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Starship Troopers  (1998)

Varese Sarabande (1997) - 0:36:23 - en digital | Original Score [musique originale]



Starship Troopers marquait en 1997 le retour de Basil Poledouris sur une production d'envergure avec son complice de Flesh & Blood et Robocop pour une nouvelle partition symphonique monumentale.

[© Texte : Cinezik] •

Starship Troopers

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Fed Net March (0:49)
2. Klendathu Drop (4:29)
3. Punishment/Asteroid Grazing (4:50)
4. Tango Urilla (3:50)
5. Hopper Canyon (2:44)
6. Bugs!! (2:20)
7. Dizzy's Funeral (1:18)
8. Destruction of Roger Young (3:27)
9. Brainbug (3:59)
10. They Will Win (4:01)
11. Into It (4:36)*

* Music and Lyrics by Zoe Poledouris

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A la sortie de Starship Troopers, cela faisait de nombreuses années que l'on avait pas entendu un Poledouris en pleine forme, débordant d'énergie. La musique de Starship Troopers se contente ainsi d'offrir au film une illustration musicale assez premier degré avec une énorme partition aux accents martiaux et épiques. Pour les besoins du film, Basil Poledouris a donc du faire appel à une très grosse formation orchestrale incluant plus d'une centaine de musiciens syndiqués AFM, ce qui explique le fait que le score failli ne jamais voir le jour en édition CD jusqu'à ce que Robert Townson de chez Varèse Sarabande, passionné par cette grande partition orchestrale, décide de tout faire pour l'éditer en CD. Les droits très élevés demandés par les musiciens de l'AFM expliquent pourquoi le CD édité ne dépasse par les 30 minutes, les droits devant être augmentés au-délà de cette limite.

Le score est introduit par la 'Fed Net March', marche militaire qui accompagne la plupart des spots à propagande diffusés par la fédération sur tous les médias. Triomphante et entraînante comme elle se doit, cette marche très cuivrée évoque non sans ironie le côté fasciste et patriotique de cette société du futur. Dès lors, il ne faut que très peu de temps au compositeur pour nous dévoiler un thème principal devenu classique dans la carrière du compositeur, le thème du mémorable 'Klendathu Drop', superbe pièce anthologique de 4'30 décrivant l'arrivée des troupes militaires sur la planète Klendathu où se trouvent l'armée des insectes extra-terrestres. Le thème est confié à une très large partie de cuivres (cors et trompettes principalement) avec les percussions martiales qui accompagnent le morceau en lui conférant ce côté épique qu'affectionne tant le compositeur. On sent véritablement ici toute la puissance des images, le frisson du débarquement, la détermination avant les combats, etc. A noter la manière dont le compositeur ajoute un brillant contrepoint de cordes lors d'une seconde reprise du thème vers le milieu du morceau. Aucun doute possible, 'Klendathu Drop' nous permet de retrouver un grand score de Poledouris déjà considéré comme un classique au même titre que Conan The Barbarian ou Robocop, et ce qui suit va très nettement confirmer cette idée.

Après le tour-de-force orchestral du débarquent sur Klendathu, 'Punishment/Asteroid Grazing' s'avère être à la fois plus sombre et plus léger. 'Punishment' concerne ainsi la scène où Rico doit subir la punition après la mort accidentelle de l'un de ses camarades au cours d'une mission d'entraînement à balle réelle. Si les orchestrations se font ici plus sombres (avec la percussion martiale toujours omniprésente), c'est pour mieux nous dévoiler un 'Asteroid Grazing' plus enthousiasmant, où l'on retrouve des orchestrations de qualité plus claires, favorisant des cordes légères et des vents très colorés pour la scène où Carmen (Denise Richards) traverse l'espace à bord d'un vaisseau qu'elle a toujours rêvée de voler. La dernière partie du morceau s'assombrit considérablement avant de retomber dans l'action pour la scène de la météorite, où l'on retrouve une fois encore les orchestrations de qualité du compositeur et une puissance orchestrale toujours aussi impressionnante à l'écran.

'Tango Urilla' est un des meilleurs morceaux d'action du score, avec ses orchestrations massives, ses percussions martiales et ses cuivres belliqueux. On notera ici un motif de 4 notes de trombones/cordes associé au lieutenant Rasczak (Michael Ironside) et qui évoque non sans une certaine ironie le côté 'gros dur' du personnage. Le morceau vire très vite dans l'action pour un nouveau déchaînement orchestral d'une puissance redoutable à l'écran (scène sur la planète Tango Urilla avec une nouvelle attaque d'arachnides). On notera ici l'importance accordée aux timbales dans la scène où Rico affronte l'énorme cafard géant (moment d'action particulièrement captivant, qui évoque le Poledouris de l'époque glorieuse de Robocop et Conan). La menace des insectes se veut plus imposante dans 'Hopper Canyon' pour la scène où les troupes débarquent dans le canyon infesté d'arachnides, débouchant sur l'incontournable 'Bugs!!!', LE morceau d'action de Starship Troopers. En l'espace d'un peu plus de deux minutes, Poledouris installe un ostinato de timbales guerrier sur fond de cordes déchaînées et de cuivres massifs pour l'attaque de la base du désert par les insectes. Massif, 'Bugs!!!' vaut aussi par la qualité du contrepoint qui se dégage des différentes parties, que ce soit les incessants traits de cordes, ou l'utilisation syncopé du piano ou des xylophones. A noter ici le dialogue qui s'instaure entre le pupitre des cors et des trompettes. A l'écran, le morceau captive toute l'intensité et la barbarie de l'affrontement dans un style orchestral tout simplement explosif. C'est à ce moment là que l'on réalise à quel point on a à faire à une énorme formation orchestrale. On retrouve une idée similaire dans l'excellent et excitant 'Destruction of Roger Young' pour une autre grande scène d'action du film (destruction du vaisseau Roger Young).

Plus mélancolique, 'Dizzy's Funeral' accompagne dans un style plus solennel la cérémonie funèbre de Dizzy (Dina Meyer), Poledouris n'oubliant évidemment pas le côté humain de l'histoire dans sa musique, et ce même si ce côté plus dramatique est quelque peu moins représenté dans son score que l'action ou les élans guerriers. 'Brainbug' évoque la menace représentée par le cerveau qui commande l'armée arachnide avec des orchestrations particulièrement assombries (cordes dissonantes, cuivres graves qui semblent ramper de manière menaçante, etc.). La dernière partie de 'Brainbug' suggère l'espoir d'une victoire avec un bref rappel du thème principal cuivré lorsque Rico vient sauver Carmen des griffes du monstrueux cerveau. Finalement, cette aventure touche à sa fin avec l'excellent 'They Will Win' qui emprunte son titre à un message de propagande du film. Grandiloquent, déterminé et héroïque, 'They Will Win' annonce un triomphe quasi total avec des trompettes sous forme d'appel militaire, accentué par les rythmes martiaux et un excellent contrepoint de cordes/cuivres. Le morceau, écrit sous la forme d'un hymne guerrier, évoque à la fois le triomphe et l'espoir d'un avenir meilleur, avec ce côté martial qui renvoie finalement à l'esthétique des propagandes fascisantes du film pour un autre excellent morceau du score (donc, la musique reflète à son tour le côté sarcastique et ironique du film). Autant dire qu'il s'agit ici du meilleur final que l'on aurait pu avoir pour ce film.

A l'écoute du score de Starship Troopers dans le film, on est immédiatement emballé et sidéré par la puissance qui se dégage de la musique et par son efficacité redoutable sur les images (à noter qu'il manque quelques passages importants sur l'album publié par Varèse Sarabande !). Une fois encore, Basil Poledouris a renoué avec son côté épique qu'il affectionne tant et nous a offert une grande partition symphonique mémorable, mêlant action, élans guerriers/héroïques, rythmes martiaux sauvages et passages plus légers et atmosphériques. Le score de Starship Troopers est décidément une grande réussite du compositeur, les béophiles pouvant déjà considérer ce score comme l'un des derniers grands classiques incontournables du compositeur, un exploit si l'on considère donc le fait que Poledouris n'avait pas écrit de partition aussi mémorable depuis le début des années 90. Il aura donc fallu attendre les retrouvailles entre Basil Poledouris et Paul Verhoeven pour voir apparaître une utlime grande BO signée du compositeur de Robocop !

Quentin Billard

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