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Graffiti Party  (1978)

Big Wednesday

Film Score Monthly (juin 2004) - 1:18:32 | Réédition



Big Wednesday représente la toute première collaboration de Basil Poledouris à un long-métrage de John Milius en 1978. Ce film allait marquer le début d’une grande collaboration qui serait suivi par la suite de quelques-uns des plus grands chef-d’oeuvres du compositeur tels que Conan the Barbarian (1982)

[© Texte : Cinezik] •

Graffiti Party

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. The South Swell (Passing of the Years I) / Main Title / Three Friends Theme (4:12)
2. Matt surfs / Kaliponi Slack Key / Bear's Shack (4:19)
3. Bear's Story (2:06)
4. La Golondrina (1:00)
5. Passing of the Years II (1:01)
6. You oughta know what I mean, Bear (1:17)
7. Bear's Wedding (3:03)
8. Crumple Car - performed by Denny Aaberg (1:01)
9. Preparation March (1:37)
10. Jack surfs alone (2:40)
11. Aloha, Jack (2:52)
12. Passing of the Years III (1:41)
13. Summerset (1:07)
14. Liquid Dreams (2:20)
15. Jack's back (3:28)
16. Jack's back Part 2 (0:46)
17. Cemetery (3:53)
18. Passing of the Years IV (1:21)
19. Bear's Wharf (1:41)
20. Matt Morning and Ominosity (2:18)
21. The Challenge / Big Wednesday Montage (5:40)
22. Matt's Rite of Passage (2:27)
23. Passing of the Mantle / Song of Three Friends (Only Good Times) (5:16)

Titres Bonus :

24. Big Wednesday Montage (alternate) (3:15)
25. Three Friends Theme (instrumental) (2:00)
26. Mexican Montage (2:18)
27. Green Onions (2:40) - Cover version by Basil Poledouris
28. Crumple Car (extended version) - performed by Denny Aaberg (1:59)
29. Drums Montage (1:12)
30. Cosmic Indifference (1:42)
31. Cemetery (film version) (3:38)
32. The Challenge (alternate) (1:43)
33. Trailer (Big Waves) (0:59)

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Big Wednesday (Graffiti Party) est un petit bijou de la comédie dramatique de la fin des années 70. Réalisé par John Milius trois ans après son épique The Wind & The Lion, Big Wednesday évoque le destin de trois jeunes californiens passionnés de surf dans l’Amérique des années 60. Mais les années passent et la jeunesse insouciante laisse désormais place au monde adulte et aux responsabilités. Vient alors le temps des convocations pour effectuer leur service au Viêt-Nam. Les trois amis sont alors séparés, chacun vivant sa vie de son côté, jusqu’à ce que le destin les réunisse à nouveau quelques années plus tard. C’est l’occasion pour les trois compères de se remémorer les meilleurs moments de leur jeunesse, avec toujours une passion restée intacte pour le surf, une sorte de code d’honneur entre eux.

Big Wednesday est assurément un film à part dans la filmographie de John Milius, évoquant la jeunesse californienne des sixties et la passion pour le surf, passion que partage d’ailleurs le réalisateur puisqu’il fut très marqué au cours de sa jeunesse par l’atmosphère des villes californiennes des années 60. Big Wednesday possède donc un côté vaguement autobiographique qui paraît ici plus qu’évident, tant le réalisateur parvient à insuffler à son film un certain parfum d’authenticité et de réalisme. On adhère totalement à cette très belle histoire d’amitié virile sur fond de surf, du printemps 1962 jusqu’au 27 août 1975 (le film réussit quand même à être très précis sur ses dates !). A ce sujet, ce sont les séquences de surf qui ont rendu le film assez populaire auprès de toute une génération de jeunes – un peu comme le fera plus tard ‘Point Break’ à la fin des années 80. Milius parvient à donner un ton nostalgique et poignant à son récit, une sorte de quête initiatique sur le passage à l’âge adulte et le besoin de ne jamais oublier les moments forts et heureux du passé. Ici, pas de violence militariste ou d’échanges verbaux typiques des autres films de John Milius, juste une histoire simple et émouvant sur le surf, l’amitié et la vie.

Big Wednesday représente la toute première collaboration de Basil Poledouris à un long-métrage de John Milius en 1978. Ce film allait marquer le début d’une grande collaboration qui serait suivi par la suite de quelques-uns des plus grands chef-d’oeuvres du compositeur tels que Conan the Barbarian (1982), Red Dawn (1984) ou bien encore Farewell to the King (1989). Dès 1978, Poledouris affirmait déjà son traditionnel style orchestral empreint d’un classicisme raffiné hérité des grands maîtres de l’âge d’or hollywoodien. A noter comme toujours chez Poledouris un très grand soin accordé aux orchestrations, la musique de Poledouris sonnant déjà très personnelle même à ses débuts. Avec le ‘Main Title’, le compositeur dévoile son thème principal, une mélodie nostalgique, puissante et ascendante jouée par un orchestre ample, et qui évoque toute l’émotion de cette histoire d’amitié et de passion pour le surf sur fond d’années 60. A noter que le thème principal est précédé d’une brève apparition de la très belle mélodie qui sera associé par la suite aux trois amis. Le morceau se conclut sur le très beau 'Three Friends Theme' joué par une guitare intime avec cordes plus typique de la facette nostalgique et émotionnelle de la musique de Big Wednesday. Avec ‘Matt Surfs/Kaliponi Slack Key/Bear’s Shack’, Poledouris accompagne la première scène de surf avec un orchestre ample et majestueux toujours dominé par les cuivres sur fond de percussions (batterie/timbales essentiellement), tandis que la guitare revient sous la forme d’une ballade entraînante évoquant les jours heureux pour les trois amis, bien occupés entre le surf, la plage et les filles, et typique de ce style d’ambiance ‘jeunes californiens des années 60’, sans jamais tomber dans le kitsch ou la niaiserie.

‘Bear’s Wedding’ accompagne la scène du mariage de l’Ours avec une certaine émotion et une retenue touchante. La guitare refait ici son apparition pour un très beau solo plein de nostalgie, la musique étant associée ici à l’idée du souvenir, de l’introspection. Les cordes viennent ensuite soutenir avec beaucoup de délicatesse la guitare dans un passage plus romantique, très éloigné des traditionnelles musiques éclatantes des musiques de mariage. Le thème principal est entendu brièvement vers la fin du morceau en guise de rappel thématique pour cette scène qui évoque le temps qui passe et le début des responsabilités d’adulte pour les trois copains. ‘Preparation March’ est quand à lui un peu à part dans l’ensemble du score puisqu’il se compose essentiellement d’un rythme de caisse claire purement martiale durant la scène e l’appel pour les départs au Viêt-Nam. En revanche, ‘Jack Surfs Alone’ nous permet de revenir très vite dans le style plus orchestral, intime et retenu du score de Poledouris avec une très belle partie de cordes/vents alors que Jack fait du surf seul, sans ses deux amis. A noter ici l’apparition d’un magnifique thème ample, majestueux et dramatique qui accompagne cette scène avec une certaine émotion typique de Basil Poledouris. Le magnifique thème des trois amis revient dans l’émouvant ‘Summerset’ avec toujours ce côté nostalgique et émouvant tout à fait représentatif de la musique de Big Wednesday, Poledouris privilégiant toujours des orchestrations assez amples avec cordes, cuivres et quelques percussions. ‘Jack’s Back’ nous permet de réentendre le thème déjà entendu dans ‘Aloha, Jack’ et qui possède lui aussi ce côté nostalgique et rêveur (il s’agit en fait d’un dérivé du ‘Three Friends Theme’ que l’on entendra vers la fin du film et de l’album), suivi d’une très belle reprise de l’émouvant thème des amis aux violoncelles pour les retrouvailles entre les trois amis lorsque Jack revient du Viêt-Nam. Le morceau se conclut de façon plus optimiste et enjouée avec un retour du thème principal, les trois amis faisant à nouveau du surf ensemble, idée que Poledouris développe surtout dans le superbe ‘Jack’s Back, Part 2’ où le thème culmine dans une formule rythmique entraînante typique de Poledouris. ‘Cemetery’ reprend alors ce thème dans une variante mélancolique et absolument poignante alors que les trois amis se rendent sur la tombe de l’un de leurs anciens compagnons et se remémorent ensemble les souvenirs de leur jeunesse. Le morceau se termine sur une magnifique reprise du 'Three Friends Theme' aux cordes. C’est dans ces moments là où la musique de Poledouris brille particulièrement dans le film, lorsque le compositeur laisse parler sa sensibilité et son goût pour les ambiances intimes, nostalgiques et rêveuses.

Avec ‘The Challenge/Big Wednesday Montage’, grand climax quasi anthologique de la partition de Big Wednesday, Poledouris accompagne l’ultime scène de surf lors du Big Wednesday final, avec des vagues de près de 7 mètres de hauteur. Le morceau commence sur le 'Three Friends Theme' et s'enchaîne sur l'autre grand thème des trois amis qui revient ici dans une puissante version héroïque avec percussions et cuivres, suivi d’une excellente fanfare triomphante et quasi martiale lorsque Matt entame son ultime partie de surf sur des vagues gigantesques. La musique accompagne ici avec force l’ultime grand exploit du surfeur, qui donne enfin l’occasion de prouver à tous qu’il est toujours le maître du surf sur les plages californiennes. Les amateurs du grand Basil Poledouris épique et héroïque vont pouvoir se régaler avec ce superbe ‘Big Wednesday Montage’ et sa fanfare glorieuse, qui se conclut sur un ‘Matt’s Rite of Passage’ héroïque à souhait, parfait pour conclure ce grand moment de bravoure en beauté. Finalement, l’histoire se termine avec ‘Passing of the Mantle/Song of Three Friends (Only Good Times)’ qui possède une émotion toute particulière, un mélange entre de l’espoir, de la tristesse et de la nostalgie. Le thème des trois amis revient lors de la conclusion d’abord joué par quelques vents (basson, hautbois, etc.) puis par les cordes avant de laisser la place à ‘Song of Three Friends’, basé sur le très beau ‘Three Friends Theme’ que l’on entend tout au long du score, et que l’on retrouve dans une très belle version guitare à la piste 25, et qui évoque clairement l’idée du souvenir nostalgique de cette grande amitié qui unit les trois amis durant une bonne partie de leur vie, idéal pour conclure le film en beauté.

Big Wednesday est la première partition majeure de Basil Poledouris, un fait plutôt remarquable lorsque l’on sait que le compositeur était encore un débutant dans la musique de film hollywoodienne, alors qu’il n’avait pas encore vraiment composé de musique pour un film aussi sérieux et ambitieux, et surtout, qu'il n'avait jamais eu l'occasion encore d'écrire pour un aussi gros orchestre symphonique. Poledouris apporte à cette histoire vibrante toute sa sensibilité, sa fraîcheur d’écriture et son talent pour des mélodies simples, élégantes et mémorables, évoquant le temps qui passe, le souvenir d'une amitié éternelle... Il faut croire que le très beau film de John Milius l’aura particulièrement inspiré au point que le compositeur nous livre une partition symphonique qui, malgré son âge, n’a pas pris une ride et qui continue aujourd’hui encore de nous émouvoir par sa fraîcheur émotionnelle, son élégance, ses orchestrations à la fois intimes, amples et raffinées, et bien sûr, ses nombreux thèmes de qualité, une constante chez Poledouris (voir aussi son score pour la mini série Lonesome Dove). Voilà en tout cas la première partition majeure du grand Basil Poledouris à savourer avec cette édition complète chez FSM !

Quentin Billard

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