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The Good German  (2007)

Varèse Sarabande (12 février 2007) - 0:44:44 | Original Score [musique originale]



Thomas Newman retrouve Steven Soderbergh après Erin Brokovitch (2000) pour ce thriller historique filmé en noir & blanc avec Cate Blanchett, George Clooney et Tobey Maguire. Selon le label, une musique héritée du film noir, véritable hommage du compositeur à son père Alfred Newman, leader du Golden Age américain. Egalement l'un des prétendants aux Oscar 2007 (nominé comme meilleure musique).

[© Texte : Cinezik] •

The Good German

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Unrecht Oder Recht (Main Title) (2:25)
2. River Havel (1:06)
3. Countess Roundheels (1:21)
4. Such A Boy (1:34)
5. Kraut Brain Trust (1:04)
6. The Russian Deals (1:11)
7. A Good Dose (1:11)
8. Muller�s Billet (0:48)
9. Wittenbergplatz (0:45)
10. Trip Ticket (1:41)
11. Safe House (0:57)
12. A Nazi And A Jew (1:50)
13. Dora (2:49)
14. Kurfurstendamm (0:43)
15. The Big Three (1:24)
16. A Persilschein (1:35)
17. Stickball (0:27)
18. Golem (1:09)
19. Atom Bomb (1:30)
20. The Good German (2:09)
21. Hannelore (1:00)
22. Occupation Marks (1:19)
23. U-Bahn (1:35)
24. The Brandenburg Gate (1:25)
25. Skinny Lena (1:44)
26. Rockets For Our Side (1:49)
27. Always Something Worse (2:05)
28. Godless People (End Title) (2:44)
29. Jedem Das Seine (2:49)

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Thomas Newman frappe fort dès les premières secondes avec une ouverture dramatique et grandiose ("Main Title"), avec cuivres au premier plan et un thème flamboyant, qui fait explicitement référence aux films noirs des années 40, avec un côté grand spectacle ("mesdames et messieurs, vous allez en avoir pour votre argent"), pour se finir sur une touche romantique d'un vrai classissime.

Newman se fait plus sombre et introspectif par la suite, avec des morceaux d'ambiance censés faire illusion du film d'époque dans le métrage de Soderbergh, tourné en noir & blanc. On est en tout cas bien loin des mélodies aériennes au piano ou des pizzicato de cordes du Thomas Newman abonné aux comédies dramatiques : le compositeur abandonne ici presque totalement la personnalité qu'on lui connaissait pour se fondre dans le Golden Age américain de son père Alfred Newman, mais aussi Bernard Herrmann, et autres Miklos Rosza.

Si le travail de reconstitution d'un bon vieux score des années 40 fonctionne à merveille, on reste plus réservé quant à l'inspiration de l'ensemble et aux idées thématiques du compositeur, qui compose du "vieux son" au kilomètre sans pour autant lui donner de substance, sauf à quelques rares occasion. Dans "A Good Dose" cependant, Thomas Newman nous délivre un beau thème romantique modal (qui rappelle la "blue note" d'Alfred Newman), qui permet à Thomas de retrouver furtivement son style reconnaissable tout en se fondant à merveille au reste du score : c'est l'exemple le plus réussi de cette tentative de créer une partition à la fois ancienne, référencielle, mais aussi personnelle et actuelle. Dommage cependant que ce soit l'un des seuls morceaux à y parvenir, la plupart des autres pistes du CD ne dépassant que rarement le statut d'ersatz d'à peut près n'importe quelle partition de film noir des années 40 comme une sorte de papier peint.

Par la suite, "Trip Ticket" donne l'occasion au compositeur de retrouver une verve un peu plus atmosphérique, tandis qu'au contraire "Safe House" fait sonner les cuivres comme Herrmann sur un Hitckcock : étonnant ! Dans "Dora", il écrit un passage d'action tonitruand (bien que très bref là aussi) dans le plus pur style hollywoodien des années 40, avec des percussions superbement mixées à l'orchestre (très beau travail de mixage, au passage). Sans aucun doute, Thomas Newman s'amuse, et nous aussi, mais encore une fois, cette partition purement ludique ne semble pas avoir d'autre ambition qu'illustrer le film au premier degré, sans réel apport thématique ni dramatique, hormis pour les générique de début et de fin. Finalement la thématique du score se résume à deux thèmes : le thème d'ouverture et le thème romantique un peu blues (repris au violon solo dans le très beau "The Good German"), ce qui semble bien peu comparé à la multitude de motifs écrits à leur époque par Alfred Newman ou Bernard Herrmann dans certaines de leurs partitions pour le cinéma.

Après écoute du CD, on ne retient pas grand chose de la musique, si ce n'est un simple hommage d'un fils compositeur de musique de film à son père compositeur compositeur de musique de film. Après tout, c'est déjà pas mal, et surtout l'ensemble a le mérite de trancher avec le "son hollywoodien" actuel qui tend de plus en plus vers le fade le plus total. En ce sens, le score se démarque nettement de ses concurrents pour les Oscar, ce qui lui donne un bel avantage. Donc certes, Thomas Newman n'a pas eu beaucoup d'idées pour ce Good German mais sa musique a une saveur qu'on n'avait pas entendue depuis des années, et rien que pour ça, on ne peut que le remercier en écoutant cette musique pour le simple plaisir des oreilles.

Sylvain Rivaud

Pour information, le compositeur de Steven Soderbergh sur OCEAN'S ELEVEN et OCEAN'S TWELVE, David Holmes, avait initialement composé et enregistré un score pour THE GOOD GERMAN qui a été rejeté. Thomas Newman l'a donc remplacé en post-production.

Pour ceux qui ne le savent pas, Thomas Newman est bel et bien le fils de Alfred Newman, compositeur du Golden Age qu'il est difficile de ne pas connaître. Pour les besoins du nouveau film de Steven Soderbergh, Newman abandonne son style particulier pour composer un score très influencé par deux grands hommes : son propre père ainsi que Bernard Herrmann.

Après le rejet du score de David Holmes, Soderbergh est allé chercher son collaborateur de Erin Brockovich pour écrire la musique d'un film en noir & blanc, hommage éclatant au cinéma des années 40. Dès les premiers instants, Newman plante le décor : sur un vieux logo Warner, des cuivres retentissent, marquant le début d'un long flash-back musical.
On reconnaît sans hésiter dans le score l'inspiration de son père, grandes explosions cuivrées et cordes tenues. Doucement, on commence à retirer deux ou trois thèmes, dont le plus marquant reste celui du personnage de Cate Blanchett ("A Good Dose") qui oppose un violon solo et des cordes, qui se répondent avec un lyrisme assez saisissant.

Là où Newman est brillant, c'est qu'il arrive à faire de sa musique un hommage moderne, où son style mordant à d'ailleurs sa place, sans tomber dans le cliché pur et simple, voire le ridicule. Comme la mise en scène de Soderbergh, et au risque de choquer, la musique de Newman offre une véritable réactulisation de certains codes : cuivres modernes ("Safe House"), distorsions par le biais de l'électronique ("A Nazi and a Jew"), etc.
Même dans son générique de fin ("Godless People"), Newman reste étonnamment sobre, à la limite de l'adagio. Très lyrique, le score tourne autour de trois thèmes principaux, un premier très militaire (associé au personnage de Tobey Maguire), un second très Golden Age (vu dans l'ouverture) et un troisième romantique (associé au personnage de Cate Blanchett puis, par analogie, à George Clooney).

Malgré tout, on reconnaît (le violon solo, certains passages au hautbois) clairement le style de Newman qui s'offre là un de ses plus beaux scores, fin, adroit, évitant le cliché tout en restant totalement collé à l'image. Que demander de plus ?

Anthony Jauneaud

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