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Serenity  (2005)

Varèse Sarabande (27 septembre 2005) - 0:49:46 | Original Score [musique originale]


 

David Newman sait passer dans ses compositions d'un genre à l'autre. Ici, il s'agit d'un film de SF. La musique épouse les canons du genre, nappes atmosphériques mystérieuses et passages trépidants. Sur "space battle", comme son titre l'indique, la musique s'agite comme sur Star Trek pour mettre en musique cette bataille spatiale.



[© Texte : Cinezik] •
Serenity

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Into the River (3:10)
2. Escape (1:30)
3. Serenity (0:50)
4. Going for a Ride (2:24)
5. Trading Station Robbery (3:07)
6. River Goes Wild (1:28)
7. River and Simon in Locker (0:55)
8. Population Dead (3:55)
9. Haven Destroyed (0:54)
10. Sheperd Books' Last Words (1:00)
11. You're Not a Reaver (0:56)
12. Mal Decides (3:09)
13. Truth/Mal's Speech (3:36)
14. Space Battle (3:21)
15. Crash Landing (1:59)
16. Run to Black (2:55)
17. Generator Room (3:06)
18. Mal & Op Fight (2:11)
19. Jane & Zoe/Final Battle (2:44)
20. Funeral/Rebuilding Serenity (2:19)
21. Prep for Flight (1:33)
22. Love (1:06)
23. End Credits (1:38)

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La piste 17 ("Generator Room") confirme l'héritage de Goldsmith, tout comme le "end credit" très lyrique et mélodique avec un certain côté moyen-oriental (La Momie).

Benoit Basirico

Après l’abandon de la série ‘Firefly’ qui ne vécu qu’au cours d’une quinzaine d’épisodes, le réalisateur Joss Whedon (scénariste de ‘Buffy’ et ‘Angel’) décida de reprendre l’aventure au cinéma avec ‘Serenity’, son premier long-métrage directement inspiré de sa fameuse série TV restée inédite en France. Chose rare pour une adaptation d’une série sur grand écran, la totalité du casting d’origine a été respectée, reprenant ainsi Nathan Fillion dans le rôle du capitaine Malcolm Reynolds à bord de son engin spatial le ‘Serenity’, composé de mercenaires qui vivent de menus larcins parmi les ‘indépendants’ dans un système galactique gouverné par l’Alliance, un conglomérat de planètes qui assurent une paix durable dans la galaxie. Mais un jour, l’équipe du Serenity accueille à bord Simon et sa soeur River, une étrange jeune fille aux pouvoirs télépathiques et capable de se transformer brutalement et sans raison en véritable machine de guerre. Echappée d’un centre de conditionnement où l’on tentait d’annihiler ses mauvais penchants et son caractère rebelle et indépendant, River se retrouve traquée, elle et l’équipe de Mal, par le redoutable ‘Opérateur’, un dangereux limier envoyé par le gouvernement pour tenter de récupérer River, qui connaît un secret compromettant au sujet d’une ancienne expérience scientifique menée par le gouvernement et qui aurait tourné à la catastrophe. Mal et ses compères vont donc devoir entamer une grande bataille contre l’Opérateur et son armée et échapper à la fois au redoutable limier et aux sinistres reavers, de mystérieux zombies cannibales qui vivent sur une planète voisine. Entre science-fiction, action et thriller horrifique, ‘Serenity’ est un bon divertissement hollywoodien spectaculaire mais loin d’être indispensable. Tourné à la manière d’un western spatial, ‘Serenity’ s’adresse avant tout aux fans de la défunte série TV d’origine, ‘Serenity’ n’étant qu’un remake plus gros et plus luxueux de ‘Firefly’.

Ces dernières années, David Newman ne s’était guère fait remarquer, officiant majoritairement pour des comédies sans prétention et des films familiaux. La récente reédition de son score horrifique pour ‘The Kindred’ nous a alors rappelé que le compositeur et frangin de Thomas Newman n’avait pas passé toute sa vie à n’écrire que pour des comédies familiales et qu’il avait déjà touché à d’autres genres cinématographiques auparavant. Mais il faut bien dire que durant ces cinq dernières années, l’essentiel de sa filmographie s’était retrouvée resserrée autour du genre de la comédie, que ce soit des films comme ‘Scooby-Doo’, ‘The Cat in the Hat’, ‘Dr. Dolittle’, ‘102 Dalmatians’ ou bien encore le film d’animation ‘Ice Age’, sans oublier quelques drames comme ‘Hoffa’ ou le plus récent ‘The Affair of the Necklace’. Avec ‘Serenity’, David Newman retrouve enfin le genre de la science-fiction/action qu’il avait déjà illustré avec l’amusant ‘Galaxy Quest’ en 1999. ‘Serenity’ rompt néanmoins clairement avec le style de ‘Galaxy Quest’ en imposant un ton sombre, énergique et brutal à la musique du long-métrage de Joss Whedon. Orchestre massif, percussions, synthétiseurs à la Media-Ventures, guitares ‘western’ et violoncelle soliste, tels sont les ingrédients de la nouvelle partition de David Newman, qui adopte ici un style musical qu’on ne lui connaissait pas, celle du synthético-orchestral à la M-V. A l’instar de la bande à Hans Zimmer, Newman s’essaie à son tour à ce style musical plus que jamais omniprésent à Hollywood et articule sa partition autour d’un thème principal héroïque associé aux exploits du capitaine Mal et de ses compères du Serenity. Après une introduction sombre et un premier morceau d’action tonitruant, utilisant les rythmiques électroniques, Newman dévoile le thème principal par le biais du violoncelle soliste qui apporte un charme considérable à la musique, bientôt suivi des guitares sèches qui renforcent le côté ‘western’ du film, Newman allant même jusqu’à faire un petit détour du côté des traditionnelles chevauchées western dans ‘Going for a Ride’. Dès lors, Newman installe une ambiance musicale particulière dans le film, oscillant entre action, passages atmosphériques lugubres et moments plus intimes et lents. On découvre alors très vite un motif de piano/synthé plus mystérieux et intime associé à River, et qui évoque ses pouvoirs télépathiques, comme dans ‘River and Simon in Locker’ ou le frénétique ‘River Goes Wild’ lorsque la jeune fille se transforme en véritable machine de guerre en plein milieu d’un bar.

Des morceaux comme ‘Population Dead’, ‘Haven Destroyed’ ou ‘Shepherd Book’s Last Words’ développent quand à eux la partie plus atmosphérique de la partition de David Newman, à l’aide de nappes de synthé, de cordes brumeuses et de sonorités glauques évoquant les méfaits de l’Opérateur qui accumule les cadavres sur son passage jusqu’à ce qu’il finisse par mettre la main sur River. Avec ‘Space Battle’, le compositeur entame une petite série de morceaux d’action d’une brutalité rarement entendue chez le compositeur, versant par moment dans le chaotique pur entre percussions électroniques, synthétiseurs à la M-V, pupitre de cuivres massifs, guitares, cordes frénétiques, etc. Newman apporte une tension supplémentaire aux images de bataille spatiale vers la dernière partie du film, jusqu’à la confrontation finale entre Mal et l’Opérateur et la fusillade de la dernière chance contre la troupe des sanguinaires reavers à la fin du film, dans ‘Generator Room’ et l’agressif ‘Mal & Op Fight’, sans oublier ‘Jane & Zoe/Final Battle’. On respire alors avec le très beau ‘Funeral/Rebuilding Serenity’ qui reprend le thème principal au violoncelle dans une version plus intimiste et nostalgique, à l’instar de ‘Prep Flight’ et ‘Love’, où le violoncelle et les guitares se veulent plus présentes, comme pour apporter un peu d’espoir et d’humanité à un score somme toute particulièrement sombre, froid et agressif (tout à l’image du film de Joss Whedon). Le ‘End Credits’ reprend pour terminer le thème principal dans sa forme chevauchée western entraînante, à grand renfort de guitares.

‘Serenity’ a beau ne pas être le nouveau chef-d’œuvre de David Newman, le score n’en demeure pas moins intéressant bien que manquant cruellement de personnalité. Malgré quelques bonnes idées, on regrettera le fait que le compositeur ait cédé à son tour à un style qui rappelle maintes partitions de Hans Zimmer, Harry Gregson-Williams ou bien encore Graeme Revell, pour sortir de M-V. Influences des temp-tracks ou manque de personnalité musicale, les avis seront multiples et variés, mais une chose est sure, quelque soient les défauts de cette partition d’action, nul ne peut nier que le compositeur n’est jamais aussi bon que lorsqu’il sort du registre des comédies gnan-gnan pour aller faire un petit tour du côté des blockbusters d’action plus massifs, un genre qui manquait un peu dans sa filmographie. Voilà en tout cas un score qui, à défaut d’être LE nouveau score de David Newman, mérite néanmoins qu’on y prête une oreille attentive!

Quentin Billard

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