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MON VOISIN TOTORO (Joe Hisaishi, 1988), mélodies limpides et richesse instrumentale
#MonVoisinTotoro #JoeHisaishi

par Benoit Basirico - Publié le 15-06-2019
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B.O culte du cinéma d'animation: MON VOISIN TOTORO (1988) de Hayao Miyazaki.



Cet article figure dans ces dossiers :  

• Liste B.O : Focus sur 16 musiques conçues pour des films d'animation cultes

 



Au Japon, Joe Hisaishi retrouve son fidèle Hayao Miyazaki (après "Nausicaa de la vallée du vent" et "Le Château dans le Ciel") et met en place un style qui devient également l'identité forte des films du cinéaste. Son instrumentation hybride associe l'orchestre et l'électronique, mêlant la noblesse du premier à la trivialité du second. L'art de Hisaishi se situe dans un équilibre entre une veine naïve (celle de l'enfance) avec ses aspects ludiques et bucoliques (intégrant des sonorités insolites comme un xylophone et un tambour), et une dimension plus adulte avec une certaine gravité (menée par l'orchestre). 

Joe Hisaishi excelle dans l'invention de thèmes, qu'il associe aux personnages. Il parsème les films du cinéaste de ritournelles facilement mémorisables, qui deviennent comme des hymnes, conférant aux oeuvres leur caractère intemporel, accentué par la présence d'une chanson-titre pop déclinée du thème principal, sautillant et insouciant. Un autre thème plus nostalgique au violoncelle souligne l'amitié entre les deux fillettes et le gros Totoro, le thème de la forêt (l'autre personnage est la nature) apparaît de manière plus mélancolique, ou encore un thème pour l'affection des deux jeunes filles pour leur mère malade. Ces mélodies sont à la fois simples et épurées, tout en embrassant la diversité des émotions (la peur, le courage, le réconfort, l’espoir…), alternant entre fraîcheur, tendresse, poésie et jovialité.

La retenue musicale n'empêche pas la richesse instrumentale. Joe Hisaishi s'amuse à passer d'un instrument à l'autre avec une fluidité étonnante (pizz sautillants, vents légers, trompette en sourdine amusante, etc.). Cette souplesse ludique le rapproche d'un certain John Williams. Ce foisonnement, canalisé par un fil conducteur mélodique, suite toujours la linéarité du récit. L'aspect narratif de la musique est toujours limpide, et prolonge la gaieté paisible de l'histoire. Une ambiance de bonne humeur se dégage de cette insouciance enfantine, d'autant que la musique contribue à l'identification en caractérisant les personnages. La légèreté rend compte de la gentillesse du monstre Totoro dont le thème est amusant pour écarter toute peur du danger. Cette bienveillance à l'égard des enfants, des bêtes et de la nature s'incarne parfaitement dans l'élaboration musicale du tandem Miyazaki/Hisaishi. 

Par la suite, le duo developpera de plus en plus l'ampleur orchestrale, avec le même attachement thématique, sur l'épique, guerrier et moyenâgeux PRINCESSE MONONOKE ou l'onirique et terrifiant VOYAGE DE CHIHIRO, deux autres chef d'oeuvres.




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par Benoit Basirico - Publié le 15-06-2019

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