la dentelle. Tout à l'image du film de Mark Lester, il s'agit d'un score d'action extrêmement bourrin, sans grand relief, qui se prend un peu trop au sérieux (l'un des défauts du film), mais qui maintient tout de même une certaine force suffisamment captivante pour attirer notre attention tout au long du film, même si on finit parfois par se lasser au bout d'une vingtaine de minutes. Voilà un score assez spécial dans la carrière de James Horner, à classer dans la lignée de '48 Hours', 'Gorky Park' et de ses partitions pour 'Red Heat' et 'Another 48 Hours'. La musique crée un style 'action' indissociable du film de Lester, preuve que le compositeur sait toujours trouver l'identité musicale parfaite pour un film, même s'il n'a pas toujours hérité des meilleurs projets. Certes, c'est loin d'être un chef-d'oeuvre, d'autant qu'il s'agit là d'un style musical assez spécial (c'est là tout son charme), une sorte de 'trip' un peu expérimental pour Horner, qui risque fort de déplaire à certains de ses fans qui préfèreront probablement ses partitions symphoniques plus traditionnelles et plus subtiles. Pour finir, on ne pourra que remercier Varèse Sarabande pour avoir enfin édité l'un des scores les plus demandés du compositeur, à savourer sur les 40 minutes d'un CD Club exemplaire!

Quentin Billard

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James Horner a également écrit la musique de : Cocoon (1985) • Le Nom de la Rose (1986) • Titanic (1998) • Braveheart (1995) • Apollo 13 (1995) • Willow (1988) • Krull (1984) • Les Mercenaires de l'espace (1981) • Le Petit dinosaure et la vallée des merveilles (1989) • Aliens (1986) • La Légende de Zorro (2005) • Flightplan (2005) • Sans frontière (2003) • Génération Rx (2004) • Mémoire effacée (2004) •

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