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Mad Max au-delà du Dôme du Tonnerre  (1985)

Capitol / EMI Records (1985/2003) | Album


Après avoir fait appel à deux reprises au compositeur australien Brian May, George Miller se tourne à la surprise générale vers un célèbre compositeur français pour son troisième film qui n’est autre que Maurice Jarre, tout à fait inattendu sur ‘Mad Max 3’. Jarre s’était déjà rendu à plusieurs reprises en Australie pour ses collaborations avec Peter Weir, et c’est lors d’un de ses voyages qu’il fut amené à rencontrer George Miller qui lui proposa d’écrire la musique de ‘Mad Max 3’. Le résultat est au final assez agréable bien que loin de faire partie des chef-d’oeuvres du compositeur.

[© Texte : Cinezik]
Mad Max au-delà du Dôme du Tonnerre

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Tina Turner : We don't need another hero (Thunderdome) (6:07)
2. Tina Turner : One of the living (5:58)
3. Tina Turner : We don't need another hero (Thunderdome) - Instrumental (6:30)
4. Bartertown (8:27) *
5. The children (2:12) *
6. Coming home (15:12) *

* Musique de Maurice Jarre interprétée par The Royal Philarmonic Orchestra

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A l’image du film, la partition de Maurice Jarre se structure en deux parties bien distinctes, la première évoquant l’univers de la cité du troc et des ses habitants, la seconde illustrant les scènes avec la communauté des enfants perdus. Pour cette première partie, Jarre utilise l’orchestre symphonique traditionnel (il s’agit ici du Royal Philharmonic Orchestra) en mettant l’accent sur les sonorités graves (cordes trémolos, cuivres avec sourdines, etc.) et plus particulièrement les percussions métalliques et primitives, qui évoquent le côté froid à la fois rudimentaire et technologique de la cité du troc (‘Bartertown’). A ces percussions métalliques très présentes durant la première partie du score s’ajoute un saxophone jazzy assez particulier, évoquant avec une touche de fantaisie la vie dans les sous-sols de la cité (ces passages jazzy apportant un relief inattendu à la première partie du score, surtout dans la séquence où Max travaille comme esclave dans les sous-sol de la cité). Jarre développe ainsi une ambiance orchestrale assez particulière, entre des cordes sombres, des cuivres menaçants et des percussions métalliques agressives, qui évoquent au passage la menace de Entity. Le résultat est très efficace à l’écran bien que sans surprise, rappelant l’univers musical sombre et agressif des deux précédentes partitions de Brian May.

En revanche, la seconde partie (‘Children’) change radicalement d’atmosphère. Jarre utilise le traditionnel didjeridoo australien pour évoquer l’errance de Mad Max dans le désert et met l’accent sur un thème lyrique inattendu confié à un choeur d’enfants, des cordes et une touche de synthétiseur dans un style qui rappelle par moment certaines mesures du ‘Legend’ de Jerry Goldsmith. On retrouve quelques percussions exotiques qui évoquent le monde du désert, mais avec un ton nettement plus innocent et lyrique. Très chantant, le thème associé aux enfants possède un côté lyrique, pastoral et très majestueux qui nous permet pleinement de respirer après un ‘Bartertown’ résolument sombre et menaçant. On ressent dans ce thème l’espoir d’un monde meilleur, d’un avenir optimiste, idée que Maurice Jarre développe dans le très beau ‘Coming Home’ où les choeurs d’enfants associés aux synthés et à l’orchestre (vents, cordes, harpe, etc.) prennent une dimension quasi angélique. C’est la première fois que l’on entend dans un ‘Mad Max’ une musique aussi optimiste et lyrique, preuve que George Miller a bel et bien décidé de rendre cette troisième aventure de Mad Max plus positive et épurée. Jarre développe alors son magnifique thème des enfants durant toute la seconde partie du film, nous offrant pour l’affrontement final avec les sbires de Entity un solide et spectaculaire morceau d’action massif avec quelques passages vaguement héroïques où le compositeur exprime toute l’étendue de son talent. Il est d’ailleurs parfaitement regrettable que l’album de la musique du film n’inclut que 25 minutes du score qui mériterait certainement une édition intégrale. A noter pour finir que le film inclut aussi les inévitables chansons pop signées Tina Turner, et plus particulièrement la chanson-titre ‘We Don’t Need Another Hero’ typiquement années 80.

Sans être ce que Maurice Jarre a écrit de mieux au cours des années 80, ‘Mad Max Beyond the Thunderdome’ est une partition de qualité, à des années lumières de la médiocrité quasi indiscutable du film de George Miller. En bon professionnel qui se respecte, Maurice Jarre a sut passer au delà de la nullité de ce troisième ‘Mad Max’ en nous offrant une partition de qualité avec un thème inspiré et d’une grande beauté. On ne peut donc que déplorer l’absence d’une édition ‘expanded’ de ce score oublié de Maurice Jarre qui mériterait largement d’être redécouvert!

Quentin Billard

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