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La Tête haute : la musique d’un espoir
La Tête haute (Eric Neveux) #Cannes2015

Benoit Basirico / Propos de Eric Neveux recueillis par Benoit Basirico - Publié le 15-05-2015
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[Cannes 2015 - En Ouverture] Pour la première fois, la cinéaste Emmanuelle Bercot convoque une musique originale dans un de ses drames en collaborant avec Eric Neveux. Dans ce film sur un adolescent tourmenté et violent en perte de repère, la musique instrumentale joue un rôle d’apaisement.

C’est alors que son film était fini qu’Emmanuelle Bercot a contacté Eric Neveux pour quatre moments clés de son film. Le compositeur raconte : “C'est un peu intimidant d'arriver sur un film complètement fini, en n'ayant pas fait partie du processus dés le début. J'ai commencé par refuser, puis ils m'ont convaincu. Il y avait une logique de travailler sur ces scènes qui correspondent au moment où Malony, l'adolescent, entre dans un centre social. On espère qu'il va sortir de la violence qui l'habite. Ce sont des moments presque contemplatifs, la musique contribue à marquer le fait qu'il y a un espoir de changement, que cet enfant n'est pas condamné à rester dans cette violence non canalisée. Ce sont des moments clés intenses, non dialoguées.” 

Ainsi, le compositeur a exclusivement fait la musique de ces quatre scènes bien déterminées. Car en effet, le film laisse surtout entendre des musiques préexistantes, comme l’affirme la cinéaste : “Je fais toujours un mélange de musiques. Bien avant de tourner le film, il était évident pour moi que je n'allais pas souligner le monde de la délinquance par le cliché du rap. J'ai préféré jouer l'opposition entre cet univers âpre et difficile et la musique classique, qui, elle aussi, prend en charge ce souffle lyrique que je souhaitais, et crée un contraste qui peut produire une émotion.” 

A côté des pièces classiques (Schubert, Bach, ou Arvo Part), la musique originale contribue à une forme de cohérence sonore, même si le compositeur assume sa part dans la création de cette BO : “J'ai essayé de construire une matière un peu abstraite, en utilisant un orchestre de 25 musiciens (enregistrés à Paris) que j'ai associé au mixage à des textures électroniques complémentaires.” On retrouve là le talent de bidouilleur de l’ancien musicien d’électronique, dont la principale qualité est de se maintenir dans un rapport discret au film. Il aurait été malvenu de prendre musicalement la vedette sur le déroulement naturaliste du récit. 

Benoit Basirico / Propos de Eric Neveux recueillis par Benoit Basirico - Publié le 15-05-2015

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