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Flyboys   (2006)

• Tony Bill •

• Musique composée par Trevor Rabin

Le label Varèse Sarabande commente le CD : « Trevor Rabin compose pour ce film d'aventures une musique orchestrale épique et héroïque accompagnée de choeurs ». Belle ambition, mais résultat mitigé. Nous publions deux avis : un positif, et un négatif.

[© Texte : Cinezik] •

Flyboys

Sortie de la BO

Varèse Sarabande (US : 10 octobre 2006,
FR : 16 Octobre 2006)

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Main Title (5:28)
2. Training Montage (3:41)
3. Cassidy Funeral (6:16)
4. We’re Out of Gas (0:24)
5. The Last Battle (3:09)
6. Dogfight (5:36)
7. Rawlings and Luciane Fly (2:32)
8. Rawlings and Luciane (3:32)
9. The Planes Arrive (1:53)
10. ID The Planes (0:49)
11. The Cuffs Are Off (0:46)
12. Have To Get Luciane (1:17)
13. Heroes (4:31)
14. Battle Hymn (1:47)
15. Black Falcon (4:12)
16. Briefing Room (2:12)

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Autour de cette BO

Nos articles sur cette BO

Critique CONTRE :

Trevor Rabin aurait dit-on passé de nombreux mois à étudier l'écriture orchestrale, discipline musicale dans laquelle il avait de grosses lacunes (guitariste du groupe YES, il est autodidacte), tandis qu'on lui demande de plus en plus de scores hollywoodiens grandioses et classiques. Flyboys est en ce sens une sorte d'aboutissement de ce travail : l'écriture est parfois effectivement surprenante (surtout les choeurs), notamment dans le morceau d'action "Dogfight", probablement le plus intéressant du CD au niveau des rythmiques et de la qualité d'écriture (en comparaison avec ce que fait le compositeur d'habitude).

Malheureusement, Trevor Rabin ne parvient toujours pas à éviter les clichés et les thèmes mielleux, les envolées patriotiques et les sonorités entendues milles fois (chez lui ou ailleurs), faisant de ce score un énième exemple de ce qu'il faut à tout prix éviter en musique de film. L'écriture des cordes manque encore cruellement de personnalité, et les thèmes sont complètement banals. Il n'y a aucune ambiance, aucune progression. Un véritable désastre, totalement fade et indigeste.

Seul point positif : Trevor Rabin évolue dans le bon sens et améliore de plus en plus nettement son écriture. Reste à avoir des idées pour la mettre en pratique, et pour ça, il faudrait faire de bons films.

Sylvain Rivaud

Critique POUR :

La musique a été confiée à Trevor Rabin, un compositeur bien inattendu pour un film historique d’une telle envergure. Il faut dire que cela fait déjà depuis quelques temps que le compositeur manifeste son enthousiasme pour des projets plus diversifiés en dehors des productions Bruckheimer qu’il a l’habitude de mettre en musique en compagnie de ses amis de chez Media-Ventures alias Remote Control. Fidèle à sa tradition des grands thèmes mémorables, Rabin nous livre un nouveau thème puissant (mais pas vraiment inoubliable) pour Flyboys exposé dès le Main Titles par une flûte avec un orchestre ample et des percussions martiales. Le côté majestueux et solennel du thème évoque sans équivoque les exploits de l’escadrille Lafayette avec sa dose d’héroïsme et de détermination. A noter ici le soin apporté aux orchestrations, un élément qui faisait cruellement défaut au compositeur jusqu’à présent (rappelons que Trevor Rabin est un ancien rockeur et compositeur autodidacte) mais qui semble s’être manifestement amélioré si l’on en juge par la qualité de l’instrumentation plus fournie qu’à l’accoutumée (on pourrait d’ailleurs faire un constat similaire sur un ancien score de Rabin en rapport lui aussi avec la guerre, The Great Raid). Un autre thème héroïque est développé par une trompette solennelle dans ‘Training Montage’ auquel s’ajoute des piccolos typiques militaires sur fond de percussions martiales entraînantes. Rabin met l’accent ici sur les instruments à vent comme s’il écrivait à la fois pour un orchestre symphonique et un orchestre d’harmonie. ‘Training Montage’ dégage un optimisme martial grandissant qui rappelle certains passages solennels de The Great Raid. A noter que, curieusement, le thème rappelle par moment celui du score de The Patriot de John Williams, un choix qui s’explique sans aucun doute par la présence de Dean Devlin sur ces deux productions (on s’imagine sans mal ce que Rabin a du avoir dans les temp-tracks du film).

Le reste du score oscille entre envolées héroïco martiales, avec quelques petites surprises comme un morceau de piano et orchestre au classicisme étonnant en plein milieu de ‘Cassidy Funeral’ (on a du mal à croire que Trevor Rabin sache aujourd’hui écrire ce genre de morceau, lui qui a commencé bien bas à ses débuts). A noter l’utilisation ici du thème secondaire, mélodie ample et solennelle associée ici aussi aux héros de l’escadrille Lafayette. L’action commence enfin avec ‘We’re Out of Gas’ où, malheureusement, Rabin nous ressort ses samples orchestraux habituels hérités de Media-Ventures et qui sentent cruellement le réchauffé aujourd’hui. A noter que ‘We’re Out of Gas’ semble curieusement s’arrêter brusquement dans un fondu de sortie maladroit, comme si le morceau proposé ici n’était qu’un extrait d’une pièce plus longue (une erreur ou un manque de goût impardonnable de la part du séquenceur de l’album ?). Le thème principal revient dans ‘The Last Battle’ où Rabin reprend son style action habituel entrecoupé de superbes envolées héroïques agrémentées d’un choeur grandiose évoquant le courage de ces hommes qui se sont battus pour une cause commune: défendre la France contre l’envahisseur allemand. Idem pour le frénétique ‘Dogfight’ qui ravira les amateurs des grandes musiques d’action typiques du compositeur. ‘Rawlings and Luciane Fly’ reprend quand à lui le thème solennel dans une envolée aérienne majestueuse et cuivrée, débouchant sur le très romantique ‘Rawlings and Luciane’ (dommage que le thème solennel donne lui aussi une très sévère impression de déjà entendu – influence trop écrasante des temp-tracks ou manque d’imagination de la part du compositeur ?). L’action reprend de plus belle dans l’épique ‘Heroes’ où le concept d’envolée héroïque atteint son paroxysme lors d’un nouveau morceau d’action très soutenu et complètement maîtrisé, suivi du magnifique ‘Battle Hymn’ avec ses choeurs élégiaques et solennels, et ‘Black Falcon’ avec ses rythmes agressifs ou le final plus amer et calme, ‘Briefing Room’.

Les fans de Trevor Rabin pourraient ainsi bien être étonnés à l’écoute de Flyboys, un score qui n’offre rien de bien neuf à la musique hollywoodienne mais qui confirme les nombreux efforts qu’entreprend depuis quelques années le compositeur pour essayer de soigner un peu plus son style et de maîtriser davantage l’écriture pour l’orchestre symphonique, délaissant temporairement ici ses traditionnels synthétiseurs qui lui font bien plus souvent défaut qu’autre chose (Snakes on a Plane en était un exemple assez flagrant). Flyboys nous propose quelques belles envolées héroïques et solennelles sur fond de rythmes martiaux et de morceaux d’action entraînants, mais le plus gros souci provient en fait ici de l’influence trop flagrante des temp-tracks et plus particulièrement sur les thèmes qui restent ici le défaut majeur d’un score somme toute en mal d’imagination malgré les efforts entrepris par un compositeur assez conscient de ses limites mais plein de bonne volonté malgré tout.

Quentin Billard

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Trevor Rabin a également écrit la musique de : Peur bleue (2000) • Des Serpents dans l'Avion (2006) • Benjamin Gates et le Trésor des Templiers (2004) • Rédemption (2006) • Max la menace (2008) • Numéro quatre (2011) • Match retour (2014) • Max (2016) •

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