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Question B.O : musique originale ou préexistante ?

- Publié le 22-09-2019
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La musique originale (celle écrite spécifiquement pour le film par un compositeur) et la musique préexistante (qui a une existence préalable au film, dans un tout autre contexte) ont souvent chacune leur spécificité (la fusion de l'une avec les images, la notoriété de l'autre), mais parfois elles peuvent se confondre, semant le doute chez l'auditeur-spectateur.

• Avec en écoute notre podcast associé, et des citations de l'ouvrage de Benoit Basirico qui a consacré un chapitre à cette question  (La musique de film, compositeurs et réalisateurs au travail). 

"Les emprunts n’excluent pas l’appel à un compositeur : musique préexistante et dédiée, chacune dotée de spécificités et de fonctions propres au sein d’un même film, peuvent s’y côtoyer. La première instaure une pause dans le déroulement de l’action d’autant plus explicite que sa notoriété est grande, tandis que la seconde, plus suggestive, nourrit le récit. Par exemple, pendant que l’une illustre le contexte historique ou culturel (la musique écoutée par les personnages), l’autre s’intéresse à leur intériorité (...) Une musique existante peut jouer son rôle de repère et d’identification, mais peut aussi remplir le même rôle qu’une musique originale si elle n’est pas trop connotée...".

Exemples entendus dans le podcast

Quentin Tarantino pioche dans le répertoire de la musique de film (souvent Ennio Morricone), des morceaux déja cinématographiques et chargés d'émotion, comme Maurice Jarre entendu à la fin de "Once Upon A Time... In Hollywood".

Dans "Une Fille facile", Rebecca Zlotowski intègre un titre préexistant de Schubert, sous une interprétation moderne, et l'utilise à plusieurs reprises comme un thème, lui attribuant la même vertu narrative qu'une musique originale. 

"Sur L’Exorciste (de William Friedkin, 1973), on se souvient davantage du thème “Tubular Bells", extrait du premier album de Mike Oldfield (enregistré en 1972), que de la musique originale de Jack Nitzsche."

"La première valse ("Valzer brillante") dans "Le Guépard" (de Luchino Visconti, 1963) est une musique de Verdi arrangée par Nino Rota." Tandis que la seconde est une musique originale de Rota, inspiré des valses du 19e. 

"Un compositeur est parfois invité afin d’assurer la continuité, suite à l’emploi de certaines de ses anciennes oeuvres. Les musiques préexistantes se marient aux originaux du même artiste afin de maintenir une certaine cohérence de style." Ainsi, un thème que l'on croyait original s'avère provenir de l'oeuvre antérieure du compositeur : "Les Égarés" (Philippe Sarde), "Le Professionnel" (Morricone), "Borsalino" (Claude Bolling), "In the Mood for Love" (Shigeru Umebayashi), ou encore "Le Parrain" (Nino Rota) repris d'un thème de Rota pour "Melodia per fortunella" (1958). 

"Des arrangements et interprétations spécifiques peuvent permettre d’harmoniser les musiques existantes et l’univers du film, par adaptation au rythme ou au climat d’une scène."

"Pour Kubrick, Wendy Carlos modernise des titres classiques de Rossini (“La Pie voleuse”, “Guillaume Tell”) dans Orange mécanique (1971)." On retrouve une variation de “Guillaume Tell” également dans une partition de Hans Zimmer (Lone Ranger)

Recemment une chanson cloture le nouveau film de Cédric Klapisch, "Deux moi", en apparence préexistante, il s'agit en fait d'une composition originale de Kraked Unit, sur des paroles du cinéaste lui-même. 

 

- Publié le 22-09-2019

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