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The Island  (2005)

Milan (26 juillet 2005) - Durée : 56:12 | Original Score [musique originale]


 

Cette BO ne ne se démarque que très peu du "style MV". Violence des percussions de l’orchestre symphonique, rythmes tribaux, nombreux collegno, envolées puissantes aux cuivres, traits très brefs aux cordes, chœurs volumineux, soli endiablés à la guitare électrique, mélodies au duduk, avec de temps à autres la réapparition du thème, dont il faut bien admettre qu’il fonctionne ici plutôt bien.



[© Texte : Cinezik] •
The Island

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. The Island Awaits You (2:21)
2. Where Do These Tubes Go? (2:06)
3. Sector 6 (2:49)
4. Starkweather (4:12)
5. Agnate Ukuleles (2:37)
6. You Have A Special Purpose in Life (4:35)
7. Mass Vehicular Carnage (2:25)
8. Renovatio (4:12)
9. I'm Not Ready to Die (2:32)
10. This Tongue Thing's Amazing (4:29)
11. Mass Winnings (5:07)
12. The Craziest Mess I've Ever Seen (5:07)
13. Send In The Clones (4:30)
14. My Name is Lincoln (3:42)
15. Blow - The Prom Kings (5:23)

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« The Island » est le blockbuster de l’été 2005, et dans son genre, on peut dire que ce film est une réussite. Michael Bay a peut-être ici signé ici, avec The Rock, l’un de ses meilleurs films. Un scénario efficace et dense, beaucoup de séquences explosives, et surtout, un film ancré dans la réalité d’aujourd’hui, puisqu’il traite de questions éthiques qui divisent le monde depuis la naissance de Dolly et des bébés-médicaments: le clonage à des fins thérapeutiques.

Dans « The Island », une société de biotechnologie, Merrick, fabrique des êtres humains clônés, afin de permettre aux originaux, des clients fortunés appelés « sponsors », de prolonger leur vie grâce à une transplantation d’organes rigoureusement identiques. Ces produits commerciaux sont élevés dans un gigantesque bunker futuriste, enfoui en plein désert, où chacun de leurs faits et gestes sont contrôlés avec une minutie extrême afin que leur bonne santé soit préservée et que leur existence demeure secrète. La vie de ces créatures, dont la mémoire a été artificiellement reconstituée repose sur une fiction opératoire : la planète aurait été dévastée par une contamination meurtrière, rendant toute vie impossible à l’extérieur du bunker. Seule lumière dans leur vie réglée comme du papier à musique : l’espoir de gagner à une loterie géante pour partir dans une île paradisiaque, où ils seraient enfin libres, sans savoir qu’en réalité le voyage sera plus rapide que prévu, et que le billet que le soi-disant sort leur offre est un passeport pour l’au-delà. Lincoln (Ewann Mc Gregor), guidé par un insecte providentiel, découvre la machination et réussit à s’évader du bunker avec sa meilleure amie Jordan (Scarlett Johansson). Une longue course poursuite s’engage entre la société Merrick et les fuyards, pendant laquelle ces derniers vont être confronté au monde réel et découvrir l’amour, avant de libérer leurs compagnons d’infortune.

Michael Bay, comme à son habitude, conduit son film avec la virtuosité et l’excès qui ont fait sa réputation, mais a privilégié un découpage technique moins tape-à-l’œil (Michael Bay aime multiplier les plans cut jusqu’à l’overdose), bien que les courses poursuites, très rapides et exagérément appuyées , puissent paraître lassantes à la longue… Fort heureusement, pour une fois, ce n’est pas l’action qui justifie le scénario, c’est l’intrigue qui explique ces séquences explosives, ce qui pour le réalisateur américain traduit un changement radical dans sa façon de concevoir un film. L’intérêt de « The Island » est dans cette confrontation entre la science et l’éthique, dont l’existence est légitimée par le même objectif : l’instinct de survie.

La musique de Steve Jablonsky ne tient aucunement compte de ces subtilités. Du compositeur américain, il n’y a pas lieu d’attendre une musique novatrice ou très raffinée : le travail de Jablonsky est extrêmement fonctionnel mais il faut bien admettre qu’il ne manque pas d’envergure.

Avec une ouverture superbe, « The Island Awaits », synchronisée aux les images du cauchemar de Lincoln, Steve Jablonsky présente un thème rudimentaire mais efficace, quelques notes comme venues du fond des âges, qui prennent le spectateur aux tripes et le mettent en condition. Puis de nombreuses boucles technoïdes, des rythmiques électroniques sophistiquées, traversées de nappes sombres, d’effets sonores, de guitares sauvages et de riffs fiévreux à la basse, ponctuent la description de cet univers futuriste et aseptisé, protégé de la menace extérieure. Une convention musicale qui ne surprend personne… Pour le reste, cette BO ne ne se démarque que très peu du "style MV". Violence des percussions de l’orchestre symphonique, rythmes tribaux, nombreux col legno, envolées puissantes aux cuivres, traits très brefs aux cordes, chœurs volumineux, soli endiablés à la guitare électrique, mélodies au duduk, avec de temps à autres la réapparition de ce thème rudimentaire, dont il faut bien admettre qu’il fonctionne ici plutôt bien. Sortent néanmoins du lot trois morceaux : « Mass Vehicular Carnage », chanson néo-metal dont on aurait aimé qu’elle soit plus longue, « This Tongue Things Amazing », morceau qui accompagne avec une toute relative délicatesse la découverte de l’amour, et le jouissif et très violent « The Craziest Mess I’ve Ever Seen »…

Sur la dernière séquence cependant, alors que les clônes découvrent la lumière du jour, fourmillère de corps blancs sur l’ocre brûlant du désert, Steve Jablonsky rate complètement son coup. Son thème final « My Name Is Lincoln » est une reprise mal déguisée du sublime « Now We Are Free », qui concluait de façon grandiose le film de Ridley Scott, « Gladiator »: ces deux morceaux ont d’ailleurs la même thématique, celle de la libération ultime. Cette reprise traduit un manque d’inspiration assez flagrant, d’autant que l’orchestration et les lignes mélodiques sont ici maladroites, presque indigestes et complètement inappropriées à la scène.

Rien de nouveau sous le soleil donc. La musique « The Island » demeure néanmoins un bel objet si tant est que l’on apprécie le style exalté, puissant et sans surprises des studios Media Ventures (aujourd’hui Remote Control). Neuf ans après « The Rock », du même réalisateur, qui sous la houlette de Hans Zimmer avait contribué à l’apparition révolutionnaire d’un nouveau style de musique d’action, le travail de Steve Jablonsky sur « The Island » peut apparaître comme un témoignage assez intéressant de l’évolution du "style MV" depuis une décennie, évolution que nous nous gardererons de qualifier d’heureuse ou pas. Le CD s’achève sur une chanson métal: « Blow », interprétée par les Prom Kings…

Damien Deshayes

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