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Le Voyage dans la lune  (1902)

EMI (6 février 2012) | Album



Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin (du groupe Air) ont composé une musique originale pour la version restaurée en couleur du chef d'oeuvre de Georges Méliès lui donnant des allures pop. Cette BO devient un album du duo.

 Interview B.O : Air (Godin/Dunckel) voyage dans la lune

[© Texte : Cinezik] • 5099995581156

Le Voyage dans la lune

Autour de cette BO

Propos des musiciens de Air 

Entre MOON SAFARI et la bande originale du VOYAGE DANS LA LUNE, nous avons appris à composer pour l'image. Notre musique, à nos débuts, était très pop ; elle est devenue, avec le temps, plus expérimentale.
Pour chaque album, nous prenons l'auditeur par la main et l'emmenons quelque part. C'est le rôle de la musique. Nous n'avons pas d'autres prétentions que celle-ci.
Notre rôle est similaire à celui de Madame Thuillier, qui a coloré le film de Méliès, ou à celui des musiciens qui jouaient en direct dans les salles de cinéma pendant la projection : il s'agit de prolonger l'expérience filmique en stimulant le cerveau du spectateur. Nous ne faisons pas du rock, mais de la musique psycho-acoustique, de l'ambiant. C'est pourquoi notre musique se prête aussi bien aux voyages et aux bandes originales.
La musique a jailli très rapidement, comme si nous l'avions mûrie pendant toute une vie. L'univers de Méliès appartient à la mémoire du monde : l'image de la lune avec la fusée dans l'oeil est ancrée en chacun de nous.
On a pu travailler à l'image près, car on savait que tout ce que l'on enregistrait allait être conservé dans le film. On jouait face à l'écran, pour caler au mieux la musique - ce qui nous a valus quelques torticolis ... Par ailleurs, c'était la première fois que nos composions pour un film muet : en l'absence de dialogues, la B.O. devenait l'un des principaux fils narratifs.
Face à cet aspect statique et vintage, notre musique devait apporter du dynamisme, de l'énergie, de la modernité. D'où l'importance accordées aux rythmiques : la batterie est ce qui permet le plus facilement de dater un morceau, de l'ancrer dans le contemporain.
On tenait à ce que cela sonne "fait à la main", bricolé, à l'image des trucages de Méliès. Tout est joué en live, il y a peu de boucles. On a beaucoup utilisé le mellotron pour les bruitages, un ancêtre du synthétiseur que l'on trouvait dans tous les théâtres anglais : comme le film de Méliès, notre B.O. est irriguée par l'art vivant. Il y a eu, de même, un gros travail sur le vent.
C'est vrai que nous aimons trafiquer les voix : nous n'avons aucun respect pour elles, nous ne hiérarchisons pas les sons. Ici, il nous a semblé intéressant de faire parler les humains avec des sons d'animaux (poules, éléphants, etc...), à rebours des productions Disney, où les animaux parlent comme des humains.
Nous avons utilisé des effets classiques de la musique de film, comme les modulations harmoniques. Par exemple, lorsque la lune change d'aspect, nous changeons d'harmonie. A vrai dire, nous nous sommes adaptés à chaque tableau du film.
Manier l'équilibre entre les émotions, c'est quelque chose que les compositeurs de musique de film français, comme Michel Colombier ou Georges Delerue, réussissent plus facilement que les Américains.

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Video

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