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Critiques BO

BO Culte - Films d'Animation #4 : BASIL DÉTECTIVE PRIVÉ (Henry Mancini, 1986), atmosphère sombre et ironique
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par Thibault Vicq - Publié le 13-06-2019
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Voici le 4e épisode de notre série consacrée aux B.O cultes du cinéma d'animation des années 80 à 2000, avec celle de BASIL DÉTECTIVE PRIVÉ (The Great Mouse Detective, 1985) de Ron Clements.

Avec BASIL, DÉTECTIVE PRIVÉ, Henry Mancini compose sa première BO pour un film d'animation, après plus de trente ans à officier à Hollywood, notamment sur le cinéma d'horreur (L'ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR, 1954), la comédie policière (LA PANTHÈRE ROSE, 1963, ainsi que ses suites), le western (TRAÎTRE SUR COMMANDE, 1970) et la comédie romantique (DIAMANTS SUR CANAPÉ, 1961, qui lui vaut un Oscar de la meilleure musique). Il opère ici une synthèse des différents styles sur lesquels il a travaillés en intégrant des chansons, des thèmes entraînants, des effets de timbres et des parties plus jazzy à son score. Le dessin animé est un film noir se déroulant à Londres, sous un brouillard épais, et mettant en scène le personnage fantasque de Basil. Sous le propos plutôt sombre (un enlèvement), le film et sa BO proposent de faire découvrir un univers parallèle de souris, vivant comme les humains en classes sociales distinctes, et dirigées par une reine.
 
Si la musique se permet de diversifier ses inspirations, c'est surtout du côté des compositeurs russes soviétiques de la première moitié du XXe siècle (Prokofiev, Chostakovitch) que Henry Mancini va piocher, à travers des rythmes saccadés, des marches presque militaires et une monumentalité dans les sonorités. Il s'autorise aussi des formes plus traditionnelles, comme une valse, qu'il va vicier en glissades de cordes. De nombreux solos de bassons dessinent clairement une atmosphère à la fois sombre et ironique, pour souligner la trame de l'enquête dirigée par Basil, personnage empli d'autodérision. Pour les scènes de chant (le méchant Ratigan et une revue de cabaret), Henry Mancini lorgne du côté de Gershwin, avec des clarinettes hospitalières. Le rôle central de la percussion n'est pas à minimiser, au même titre que le thème de Basil, réutilisé à chaque étape du récit. Ce score est un voyage musical qui cherche plutôt à instaurer des ambiances variées plutôt qu'à inscrire l'action dans une époque ou qu'à catégoriser le film dans des carcans.
 
Les variations sur le motif entêtant du détective sont comme issues des grandes années du cinéma hollywoodien que le compositeur a connues dans ses jeunes années. Une vision pleine d'espoir traverse le film, à l'image des productions américaines des années 80. La théâtralité joyeuse de Basil demeure par ailleurs une composante essentielle de la BO. La musique sait doser une humanité suffisante pour ne pas faire basculer l'ensemble du côté obscur. De rares nappes de synthétiseur ajoutent une touche de modernité et de mystère à ce mélange des genres, qui, dans un contexte de Guerre froide, réussit brillamment à renouveler l'exercice de style là où la menace n'est jamais celle que l'on croit.

Tous les épisodes : 

BO Culte - Films d'Animation #1 : LE ROI ET L'OISEAU (Wojciech Kilar, 1980), mélancolie et allégresse du conte 

BO Culte - Films d'Animation #2 : BRISBY ET LE SECRET DE NIMH (Jerry Goldsmith, 1982), épique et terrifiant

BO Culte - Films d'Animation #3 : TARAM ET LE CHAUDRON MAGIQUE (Elmer Bernstein, 1985), noirceur et frivolité ajoutés au romantisme des Ondes Martenot

BO Culte - Films d'Animation #4 : BASIL DÉTECTIVE PRIVÉ (Henry Mancini, 1986), atmosphère sombre et ironique

BO Culte - Films d'Animation #5 : MON VOISIN TOTORO (Joe Hisaishi, 1988), mélodies limpides et richesse instrumentale

BO Culte - Films d'Animation #6 : AKIRA (Shoji Yamashiro, 1988), entre expérimentation et tradition

BO Culte - Films d'Animation #7 : LE PETIT DINOSAURE ET LA VALLÉE DES MERVEILLES (The Land Before Time - James Horner, 1988), une aventure complète

BO Culte - Films d'Animation #8 : ALADDIN (Alan Menken, 1992), un véritable feu d’artifice

BO Culte - Films d'Animation #9 : LE ROI LION (Hans Zimmer, 1994), une flûte soliste pour le lionceau Simba

BO Culte - Films d'Animation #10 : L'ETRANGE NOËL DE MR. JACK (Danny Elfman, 1994), une comédie musicale inventive sur tous les registres

BO Culte - Films d'Animation #11 : GHOST IN THE SHELL (Kenji Kawaï , 1995), méditation synthétique et vocale

BO Culte - Films d'Animation #12 : CHICKEN RUN (Harry Gregson-Williams et John Powell, 2000), dynamisme, héroïsme et humour 

BO Culte - Films d'Animation #13 : LES INDESTRUCTIBLES (Michael Giacchino, 2004), la renaissance d'une aspiration contenue

BO Culte - Films d'Animation #14 : AZUR & ASMAR (Gabriel Yared, 2006), un enchantement entre deux cultures

BO Culte - Films d'Animation #15 : VALSE AVEC BACHIR (Max Richter, 2008), la force émotionnelle du souvenir

BO Culte - Films d'Animation #16 : CORALINE (Bruno Coulais, 2009), inventivité débordante pour le cauchemar d'une petite fille

par Thibault Vicq - Publié le 13-06-2019

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