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Police Python 357  (1977)

Universal - Ecoutez le cinéma (4 mai 2004) - en digital | Réédition


Le réalisateur a eu l'excellente idée de faire appel au grand Georges Delerue qui a composé à peine 10 minutes de musique originale pour 'Police Python 357'. Pourtant, le peu de musique entendu dans le film s'avère être vraiment mémorable et digne de mention. Le score mélange atonalité glaciale héritée du langage des musiciens 'contemporain' des années 50/60 et tonalité tourmentée pour certains passages du film.

[© Texte : Cinezik]
Police Python 357

Tracklist

Police Python 357

1-Police Python 357 3.16
2-Les Châteaux 1.36
3-Final 3.11

L'important c'est d'aimer (1975)

4-Ballade dérisoire (version 1) 1.40
5-Désespoir et violence 2.21
6-Largo 1.26
7-Le théâtre 2.09
8-Ballade dérisoire (version 2) 1.38

Paul Gauguin (1975)

9-D'où venons-nous? 5.07
10-Que sommes-nous? 2.28
11-Où allons-nous? 2.02

Quelque part, quelqu'un (1972)

12-Quelque part, quelqu'un 3.11
13-Carrefour 2.30
14-Apaisement 1.30

Jamais plus toujours (1976)

15-Jamais plus toujours 3.17
16-Cartes postales 2.24

Malpertuis (1971)

17-Malpertuis (suite) 12.59

Les aveux les plus doux (1971)

18-Les aveux les plus doux 3.42

Paul et Virginie (1974)

19-Adolescence (générique) 4.46
20-Paradisiaque 3.08
21-L'adieu 3.31

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C'est le thème principal de l'ouverture du film qui attire d'emblée notre attention, et qui se caractérise par ses choeurs envoûtants avec un clavecin et l'orchestre traditionnel. Delerue soigne ici un magnifique contrepoint vocal pour la partie chorale où dialoguent les voix de femmes et d'hommes, sur fond de cordes sombres lugubres et dissonantes (glissendi, clusters, etc.). Envoûtant, mystérieux et quasi macabre, le thème principal de 'Police Python 357' possède un côté angoissant qui offre une dimension quasi fantastique au film d'Alain Corneau. On croirait presque entendre l'ouverture d'un film d'épouvante hollywoodien, sauf qu'ici Delerue évite le côté massif habituel et joue au contraire sur une atmosphère macabre plus lente et inquiétante. Ces voix qui semblent surgir de l'au-delà pourraient alors évoquer l'humanité perdue de l'inspecteur Ferrot, une idée accentuée par les nombreux plans sur le colt du héros que l'on voit durant le générique de début - superbe ouverture, accompagnée uniquement par la sinistre musique de Delerue, sans jamais voir le visage de Ferrot et où seul domine son arme à feu. Dès lors, on comprend mieux le parti pris de l'atonalité et d'un style macabre quasi fantastique qui colle à merveille à 'Police Python 357'.

 

Par la suite, Delerue va développer un thème de cordes plus mystérieux et moins angoissant, un thème qui se caractérise par un motif tourmenté que se passent les cordes sur des effets d'imitation. Ce thème de cordes possède un côté désespéré et sombre implacable dans le film, accompagnant les quelques moments où Ferrot mène son enquête sur la mort de Sylvia. On retrouve ensuite le grand Delerue des thèmes lyriques et mélancoliques lors de la scène romantique entre Sylvia et Ferrot au début du film, qui se caractérise par sa poignante mélodie ample de cordes qui nous renvoient à certaines partitions lyriques pour d'anciens films de Godard ou de Truffaut. A noter que le thème possède aussi un côté poignant et sombre qui pourrait alors servir à évoquer le côté tragique de cette histoire d'amour impossible. Pour le reste du film, Delerue développera une atmosphère sombre en réutilisant ses différents éléments qu'il répète durant certaines scènes-clé du film (le thème choral de l'introduction revient dans une scène où Thérèse écoute un disque). On notera ces sursauts de cordes dissonantes dans les quelques rares scènes de fusillade du film. Le suspense et la tension sont magnifiquement entretenus dans des petites pièces plus courtes n'excédant jamais les 1 minutes tandis que la scène des 'châteaux' permet à Delerue d'utiliser un nouveau morceau basé sur un ostinato de cordes qui ne cesse d'augmenter dans un crescendo de tension inexorable, accompagnant la scène où Ferrot recherche le château qui se trouve sur la photo récupérée chez Sylvia. Aux cordes, Delerue ajoute un clavecin doublé par un piano et un cor anglais pour renforcer la tension psychologique de cette scène - on ressent parfaitement à l'écoute du morceau dans la scène l'angoisse qui commence à envahir progressivement Ferrot. Ces morceaux plus atmosphériques et sombres nous mènent donc inexorablement à un final lugubre où les cordes sombres et dissonantes reviennent une dernière fois pour laisser la place au thème choral macabre qui conclut le film sur une dernière touche pessimiste et angoissante.

Le véritable et unique défaut du score de 'Police Python 357' vient du fait que la musique est, comme souvent à cette époque, totalement sous-exploitée dans le film. Alain Corneau n'a pas été en mesure de comprendre tout le potentiel dramatique de la musique de Georges Delerue qu'il aurait pu (et du) mieux exploiter dans son film. Du coup, on a l'impression que la musique s'arrête aussi tôt qu'elle commence, qu'elle n'a jamais le temps d'être développée, accentuée, structurée. On aurait aimer entendre le compositeur approfondir son travail, le mener à terme tout au long du film, quitte à écrire 10 ou 20 minutes de plus, car 18 minutes de musique sur 2 heures, c'est excessivement peu. On pourra rétorquer que c'est cette absence de musique qui donne à 'Police Python 357' une ambiance particulière, mais en même temps, les polars/films noirs ont toujours été propices à l'élaboration d'atmosphères musicales captivantes, et ici, si le résultat musical est quasiment parfait, l'utilisation de la musique dans le film n'est pas ce que l'on aurait vraiment pu souhaiter pour le film. A noter que l'édition discographique produite par Stéphane Lerouge et publiée par Universal France n'inclut pas la totalité du score de Delerue, c'est qui est un comble étant donné le peu de musique composée pour le film - le producteur aurait au moins pu inclure les 18 minutes complètes sur CD! Au final, voilà une autre grande réussite de la part d'un Georges Delerue qui, dans les années 70, était plus que jamais au sommet de son art, entamant alors à cette époque une série de partitions sombres et macabres telles que 'L'important c'est d'aimer', 'Quelque part quelqu'un' et bien d'autre, des partitions que vous pourrez retrouver sur le CD d'Universal France.

Quentin Billard

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