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Espion(s)  (2009)

(2 février 2009) | Original Score [musique originale]


Le groupe de musique électronique français Air devait au départ composer cette musique, puis a été remplacé par Cliff Martinez (compositeur de Soderberg "Solaris") pour écrire une musique "d'espionnage" sur le premier film de Nicolas Saada.

[© Texte : Cinezik]
Espion(s)

Tracklist

    1.    Hey Mr. Intellectual    (1:57)   
    2.    Quitting the Job    (1:30)   
    3.    Get Your Act Together    (1:40)   
    4.    Emergency    (1:29)   
    5.    The Painting    (2:17)   
    6.    Mind If I Use Your Ladies?    (2:17)   
    7.    Post Attempted Murder    (1:00)   
    8.    We'll Tail Them    (2:47)   
    9.    Snorting Coke & Walking Around    (1:38)   
    10.    What's a Touche?    (2:06)   
    11.    I Don't Know Any Nice People    (2:11)   
    12.    Going to London    (1:11)   
    13.    Oh Christ    (3:19)   
    14.    He's a Real Talker    (3:44)   
    15.    We'll Call You, OK?    (1:29)   
    16.    The Fish Eye    (1:17)   
    17.    Canary Wharf    (3:27)   
    18.    Emergency (Version 2)    (1:06)   
    19.    The Cristal Sandwich    (2:03)   
    20.    The Mission Is Over    (1:23)

Autour de cette BO

 Interview B.O : Cliff Martinez, de Soderbergh à Refn, en passant par la France  Interview Nicolas Saada / ESPIONS : 'La musique de Cliff Martinez raconte comment par un engrenage une histoire d'espionnage fait naître une histoire d'amour'

Propos de Cliff Martinez

Qu’est-ce qui vous a convaincu de rejoindre ce projet ?
J’aimais beaucoup le scénario. Après avoir vu un premier montage du film, il m’a semblé que je pouvais y apporter ma contribution. Nicolas Saada avait une vision très
précise de ce qu’il attendait de moi, et d’après les premières musiques qu’il avait mises à titre indicatif, je savais que nous nous entendrions.

Quelles ont été ses instructions ?
Il fallait accompagner l’intrigue principale - c’est-à-dire tout ce qui concerne l’espionnage - mais ne pas négliger le caractère romantique du récit. Nicolas connaissait bien
mon travail, et était très ouvert à mes suggestions. Une fois que je lui fournissais une maquette pour telle ou telle scène, il était plus directif. Les musiques qu’il avait choisies
pour guider mon écriture m’ont servi de canevas, pour la tonalité, les emplacements et le style.

Avez-vous évoqué des références précises ?
Très peu. Nous avons parlé de ce que j’avais écrit pour les films de Steven Soderbergh, SOLARIS et L’ANGLAIS. Je crois qu’il a délibérément omis de me fournir des références
parce qu’il ne voulait pas que j’imite qui que ce soit.

Pouvez-vous nous parler plus précisément de la direction que vous avez choisie ?
Nicolas tenait au son d’un orchestre à cordes, sans doute à cause de son élégance formelle. Les cordes sont donc l’élément dominant, mais l’autre élément-clé est le
cristal Baschet, qui est un instrument unique, fait de tiges de verre que l’on joue avec des doigts humides. Il était un complément idéal aux cordes, ajoutant à la fois du
mystère, et rendant l’orchestre moins conventionnel. L’emploi de la guitare venait donc des JAMES BOND, mais cet instrument m’intéresse aussi depuis longtemps en tant
que support d’expérimentation - pour le traitement de sa texture, par exemple. Mais le choix de ces instruments n’était pas motivé par un élément spécifique de l’histoire. En
général, je choisis instinctivement les instruments que je vais utiliser, en me laissant guider par mes goûts et ceux du réalisateur. Je recherche souvent à construire une
partition à la fois familière (en l’occurrence en faisant appel à un orchestre à cordes) et organique, et j’ajoute ensuite une touche plus singulière, comme ici le cristal Baschet
ou les steel drums, qui donne son identité à la musique.

Le fait que vous n’habitiez pas dans la même ville a-t-il compliqué votre collaboration ?
Je suis sûr que ça nous inquiétait tous les deux. Nous nous sommes rencontrés une fois à New York, et ensuite nous avons discuté quasi-quotidiennement par Skype. Et cette
relation s’est avérée être une des plus stimulantes que j’ai pu avoir avec un cinéaste !

Nos articles sur cette BO

Nicolas Saada connaît bien la musique de film pour en avoir parlé à la radio (Nova fait son cinéma) et pour son premier long métrage, après avoir pensé à Air qui ne pouvait pas dans le délai du film, le réalisateur a réalisé son rêve de toujours : collaborer avec celui qui mit en musique les films de Soderbergh : Cliff Martinez. Et bien, le compositeur américain livre ici une partition délicate associant sonorités electriques (et non electroniques) et arrangements orchestraux à la singulière complexité des textures. La musique fonctionne parfaitement dans le film, jouant un peu la carte du film d'espionnage avec quelques rythmes saccadés, mais surtout installant une ambiance électrique et mystérieuse nourrie d'une certaine sensualité. Par ailleurs, la musique s'écoute très bien seule, sans les images, laissant l'auditeur dans une immersion totale, une vraie adhésion hypnotique à ces sons ambients, aériens, électriques, pointillistes, qui nous laissent dans un état second. Voilà une musique pleine de grâce et d'étrangeté qui ne laisse pas indifférent.

Benoit Basirico

Video

Interview de Nicolas Saada - 'Espion(s)'

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