Calendrier des films Interviews  • Sorties de B.OCoups de coeurCritiques de B.O ActusCannes 2019

EN

VOIR

PLUS

X-Men 3 - L'affrontement final  (2006)

Varèse Sarabande (23 mai 2006) - 1:03:44 | Original Score [musique originale]


 

John Powell signe ici l'un des meilleurs scores d'action de l'année 2006, avec une musique rythmée et superbement orchestrée, même s'il n'évite pas les clichés du genre. On reste cependant admiratif par la constante inspiration du compositeur et ses thèmes mémorables.



[© Texte : Cinezik] •
X-Men 3 - L'affrontement final

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. 20 Years Ago (1:10)
2. Bathroom Titles (1:09) 3. The Church of Magneto/Raven Is My Slave Name (2:40)
4. Meet Leech, Then Off To The Lake (2:37)
5. Whirlpool of Love (2:04)
6. Examining Jean (1:12)
7. Dark Phoenix (1:28)
8. Angel’s Cure (2:34)
9. Jean and Logan (1:39)
10. Dark Phoenix Awakes (1:45)
11. Rejection Is Never Easy (1:09)
12. Magneto Plots (2:05)
13. Entering The House (1:18)
14. Dark Phoenix’s Tragedy (3:18)
15. Farewell To X (0:30)
16. The Funeral (2:52)
17. Skating On The Pond (1:12)
18. Cure Wars (2:57)
19. Fight In The Woods (3:06)
20. St Lupus Day (3:03)
21. Building Bridges (1:16)
22. Shock And No Oars (1:15)
23. Attack On Alcatraz (4:36)
24. Massacre (0:31)
25. The Battle of The Cure (4:20)
26. Phoenix Rises (4:22)
27. The Last Stand (5:29)

Nos articles sur cette BO

Brett Ratner aux commandes, John Powell à la musique : cocktail détonnant pour le meilleur... ou pour le pire. A priori, le compositeur anglais qui a l'expérience de John Woo (Volte-Face, Paycheck) et de Paul Greengrass (la Mort dans la Peau) devait s'en tirer avec les honneurs. Qu'en est-il réellement ?

A la première écoute, la musique sent un peu trop le réchauffé de score de super-héros : il est évident que Danny Elfman a marqué à jamais de son emprunte le thème des super-héros, ses fanfares héroïques étant devenues un canon incontournable pour tous les compositeurs qui s'attaquent au genre, de John Ottman pour X-Men 2 ou Les Quatre Fantastiques jusqu'à John Powell pour ce X-Men 3 : The Last Stand. Seul le génial mais regretté Michael Kamen avait semblé apporter un peu de sang neuf dans le genre avec son étonnante partition électro-orchestrale pour le premier X-MEN de Bryan Singer (1999), où la confrontation des parties synthétiques et des parties symphoniques de son score symbolisaient l'affrontement entre humains et mutants, ceux-ci étant considérés par le personnage de Magneto (Ian McKellen, toujours parfait) comme des êtres supérieurs figurants comme l'évolution naturelle de l'espèce humaine.

Malheureusement, rien de tel pour ce troisième (et ultime ?) volet de la saga X-Men, dont les ambitions artistiques restent minimum, même si le cinéphile aura sa dose d'action et d'effets spéciaux, le tout sagement ficelé avec un scénario digne des opus précédents, bien que la mise en scène de Brett Ratner (qu'on ne connaîtra sûrement jamais aussi inspiré) suggère un manque de propos d'auteur qu'on retrouvait encore dans les films de Singer. John Powell s'en tire malgré tout avec les honneurs, son thème d'ouverture fonctionnant plutôt merveilleusement bien à l'image, même si à l'écoute sur le CD ça lorgne encore franchement (trop) du côté de Danny Elfman. Rien de neuf, donc, mais de l'efficace : on n'en attendait pas moins de Powell, qui a toujours eu l'inspiration nécessaire pour pondre un score intéressant sur le moindre navet. On l'aura connu cependant plus novateur sur de nombreux projets précédents, celui-ci ne lui donnant visiblement pas l'occasion d'expérimenter quoi que ce soit : la musique de X-Men 3 parvient difficile à décoller hors du "moule" hollywoodien, et on a parfois du mal à reconnaître le style de John Powell, compositeur anglais aux sonorités pourtant très reconnaissables (au même titre que Marco Beltrami).

Constat implacable : la forte personnalité musiale du compositeur semble s'être effacée au profit d'un produit hollywoodien plus conventionnel, même si le film et la musique s'enrichissent mutuellement à la vision des images (le score est bien plus intéressant dans le film que sur le disque, un peu longuet). Ceci étant dit, Powell accouche de plusieurs thèmes mémorables (outre le générique de début, pétaradant à souhait), comme ce magnifique theme d'amour entre Jean et Scott ("Whirlpool of Love"), où le musicien nous délivre un thème déjà plus proche de ce qu'on l'habitude d'entendre chez lui, avec l'introduction de quelques choeurs d'un bel effet. Des choeurs, Powell en utilise encore dans "Dark Phoenix" pour le personnage de Jean Grey, avec des choeurs féminins discrets à la manière d'un Danny Elfman décidément incontournable (le film aurait-il été "temp-tracké" par du Batman ou du Darkman ?). Toujours est-il que l'ombre du compositeur de Tim Burton plane sur cette partition (comme sur beaucoup d'autres du même type). Le personnage de Magneto est en revanche relativement bâclé musicalement, avec des cordes dissonantes de facture très conventionnelle, qui lissent sensiblement la personnalité d'un individu pourtant ambigü jusqu'à la fin, grace à l'interprétation subtile de Ian McKellen.

Premier gros morceau d'action du score, "Dark Phoenix's Tragedy" permet à John Powell de se lâcher sur la scène impressionnante ou Magneto et Xavier retrouvent Jean Grey dans sa maison familiale, un morceau qui précède "Farewell to X", un choeur funèbre court (30 secondes) mais intense. Un peu plus tard, "Cure Wars" et "Fight on the Woods" sont deux nouveaux passages d'action à l'inspiration variable. Où sont passées les sonorités audacieuses dont John Powell faisait l'usage sur des musiques de films pourtant mineurs tels que Paycheck, Robots ou Mr. & Mrs. Smith ?

Le final s'avère largement plus passionnant que le reste, le compositeur développant des choeurs surpuissants pour les scènes quasi apocalyptiques de la fin du film. Si "Attack on Alcatraz" est d'un ennui confondant, les morceaux de fin laissent entrevoir quelques audaces d'écriture qu'on n'espérait plus : des choeurs déchaînés dans "Massacre", des cuivres beuglants, des percussions trépidantes et des cordes torturées dans "The Battle of the Cure" (le meilleur morceau d'action du score), et un Dies Irae démentiel dans le superbe "Phoenix Rises" (d'une durée de 4:21 et non 6:29 come annoncé sur la pochette du CD), qui permet au thème principal de ressurgir à nouveau par les choeurs, la bonne surprise étant qu'on découvre-là un John Powell à fort potentiel qu'on ne connaissait pas, voire qu'on ne soupçonnait pas. En revanche, on oubliera le morceau final ("The Last Stand"), sirupeux comme toutes les traditionnelles "happy end".

John Powell rempli son contrat avec un thème héroïque mémorable, un joli thème d'amour et quelques passages d'action assez dantesques. On regrettera sûrement que la personnalité de John Powell se soit légèrement envolée pour l'occasion, la faute peut-être à une mise en scène assez conventionnelle, et/ou à un planning sportif pour le compositeur, qui dû également assurer la mise en musique de Vol 93 de Paul Greengrass (les deux films sont sortis presque en même temps !), projet autrement plus ambitieux. Reste que X-Men The Last Stand s'avère au final un excellent score de super-héros, conventionnel certes mais bourré de belles idées bien écrites.

Sylvain Rivaud

Autres BO du compositeur

Vos avis