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BO Culte - Films d'Animation #5 : MON VOISIN TOTORO (Joe Hisaishi, 1988), mélodies limpides et richesse instrumentale
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par Benoit Basirico - Publié le 15-06-2019
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Voici le 5e épisode de notre série consacrée aux B.O cultes du cinéma d'animation des années 80 à 2000, avec celle de MON VOISIN TOTORO (1988) de Hayao Miyazaki.

Au Japon, Joe Hisaishi retrouve son fidèle Hayao Miyazaki (après "Nausicaa de la vallée du vent" et "Le Château dans le Ciel") et met en place un style qui devient également l'identité forte des films du cinéaste. Son instrumentation hybride associe l'orchestre et l'électronique, mêlant la noblesse du premier à la trivialité du second. L'art de Hisaishi se situe dans un équilibre entre une veine naïve (celle de l'enfance) avec ses aspects ludiques et bucoliques (intégrant des sonorités insolites comme un xylophone et un tambour), et une dimension plus adulte avec une certaine gravité (menée par l'orchestre). 

Joe Hisaishi excelle dans l'invention de thèmes, qu'il associe aux personnages. Il parsème les films du cinéaste de ritournelles facilement mémorisables, qui deviennent comme des hymnes, conférant aux oeuvres leur caractère intemporel, accentué par la présence d'une chanson-titre pop déclinée du thème principal, sautillant et insouciant. Un autre thème plus nostalgique au violoncelle souligne l'amitié entre les deux fillettes et le gros Totoro, le thème de la forêt (l'autre personnage est la nature) apparaît de manière plus mélancolique, ou encore un thème pour l'affection des deux jeunes filles pour leur mère malade. Ces mélodies sont à la fois simples et épurées, tout en embrassant la diversité des émotions (la peur, le courage, le réconfort, l’espoir…), alternant entre fraîcheur, tendresse, poésie et jovialité.

La retenue musicale n'empêche pas la richesse instrumentale. Joe Hisaishi s'amuse à passer d'un instrument à l'autre avec une fluidité étonnante (pizz sautillants, vents légers, trompette en sourdine amusante, etc.). Cette souplesse ludique le rapproche d'un certain John Williams. Ce foisonnement, canalisé par un fil conducteur mélodique, suite toujours la linéarité du récit. L'aspect narratif de la musique est toujours limpide, et prolonge la gaieté paisible de l'histoire. Une ambiance de bonne humeur se dégage de cette insouciance enfantine, d'autant que la musique contribue à l'identification en caractérisant les personnages. La légèreté rend compte de la gentillesse du monstre Totoro dont le thème est amusant pour écarter toute peur du danger. Cette bienveillance à l'égard des enfants, des bêtes et de la nature s'incarne parfaitement dans l'élaboration musicale du tandem Miyazaki/Hisaishi. 

Par la suite, le duo developpera de plus en plus l'ampleur orchestrale, avec le même attachement thématique, sur l'épique, guerrier et moyenâgeux PRINCESSE MONONOKE ou l'onirique et terrifiant VOYAGE DE CHIHIRO, deux autres chef d'oeuvres.

Tous les épisodes : 

BO Culte - Films d'Animation #1 : LE ROI ET L'OISEAU (Wojciech Kilar, 1980), mélancolie et allégresse du conte 

BO Culte - Films d'Animation #2 : BRISBY ET LE SECRET DE NIMH (Jerry Goldsmith, 1982), épique et terrifiant

BO Culte - Films d'Animation #3 : TARAM ET LE CHAUDRON MAGIQUE (Elmer Bernstein, 1985), noirceur et frivolité ajoutés au romantisme des Ondes Martenot

BO Culte - Films d'Animation #4 : BASIL DÉTECTIVE PRIVÉ (Henry Mancini, 1986), atmosphère sombre et ironique

BO Culte - Films d'Animation #5 : MON VOISIN TOTORO (Joe Hisaishi, 1988), mélodies limpides et richesse instrumentale

BO Culte - Films d'Animation #6 : AKIRA (Shoji Yamashiro, 1988), entre expérimentation et tradition

BO Culte - Films d'Animation #7 : LE PETIT DINOSAURE ET LA VALLÉE DES MERVEILLES (The Land Before Time - James Horner, 1988), une aventure complète

BO Culte - Films d'Animation #8 : ALADDIN (Alan Menken, 1992), un véritable feu d’artifice

BO Culte - Films d'Animation #9 : LE ROI LION (Hans Zimmer, 1994), une flûte soliste pour le lionceau Simba

BO Culte - Films d'Animation #10 : L'ETRANGE NOËL DE MR. JACK (Danny Elfman, 1994), une comédie musicale inventive sur tous les registres

BO Culte - Films d'Animation #11 : GHOST IN THE SHELL (Kenji Kawaï , 1995), méditation synthétique et vocale

BO Culte - Films d'Animation #12 : CHICKEN RUN (Harry Gregson-Williams et John Powell, 2000), dynamisme, héroïsme et humour 

BO Culte - Films d'Animation #13 : LES INDESTRUCTIBLES (Michael Giacchino, 2004), la renaissance d'une aspiration contenue

BO Culte - Films d'Animation #14 : AZUR & ASMAR (Gabriel Yared, 2006), un enchantement entre deux cultures

BO Culte - Films d'Animation #15 : VALSE AVEC BACHIR (Max Richter, 2008), la force émotionnelle du souvenir

BO Culte - Films d'Animation #16 : CORALINE (Bruno Coulais, 2009), inventivité débordante pour le cauchemar d'une petite fille

par Benoit Basirico - Publié le 15-06-2019

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