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Mad Max  (1979)

Varèse Sarabande (1979/1993) | Réédition


 

La musique symphonique du compositeur australien Brian May (à ne pas confondre avec le guitariste du célèbre groupe de rock ‘Queen’!) a largement contribué à créer une ambiance particulièrement dure et sombre dans le film de George Miller, utilisant un orchestre avec des cordes, un très large pupitre de cuivres et de percussions tout en mettant de côté les vents, avec seulement un saxophone et un piccolo.



[© Texte : Cinezik] •
Mad Max

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1-Main Title 2.03
2-Max The Hunter 2.10
3-Max Decides On Vengeance 2.40
4-The Final Chase 1.47
5-The Terrible Death of Jim Goose 1.02
6-We'll Give 'Em Back Their Heroes 1.13
7-Pain and Triumph 2.15
8-Dazed Goose 0.35
9-Foreboding In The Vast Landscape 2.08
10-Declaration of War 1.30
11-Flight From The Evil Toecutter 2.25
12-Pursuit and Tragedy 1.55
13-Jesse Alone,Uneasy and Exhausted 1.40
14-The Beach House 1.55
15-The Nightriders Rave 1.20
16-Jesse Searches For Her Child 0.55
17-Rampage of the Toecutter 1.47
18-The Crazing Of Johnny The Boy 2.05
19-Outtakes Suite (in 5 parts; indexed) 6.00*

*Previously unreleased;
exclusive on CD.

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Dès le générique de début du film (‘Main Title’), la musique impose une atmosphère sombre et agressive. On notera ici l’apparition des cuivres dont le caractère agressif est renforcé par un effet de redondance où les cuivres sursautent à chaque apparition d’un nom du staff du film dans le générique de début. Ce sont les percussions (caisse claire, timbales, cymbales, etc.) qui prennent ensuite le relais, suggérant la poursuite initiale entre les policiers et l’aigle de la route au début du film. Cette approche orchestrale brutale et sans concession est confirmée par ‘Max The Hunter’, avec ses cuivres massifs, ses cordes rythmées et ses percussions omniprésentes, évoquant la détermination enragée de Max, comme dans le sombre ‘Max Decides on Vengeance’, superbe morceau d’action où l’orchestre culmine dans une certaine brutalité, soutenue par des traits de cordes frénétiques et une importance accordée aux cuivre et aux percussions. La violence du film est à son tour suggérée lors de la poursuite finale dans le sombre ‘Final Chase’, où règne un certain chaos orchestral parfaitement maîtrisé (à noter l’utilisation du saxophone, lié à la femme de Max, qui devient la motivation principale de sa vengeance finale). Des morceaux comme le dissonant ‘Dazed Goose’ ou le brutal ‘Terrible Death of Jim Goose’ contiennent même une véritable noirceur, entre sursauts de cuivres dissonants, cordes staccatos à la Stravinsky (une constante dans la partition de ‘Mad Max’) et percussions (accompagnant ici la séquence de la mort du coéquipier de Max). ‘Pain and Triumph’ contient même quelques brèves envolées cuivrées héroïques évoquant l’accomplissement de la vengeance de ‘Mad’ Max à la fin du film.

La partition s’articule autour de deux thèmes majeurs, le magnifique ‘Love Theme’ évoquant avec tendresse et nostalgie la famille de Max, et un motif plus bref de cinq notes de cors associé à Max (‘We’ll Give ‘Em Back Their Heroes’). Le thème romantique, développé dans ‘We’ll Give ‘Em Back Their Heroes’, est exposé par des cordes nostalgiques avec une harpe, repris dans ‘Outtakes Suite’, apportant un peu d’humanité et de souffle à une partition somme toute particulièrement dure et sombre. C’est d’ailleurs l’action qui culmine ici, que ce soit l’écriture très rythmée des cordes dans ‘Declaration of War’ ou la brutalité orchestrale de ‘Pursuit and Tragedy’ pour la mort de la femme et de l’enfant de Max ou la noirceur de ‘Crazing of Johnny The Boy’. Incontestablement, ‘Mad Max’ est l’une des plus impressionnantes partitions symphoniques de Brian May, compositeur australien méconnu mais apprécié d’une maigre poignée de béophiles. La noirceur et la brutalité de sa musique pour le film de George Miller a sans aucun doute très largement contribué à accentuer l’atmosphère sombre et violente de ‘Mad Max’ et à accentuer le malaise constant tout au long du film. Voilà en tout cas l’une des partitions clé de Brian May qui, bien qu’il ne signe pas là un chef-d’oeuvre, nous offre néanmoins un score d’action très enlevé et maîtrisé de bout en bout.

Quentin Billard

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