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Mensonges d'état (Body of Lies)   (2008)

• Ridley Scott • • En salle le 05-11-2008

• Musique composée par Marc Streitenfeld

On retrouve ici Marc Streitenfeld, qui avait déjà signé la musique des deux précédents films de Ridley Scott, A Good Year et American Gangster. Streitenfeld a écrit pour Body of Lies une musique atmosphérique aux couleurs arabisantes, qui nous permet de plonger plus intensément dans les décors jordaniens du film.

[© Texte : Cinezik] •

Sortie de la BO

Varese Sarabande (14 octobre 2008) - 0:45:07

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. White Whale (2:14)
2. Punishment (1:36)
3. To Amman (2:42)
4. Aisha (2:11)
5. All by Himself (1:32)
6. Burning Safehouse (1:46)
7. Al-Saleem (2:05)
8. Manchester Raid (2:40)
9. Chased (1:35)
10. NSA Speech (2:46)
11. Tortured (2:13)
12. Dead Sea (1:16)
13. No Touch (1:21)
14. I Am Out (2:37)
15. Rabid Dogs (2:49)
16. Lost Vision (2:00)
17. Never Lie To Me (1:14)
18. I Shutter to Think (2:27)
19. Half Steps (1:28)
20. Making the Call (1:11)
21. My Fault (1:53)
22. Betrayal (3:31)

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Autour de cette BO

Le Film

Réalisé par Ridley Scott

Sortie en salle : 05-11-2008 (France) -

Avec Leonardo DiCaprio, Russell Crowe, Carice Van Houten
Film américain.
Genre : Thriller, Espionnage
Distribué par Warner Bros. France

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Nos articles sur cette BO

Dès les débuts de sa partition, Streitenfeld pose le ton : « White Whale » utilise quelques cordes avec des synthétiseurs discrets, des guitares incluant un oud (guitare traditionnelle des pays arabes), des percussions orientales diverses ainsi qu'une voix arabisante qui évoque certains chants religieux musulmans. « White Whale » possède un côté mystérieux et sombre idéal pour introduire le film de façon énigmatique (ambiance qui sera reprise dans « Al-Saleem »). Puis, les morceaux s'enchaînent rapidement dans le film, la plupart ne dépassant que très rarement les 2 minutes. Des pièces comme « Punishment » ou « To Amman » apportent leur lot de sonorités arabisantes - incluant pour « To Amman » une flûte exotique du plus bel effet. A noter l'utilisation plus intime de l'oud dans « Aisha » pour la scène où Ferris fait la connaissance de la belle Aisha à l'hôpital d'Amman, l'un des rares morceaux plus doux et intimes du score, mais qui conserve là aussi une certaine retenue, une tension sous-jacente. Ferris sait qu'il risque beaucoup à côtoyer une jordanienne en plein milieu de la ville, mais il décide néanmoins d'assumer sa relation avec la jeune femme.

« All By Himself » met en avant une écriture de cordes plus soutenue avec quelques darboukas et l'oud en dévoilant un thème plus sombre et vaguement mélancolique, thème repris dans « Burning Safehouse » où s'ajoute un rebab (sorte de violon traditionnel du monde arabe) et quelques sonorités plus sombres. Le morceau évoque la lutte contre le terrorisme, avec une tension constante qui traverse l'ensemble de la partition de « Body of Lies ». A noter un travail de percussions plus soutenu dans « Manchester Raid » où se dévoile le thème principal du score, un motif de 6 notes ascendantes puis descendantes, et qui sera associé au personnage de DiCaprio tout au long du film. L'instrumentation orientale devient ici plus intense, mélangeant cithare, flûte, darboukas et oud avec les cordes. Idem pour le sombre « Chased » accompagnant une séquence de poursuite vers le milieu du film. Le problème du score de Marc Streitenfeld, c'est que les morceaux se suivent et se ressemblent tous, n'apportant rien de particulier à la musique dans le film - que l'on peine à remarquer au-delà des images, tant elle paraît ultra fonctionnelle et sans grande saveur. « NSA Speech » reprend exactement les mêmes éléments que les morceaux précédents, mais sans apporter une once de développement ou de nouveautés, si bien qu'on finit par s'ennuyer un peu à la longue, et ce même si le score contient quelques bonnes idées.

Le thème revient dans le sombre « NSA Speech », évoquant les dangers de la mission de Ferris sur le terrain, tandis qu'un morceau comme « Tortured » fait la part belle au rebab dans une ambiance proche d'une lamentation quasi funèbre. Ensuite, c'est l'oud qui domine dans le très intime « Dead Sea ». La tension monte alors d'un cran dans « I Am Out », lorsque Ferris comprend qu'il a été manipulé et qu'il souhaite annuler toute l'opération. Les sonorités orientales sont toujours omniprésentes, afin de mieux renforcer à l'écran le sentiment d'immersion dans une culture étrangère. « I Am Out » s'impose par son rythme de darboukas dansant, son oud mélodique et ses cordes qui développent encore une fois le thème principal de Ferris, avec un rythme de plus en plus pressant et tendu. L'action devient plus intense avec l'agressif « Rabid Dogs » et « Lost Vision », lorsque Ferris s'est fait capturer par les terroristes d'Al-Saleem tandis que la CIA continue de suivre sa position, mais en vain. Les derniers morceaux du score se veulent plus doux et retenus, comme « Half Steps » et sa mélodie entêtante de guitare ambiguë ou « Making The Call » avec ses synthétiseurs mystérieux et inquiétants. Enfin, « Betrayal » reprend l'ambiance de « White Whale » avec ses sonorités arabisantes et son atmosphère mystérieuse et envoûtante.

Marc Streitenfeld a donc opté totalement ici pour la musique du monde arabe en délaissant l'approche orchestrale traditionnelle. On retrouve néanmoins ici quelques cordes et cuivres pour les passages plus sombres et agités, mais ce sont bel et bien les instruments orientaux qui dominent ici, avec de très belles parties d'oud, de darboukas, de rebab ou de chant arabe. Pour un score hollywoodien de cette envergure, une telle approche peut paraître osée mais elle réussit parfaitement au film de Ridley Scott. Seule ombre au tableau : on ne retient finalement pas grand-chose de la partition de « Body of Lies », qui demeure indiscutablement fonctionnelle de bout en bout et sans grande saveur. Le caractère atmosphérique de la musique rend l'écoute dans le film et sur l'album quelque peu insipide et ennuyeuse. Force est de constater que depuis que Ridley Scott ne travaille plus avec Hans Zimmer, la qualité de ses musiques a été sérieusement revue à la baisse. A quand le retour de Hans Zimmer sur un film de Ridley Scott ?

Quentin Billard

Marc Streitenfeld


Marc Streitenfeld a signé la musique d'autres films de Ridley Scott : American Gangster (2007) • Robin des Bois (2010) • Prometheus (2012) •

Marc Streitenfeld a également écrit la musique de : Six Minutes to Midnight (2021) • Welcome to the Rileys (2010) • Le Territoire des Loups (2012) • Cogan, la mort en douce (2012) • Things People do (2015) • Poltergeist (2015) • Je ne vois que toi (2018) • Raised by Wolves (2020) •

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