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Zathura  (2005)

Varese Sarabande (22 novembre 2005) - 0:44:16 | Original Score [musique originale]


 

Toujours plus que jamais actif avec pas moins de 10 partitions écrites en 2005, John Debney (qui avait déjà avec Jon Favreau sur Elf), a mis cette fois-ci les bouchées doubles sur Zathura en nous livrant un très gros score d’aventure à l’ancienne, renouant avec le style massif et spectaculaire de Cutthroat Island, agrémenté de quelques touches électroniques.



[© Texte : Cinezik] •
Zathura

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Main Titles (2:23)
2. Finding The Game (1:30)
3. Meteor Shower (1:24)
4. Aftermath (2:59)
5. Robot Grows/Chase/Standoff (3:59)
6. Too Close To The Sun (2:21)
7. Zorgons’ Appearance (1:07)
8. They’re Not Friendly (2:25)
9. Couch Decoy (2:18)
10. Astronaut’s Story (1:45)
11. Zorgons’ Return (2:47)
12. The Dumbwaiter (1:46)
13. Stealing The Game (6:03)
14. Robot’s Revenge (1:48)
15. Shooting Star Card (2:27)
16. Brother To Brother (2:16)
17. Danny Wins The Game (1:34)
18. Zathura Is A Blackhole (1:20)
19. Back Home (1:09)
20. Home Again (0:55)

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Le Hollywood Studio Symphony nous livre une fois encore une interprétation sans faille d’une musique qui renoue avec l’esprit des partitions symphoniques épiques des années 80/90.

Dès le superbe "Main Titles", le ton est donné : Debney annonce fièrement son superbe thème principal lors d’une montée orchestrale digne des meilleurs moments de "Cutthroat Island", un grand thème héroïque et épique magnifié par une chorale grandiose, des cuivre majestueux, des cordes et des percussions, thème d’aventure qui n’est pas sans rappeler le thème que composa John Debney pour la série Seaquest DSV en 1993. L’ambiance se veut plus magique, quasi féerique et mystérieuse dans "Finding the Game" qui évoque l’émerveillement de la découverte du jeu "Zathura" dans la cave, tandis que l’action commence enfin lors de la pluie de météorites de "Meteor Shower" à grand renfort de cuivres massifs, de percussions agressives et de pulsations électroniques dans un style action emprunté à The Tuxedo, My Favorite Martian ou Inspector Gadget.

Premier morceau d’action massif et excitant à souhait, "Meteor Shower" annonce à son tour une aventure agitée et captivante, ce que confirme le spectaculaire "Robot Grows/Chase/Standoff", 4 minutes d’action non-stop pour le plus grand plaisir des fans du compositeur (et, parallèlement, de nos oreilles), à grand renfort de cuivres massifs, de rythmes trépidants syncopés, de percussions martiales, de pulsations électroniques et de cordes frénétiques accompagnant la séquence de l’attaque du robot fou dans le salon de la maison.

L’action se prolonge dans "Too Close to the Sun" où les choeurs sont aussi de la partie, avec un pupitre de cuivres toujours aussi massifs (on compte quand même 7 trompettes, 11 cors, 4 trombones et 2 tubas!) lors de l’approche du soleil, l’ambiance se voulant même plus inquiétante et synonyme de danger dans "Zorgons’ Appearance", où, comme son nom l’indique, Debney accompagne l’apparition des Zorgons de façon menaçante et noire. Il est cependant dommage qu’au bout de quelques morceaux, le score tend à devenir un brin répétitif même si l’énergie orchestrale que déploie le compositeur tout au long de son oeuvre rend l’écoute vraiment captivante, un bon score d’action spectaculaire comme on en avait pas entendu depuis des lustres chez le compositeur. Debney calme le jeu dans "Couch Decoy" et "Astronaut’s Story" où il nous dévoile un joli thème de célesta/harpe plus intime et mélancolique, lorsque l’astronaute confie des souvenirs d’enfance aux deux jeunes héros et leur explique la nécessité d’être uni pour gagner ce jeu (le morceau rappelle curieusement "Remembering Petticoat Lan"’ du score de Jurassic Park de John Williams - énième influence des temp-tracks ?). L’action revient alors en grande force dans le sombre et massif "Zorgons’ Return" et ses percussions impressionnantes symbolisant les grands méchants du film, les Zorgons. On regrettera au passage que le thème ait tendance à se faire plus discret tout au long de la partition, alors qu’il aurait au contraire mérité d’être bien plus présent et développé dans le film (à croire que Debney et les concepteurs du film ne voulaient pas de thème pour la partition du film!).

Mais si l’action est au rendez-vous, Debney n’en oublie pas de nous rappeler que Zathura est un jeu dangereux et diabolique, comme le confirme le sombre "The Dumbwaiter" lorsque Walter et ses camarades se cachent pour échapper aux Zorgons qui ont envahis la maison. Cordes dissonantes, sursauts de clusters de cuivres, c’est bien simple, on se croirait revenu ici à l’époque des partitions horreur/thriller de Debney tendance I Know What You Did Last Summer ou The Relic. Ce passage de suspense glauque débouche alors sur un morceau particulièrement impressionnant, "Stealing the Game", six minutes où Debney fait monter la tension de façon très efficace (Walter entame une mission en solo pour récupérer le jeu qui se trouve dans le vaisseau des Zorgons), aboutissant à l’excitant "Robot’s Revenge" et son superbe rappel du thème héroïque pour le retour du robot fou. A noter au passage l’utilisation de percussions métalliques qui évoquent très clairement la présence du robot. "Shooting Star Card" (dont les premières secondes évoquent très clairement du John Williams tendance Star Wars) se distingue un peu du lot en apportant un peu d’espoir avec une partie finale chorale grandiose, rappelant The Abyss d’Alan Silvestri (coïncidence, la musique d’Abyss a été utilisée dans le trailer du film), lorsque Danny fait son voeux en apercevant l’étoile filante. L’espoir se concrétise enfin dans "Brother to Brother", débouchant sur deux derniers morceaux d’action spectaculaires, "Danny Wins the Game" et son rappel triomphant du thème héroïque, puis le massif "Zathura Is a Black Hole", l’auditeur pouvant enfin respirer avec "Back Home" et le paisible "Home Again" pour le traditionnel happy-end très américain d’esprit du film.

Avec Zathura, John Debney sort l’artillerie lourde et ne fait incontestablement pas dans la dentelle, nous offrant un score d’action grandiose et massif sans être d’une folle originalité. Comme toujours chez Debney, on regrettera le manque de personnalité de sa musique, qui sent une fois de plus l’inspiration des sempiternels temp-tracks. Il n’est ainsi pas difficile de ressentir ici l’influence de John Williams, d’Alan Silvestri ou de Don Davis tout au long du score de Zathura. Néanmoins, le résultat est tellement spectaculaire et captivant dans le film que l’on ne peut qu’applaudir le nouvel effort d’un compositeur qui n’est jamais aussi bon que lorsqu’il décide de sortir de ses traditionnelles comédies familiales pour nous livrer une grosse partition d’action symphonique épique, à mi-chemin ici entre Cutthroat Island et My Favorite Martian. Dommage que le superbe thème principal n’ait pas été mieux exploité tout au long du film, une énorme occasion ratée de la part du compositeur qui aurait du nous offrir des développements thématiques épiques dignes de Cutthroat Island. A noter que, pour un film d’aventure familial aussi calibré, la musique s’avère être particulièrement sombre et massive, comme si le compositeur avait reçu le mot d’ordre de prendre le film très au sérieux. Ce n’est certainement pas nous qui allons nous en plaindre, le résultat étant, comme dit précédemment, particulièrement accrocheur tout en manquant une fois encore de personnalité, de fantaisie, d’originalité. Quoiqu’on en pense, Zathura s’avère quand même être un bien bel effort qui, sans renouveler le genre de la musique d’action hollywoodienne, confirme que les grandes pages symphoniques ont encore leur place dans les bobines hollywoodiennes.

Quentin Billard

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