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Dolls  (2003)

Milan (2002) - Durée : 0:21:37 | Original Score [musique originale]


 

Joe Hisaishi retrouve Kitano pour la septième fois depuis leur première collaboration en 1991 sur A Scene At The Sea (récemment réédité par Milan en France). Pour Dolls, Kitano a demandé à Hisaishi de n'écrire que 20 minutes de musique qu'il répartirait ensuite tout au long du film (qui fait quand même 114 minutes).



[© Texte : Cinezik] •
Dolls

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Sakura (4:41)
2. Pure White (2:48)
3. Mad (4:57)
4. Feel (4:58)
5. Dolls (4:13)

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Vingt minutes sur près de deux heures de film, c'est court, et heureusement, ces vingt minutes valent largement le coup d'être entendues. Délaissant l'orchestre de 'Hana-Bi' et 'Kikujo No Natsu', Hisaishi décide de retourner à ses synthés new-age de 'A Scene At The Sea' ou 'Sonatine'. Son score se base sur deux thèmes principaux, 'Sakura', associé au couple Sawako/Matsumoto, et un autre thème, 'Pure White' décrivant avec douceur la passion des différents protagonistes. 'Sakura' fait intervenir les différentes sonorités new-age habituelles du compositeur avec des cordes, des vents et un choeur samplé avec quelques claviers et un son de piano. 'Sakura' nous fait parfaitement ressentir toute l'émotion du film avec un côté simple et paisible qui vient rejoindre la mise en scène du réalisateur. Une fois de plus, Hisaishi se montre particulièrement à l'aise sur les images du réalisateur et nous propose avec une grande sobriété une peinture musicale de l'émotion qui traverse tout le film. Hisaishi a cherché à retranscrire ce 'silence', ce calme émouvant en créant une musique qui semble flotter tout en conservant une certaine énergie (les différentes sonorités électroniques de 'Sakura' créent entre elles une dynamique particulière sur les images). Le thème de choeur samplé reste attaché de manière plutôt lente et mélancolique à ces deux amants attachés l'un à l'autre, où l'homme cherche à se faire pardonner, rongé par le remords de l'avoir abandonné pour se marier avec une autre. En clair: on retrouve ici du grand Hisaishi!

'Pure White' se distingue par sa douce mélodie de piano paisible et mélancolique à la fois, thème intervenant aussi pour suivre le couple dans son errance folle à travers le monde et l'intrigue des autres couples. On retrouve ce thème lorsque le couple traverse des paysages enneigés vers la fin du film. A la différence de 'Sonatine' ou 'A Scene At The Sea', le score de 'Dolls' rejette toute construction répétitive à la manière d'un Philip Glass ou d'un Steve Reich pour se concentrer sur quelques pièces mélodiques lentes, paisibles et mélancoliques à la fois. Le piano de 'Pure White' renforcé par des nappes de cordes samplées retranscrit l'émotion du film et de ces passions. 'Mad' est associé à la folie de Sawako, muré dans son silence près avoir tenté de se suicider. Le piano électrique et les sonorités new-age dominent une fois encore ce très beau morceau avec un ton lent, calme et paisible, mais avec une certaine mélancolie toujours très présente dans la musique d'Hisaishi. Pleine de poésie, la musique d'Hisaishi se veut l'écho de ces sentiments et de ces souffrances intérieures. Le piano de 'Feel' renforce la poésie du score d'Hisaishi, une musique qui semble toujours flotter comme dans un rêve, avancer de manière lente et paisible à l'instar du couple Sawako/Matsumoto qui a probablement servi de source d'inspiration au compositeur. Hisaishi conclue en beauté ses 20 minutes de musique sur 'Dolls' réservé au générique de fin du film où il reprend le thème de piano de 'Pure White'.

Si vous avez aimé ses partitions intimistes pour 'A Scene At The Sea' ou 'Hana-Bi', 'Dolls' devrait vous ravir. Bien moins accrocheur que 'Hana-bi' ou 'Sonatine', 'Dolls' n'en demeure pas moins une nouvelle petite réussite de la part d'un compositeur toujours maître de son art et qui sait véhiculer des sentiments à travers ses synthétiseurs. Très poétique, la musique d'Hisaishi illumine le film de Kitano et le renforce de manière à la fois sobre, discrète et présente. Le score de 'Dolls' nous prouve aussi une fois encore que le compositeur n'est jamais autant inspiré que lorsqu'il écrit la musique d'un film de Kitano, preuve que ces deux artistes sont et seront toujours sur la même longueur d'onde. Ce n'est peut être pas un grand chef d'oeuvre inoubliable, juste une petite BO modeste, simple et émouvante comme on aimerait en entendre plus souvent!

Quentin Billard

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