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Hostel   (2006)

• de • En salle le --2006

B.O de Nathan Barr



Le jeune compositeur américain Nathan Barr (Cabin Fever, The Dukes of Hazzard) écrit pour ce film d'épouvante une partition sombre et inquiétante. La musique prend par moment, comme à la piste 14 (Mr. Serious American), des élans baroques du plus bel effet dans l'agitation croissante de la masse orchestrale.

 Interview B.O : Nathan Barr, HOSTEL (2006)

[© Texte : Cinezik] • 0884463125049

Hostel

Varèse Sarabande (US : 24 jan 06, FR : 27 fév 06)

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Suite (3:00)
2. Brothel (0:41)
3. Guidebooks (1:19)
4. Village (1:43)
5. Spa (0:51)
6. Pedicure (0:52)
7. Tortury (2:15)
8. Unwell (1:01)
9. Achilles (0:47)
10. Déjà vu (0:46)
11. Smokestack (1:03)
12. Far From Home (1:03) 13. Gallery (1:40)
14. Mr. Serious American (2:21)
15. Dreams (3:36)
16. Trolley Of Death (2:53)
17. Elevator (3:56)
18. Escape (1:45)
19. Bugeye (4:06)
20. Roadblock (1:55)
21. Reflections (2:16)
22. Follow (1:18)
23. Revenge (1:49)

Nos articles sur cette BO

Le compositeur Nathan Barr retrouve donc Eli Roth après sa première collaboration sur Cabin Fever, pour lequel il avait composé une bonne partie de la musique aux côtés d’Angelo Badalamenti. Sur Hostel, Barr s’en donne à coeur joie en nous offrant une partition horrifique un brin rétro et entièrement orchestrale, écrite à l’ancienne, confié aux soins du Filmharmonic Orchestra de Prague.

Dès le premier morceau du score (qui est en fait entendu dans le générique de fin du film), "Suite", Nathan Barr donne d’entrée le ton du score à l’aide de cordes agitées et dissonantes qui se répondent par le biais d’un motif rythmique frénétique, soutenu par des percussions agressives et des cuivres massifs. On a clairement l’impression d’écouter ici une musique orchestrale de film d’horreur à l’ancienne comme on en entendait régulièrement dans les années 50/60 à Hollywood, un style inattendu qui surprend ici alors que l’on se serait attendu aux traditionnels effets électroniques chers aux musiciens du Hollywood d’aujourd’hui. Barr joue donc la carte de la musique horrifique rétro et va approfondir ce style jusqu’au bout du film. A noter un thème plus mystérieux et feutré dans la seconde partie de "Suite", confié à un groupe de cordes, vents, harpe et glass harmonica que le compositeur utilise dans les premiers morceaux du score, soulignant le côté mystérieux et inquiétant de certaines pièces comme "Brothel", "Guidebooks" (qui fait intervenir une voix féminine mystérieuse) et "Village" pour l’arrivée en grande pompe à Bratislava, "Village" reprenant d’ailleurs le thème principal énigmatique introduit dans "Suite". On retrouve la voix féminine dans un morceau un peu à part du score, "Spa", petit passage léger et sautillant à base de harpe, cordes et vents qui jure franchement avec le reste du score, accompagnant la scène où les trois compères rendent visite aux deux filles dans le sauna. On est ici à la limite de la faute de goût avec ce morceau quasiment mickey-mousing qui, de toute évidence, n’a pas sa place ici. Le style véritablement horrifique du score apparaît enfin dans "Pedicure" avec son impressionnante montée de tension frissonnante à souhait, aboutissant à la première scène de torture dans "Tortury", à base de cordes et cuivres dissonants, piano grave martelé et timbales agressives (on est guère loin par moment du style horreur/thriller d’un Christopher Young ou d’un Marco Beltrami). "Achilles" confirme l’orientation horrifique du score avec un premier déchaînement orchestral à base de percussions, de cordes stridentes dissonantes, de cors enragés et de clusters de piano, la violence orchestrale de la musique retranscrivant efficacement à l’écran celle du film.

Si certains passages atmosphériques comme "Déjà Vu" ou "Far From Home" s’avèrent être moins intéressants, ce sont les déchaînements orchestraux de terreur qui attirent véritablement ici notre attention. Les quelques passages à suspense comme le sinistre "Unwell" ou le très sombre "Gallery" (scène où Paxton se met à la recherche de ses deux amis disparus) ne sont que des préparatifs à l’horreur à venir, des montées de tension très efficace dans le film aboutissant par exemple à un défouloir orchestral comme "Mr. Serious American" pour la scène où Paxton découvre enfin toute l’horreur de la situation. Nathan Barr met ici l’accent sur les effets de cordes stridentes/dissonantes avant-gardistes qui créent le sentiment d’horreur avant un déferlement orchestral de terreur qui ne cesse de monter dans l’aigu, une véritable ascension orchestrale de l’horreur très impressionnante autant sur l’album que dans le film. Dès lors, la partition de Hostel développe systématiquement ce côté horrifique avec un "Dreams" très impressionnant et particulièrement frénétique à souhait, qui évoque le combat de Paxton pour survivre et affronter l’horreur. Barr met ici l’accent sur les cuivres massifs, les cordes dissonantes (souvent utilisées en trémolos stridents), les timbales agressives, etc. Une fois encore, on est guère loin ici du style horreur/thriller de Christopher Young, qui semble avoir servi de référence au compositeur.

L’ambiance plus furtive de "Trolley of Death" accompagne ainsi les efforts entrepris par Paxton pour tenter de sortir de cet enfer, comme dans "Elevator" et son suspense explosif sans cesse sur le fil du rasoir, qui maintient la pression constante dans le film et suggère que le danger est omniprésent pour Paxton. Son évasion est illustrée dans le tonitruant "Escape" où Barr utilise même des percussions quasi martiales avec ses cordes dissonantes et stridentes. La scène du nerf optique sectionné – "Bugeye" – permet à Barr de reprendre le motif de cordes rythmique et agité de "Suite" pour ce qui constitue le climax horrifique de la partition (et du film), 4 minutes de déchaînement orchestral de terreur de qualité. Idem pour le brutal "Roadblock" qui débouche sur un "Reflections" plus paisible qui nous permet de souffler avant le grand final de violence que représente "Follow" et surtout le brutal "Revenge".

Partition horrifique rétro et sans grande surprise, Hostel confirme quand même que Nathan Barr a décidément un certain potentiel qui mérite vraiment d’être exploité sur de meilleurs films, en espérant que, à l’instar de certains compositeurs de maintenant comme Elia Cmiral ou Marco Beltrami, Nathan Barr ne se laissera pas enfermer dans le registre de la musique de film d’horreur, un style souvent très stéréotypé sur lequel il devient de plus en plus difficile d’expérimenter et d’innover. Le score de Nathan Barr apporte une certaine puissance dramatique aux images du film d’Eli Roth et renforce la dimension horrifique et terrifiante du film en utilisant toutes les ressources de l’orchestre symphonique sans avoir eu recours aux traditionnels synthétiseurs – c’est suffisamment rare aujourd’hui pour être signalé ! Il ne reste plus qu’à espérer de futures grandes partitions du compositeur qui devrait réussir à trouver sa voie parmi les plus grands de la musique de film hollywoodienne, s’il sait choisir correctement ses projets !

Quentin Billard

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