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Les Yeux de sa mère  (2011)

Varèse Sarabande (22 mars 2011) | Original Score [musique originale]


 

C'est la première fois que le compositeur argentin Gustavo Santaolalla (fidèle de Inaritu, doublement récompensé aux Oscars) écrit la musique d'un film français. Dans le film, Jean-Baptiste Lafarge chante "Ma fille" de Serge Reggiani.



[© Texte : Cinezik] • 0884463351820
Les Yeux de sa mère

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Les Yeux De Sa Mère (4:05)
2. Retrouvailles (1:12)
3. Bruno (2:44)
4. La Lettre (1:55)
5. Duo (6:03)
6. Intimité (1:20)
7. Intrusion (2:41)
8. Le Sourire De Maria (1:23)
9. Premiers Pas (:57)
10. Mon Fils (Marnay / Cohen) (3:08) Performed by Jean-Baptiste Lafarge
11. Rendez-Vous (:46)
12. Dans Les Yeux De Bruno (:59)
13. Ma Mère (1:02)
14. La Fuite Dans Paris (1:32)
15. Chagrin (2:14)
16. Je Me Souviens (1:07)
17. Lena (:37)
18. Chaos (2:02)
19. Sous Le Regard De Mathieu (3:23)

Autour de cette BO

Propos du réalisateur Thierry Klifa

Je rêvais qu'il fasse le film. J'aime aussi bien son travail chez Iñáritu ou Walter Salles que la musique du SECRET DE BROCKEBACK MOUNTAIN ou celle de NOS SOUVENIRS BRÛLÉS. Je ne pensais pas qu'il accepterait le film. C'est Daniela Romano - elle était superviseur musical du film et avait rencontré Gustavo et son manager une fois - qui l'a contacté. Très vite, Gustavo a fait dire qu'il aimait le scénario, qu'il voulait voir mes films précédents. Puis, je suis allé le voir à Londres où il donnait un concert. La rencontre s'est passée de manière idéale. Il avait beaucoup de questions par rapport à l'histoire, à la musique, des réflexions sur le scénario... À l'automne, il est revenu à Paris, on a dîné ensemble avec Nicolas, Jean-Baptiste, Christopher... Il m'a demandé de lui donner des photos et des vidéos des repérages, des essais costumes...
Il voulait voir aussi des films récents des acteurs, d'autres qui auraient pu me servir de référence. Il avait besoin de s'immerger dans le projet. À partir de là, il a commencé à m'envoyer des musiques. Et notamment celle du ballet de Géraldine qu'il réajustait en fonction des répétitions. Cela a été un échange permanent malgré la distance - il habite Los Angeles. Durant le tournage, je lui faisais parvenir des rushes, et lui me faisait des propositions musicales qui, à chaque fois, étaient exactement ce qu'il fallait pour l'histoire. Il a été un collaborateur idéal et très présent à toutes les étapes du film.

Interview de Gustavo Santaollala
(Issue du Dossier de presse)

AVEZ-VOUS ÉTÉ SURPRIS LORSQUE THIERRY KLIFA VOUS A DEMANDÉ DE COMPOSER LA MUSIQUE POUR LES YEUX DE SA MÈRE ?

Forcément puisque je ne le connaissais pas et que je ne connaissais pas son travail mais c'était une bonne surprise ! Il m'a envoyé le scénario et aussi ses films précédents. J'ai beaucoup aimé LE HÉROS DE LA FAMILLE qui m'a vraiment étonné. J'ai aimé à la fois les personnages, la manière dont il a su les rattacher les uns aux autres et l'humanité qui s'en dégage. En plus, les histoires de famille me touchent toujours beaucoup. J'ai bien sûr retrouvé ça, dans un style différent, dans LES YEUX DE SA MÈRE. Dès que j'ai lu le
scenario, j'ai voulu faire partie de l'aventure et c'était une magnifique expérience de travailler avec Thierry.

DE QUELLE MANIÈRE VOUS A-T-IL PARLÉ DE LA MUSIQUE QU'IL DÉSIRAIT POUR LES YEUX DE SA MÈRE ?

En fait, il était très ouvert. Il est venu me chercher parce qu'il aimait la musique que j'avais écrite pour les films d'Iñáritu ou pour LE SECRET DE BROKEBACK MOUNTAIN, il m'a donc laissé libre. Ce qui m'allait très bien ! On a juste convenu ensemble que ce qui irait le mieux à cette histoire et à ces personnages serait quelque chose de plutôt intime. Les sentiments étaient déjà exacerbés, une musique symphonique aurait été redondante. J'ai donc cherché une musique qui soit reliée aux émotions des personnages et des situations, à la fois intimiste, sensible et pleine d'humanité...

COMMENT AVEZ-VOUS TRAVAILLÉ ?

Comme j'ai l'habitude de le faire. Je suis parti du scénario, des personnages, des différents univers du film, de ce qui me rattache à l'histoire. J'aime beaucoup faire ça plutôt que de partir des images déjà tournées - sauf quand on ne peut pas faire autrement. Ce qui était bien, c'est que, très peu de temps après notre rencontre, avant même le début du tournage, j'ai pu lui envoyer quelques morceaux et il les a aimés ! C'est comme ça que j'ai procédé pour la plupart des films - je n'en ai pas fait tant que ça, une dizaine tout au plus - dont j'ai composé la musique. Le plus bel exemple, bien sûr, c'est BROKEBACK MOUNTAIN dont tout le score a été écrit longtemps avant le tournage. Si bien qu'Ang Lee a pu vivre avec cette musique pendant des mois et qu'il l'a même emportée sur le plateau. Du coup, la musique est devenue un des éléments à part entière de la conception du film. Pour LES YEUX DE SA MÈRE, on n'a pas pu avoir ce luxe puisque, même si j'ai envoyé à Thierry, quelques morceaux avant qu'il commence à tourner, j'ai terminé d'écrire pendant le tournage. Mais lorsqu'il a attaqué le montage, il a pu le faire sur la musique. J'étais tellement heureux lorsqu'il m'a dit que ça fonctionnait très bien...

VOUS AVEZ DÛ BIEN SÛR COMPOSER LA MUSIQUE DU BALLET QUE DANSE GÉRALDINE PAILHAS AVANT LE TOURNAGE...

C'était même l'un des grands plaisirs que j'ai eus à travailler sur ce film. Je suis un grand fan de danse. Depuis toujours. Quand j'étais adolescent en Argentine, j'avais fondé un groupe de musique, Arco Iris, avec lequel j'ai eu l'occasion de collaborer avec un grand chorégraphe argentin, Oscar Rice, qui a
d'ailleurs travaillé avec le Ballet d'Angers à la fin des années 70. J'ai été un fan de Maurice Béjart et d'Alvin Alley, et puis ensuite de chorégraphes contemporains comme Pina Bausch. Une fois d'ailleurs, je suis allé voir Pina Bausch qui passait à Los Angeles et en regardant son spectacle, j'ai découvert qu'ils dansaient sur trois de mes morceaux ! Je l'ai revue ensuite au Théâtre de la Ville à Paris. Tout ça pour vous dire que j'ai adoré avoir pour mission d'écrire un morceau qui devait être utilisé pour un ballet. C'est même, avec celui qui accompagne l'ouverture du film, un des thèmes que je préfère - même si, bien sûr, je les aime tous ! J'adore ce qu'en a fait Thierry, et la manière dont le ballet est filmé avec beaucoup de sensualité...

VOUS AVEZ LA RÉPUTATION DE JOUER VOUS-MÊME LA PLUPART DES INSTRUMENTS QUE VOUS UTILISEZ. C'EST CE QUE VOUS AVEZ FAIT POUR LES YEUX DE SA MÈRE ?

Quasiment. Mon instrument principal est la guitare, sous toutes ses formes : le guitaron, le charango, le ronroco que j'adore utiliser dans mes musiques de film... Je joue aussi du clavier... Donc, j'ai tout joué moi-même mais j'ai aussi demandé à un ami qui joue avec moi dans le groupe Bajofondo, Javier Casalla, de me rejoindre, pour ajouter de la couleur. C'est d'ailleurs quand on était en tournée avec Bajofondo qu'on a enregistré une partie de la musique. Le reste a été fait à Los Angeles et Thierry est venu y assister.

VOUS, VOUS AVEZ PU VENIR À PARIS SUR LE TOURNAGE...

C'était pour la scène où Bruno doit chanter dans le bar "Ma fille" de Serge Reggiani pour ses parents. Thierry m'avait demandé de faire aussi les arrangements de cette chanson. C'était un beau moment. Jean-Baptiste a fait là un travail fantastique. Très, très émouvant. C'est une formidable révélation. Ce
qu'il dégage, sa présence à l'écran, sa personnalité, tout cela m'a rappelé Gael García Bernal dans AMOURS CHIENNES. Je suis sûr qu'il a un bel avenir devant lui. Mais franchement, j'ai adoré tous les acteurs quand j'ai vu le film. D'autant que leurs personnages sont forts, complexes et, à cause de leurs blessures, très touchants. Je vous l'ai dit, j'adore les histoires de famille ! Nicolas, par exemple,
est vraiment incroyable, Marisa Paredes aussi, et d'écrire pour Catherine Deneuve, c'est forcément très inspirant. Je suis un grand admirateur. Thierry m'a dit qu'elle aimait ma musique, j'espère que je vais la rencontrer...

QU'EST-CE QUI VOUS A LE PLUS SURPRIS ET TOUCHÉ LORSQUE VOUS AVEZ DÉCOUVERT LE FILM TERMINÉ ?

Il était tel que je l'imaginais. J'avais vu les films précédents de Thierry, je savais qu'il savait raconter une histoire, travailler avec les acteurs et faire vivre les personnages. Mais là, c'est encore plus fort et plus beau. J'aime la fluidité du film, sa mise en scène, sa beauté visuelle - et l'émotion qui court tout au long des images...

COMMENT DÉFINIRIEZ-VOUS VOTRE COLLABORATION AVEC THIERRY KLIFA ?

C'était une collaboration très sensible et très organique. On était vraiment sur la même longueur d'ondes. On s'est vraiment bien entendus. Il est si sensible et passionné. Quand je suis rentré à Los Angeles, après notre rencontre, et que j'ai commencé à lui envoyer des morceaux et qu'il les a aimés, c'était pour moi très stimulant. Je ne me suis jamais retrouvé bloqué, avec la difficulté qui arrive parfois où l'on a du mal à trouver ce qu'on veut exprimer. En plus, il m'a laissé une liberté totale. Il y avait entre nous quelque chose de naturel...

EN QUOI EST-CE DIFFÉRENT DE TRAVAILLER AVEC UN CINÉASTE FRANÇAIS PLUTÔT QU'AVEC UN METTEUR EN SCÈNE SUD AMÉRICAIN OU AMÉRICAIN ?

Mais vous savez, je n'ai jamais travaillé avec un réalisateur américain ! Ang Lee est chinois, Andrew Niccol est néo-zélandais, Walter Salles est brésilien, Alejandro Iñáritu est mexicain, Thierry est français... Et je viens de finir un film avec une réalisatrice indienne ! Ce sont tous des metteurs en scène passionnés, qui ont des styles différents, qui savent précisément ce qu'ils veulent ou ce qu'ils ne veulent pas, qui ont des ambitions et des exigences artistiques. La seule différence entre eux, c'est leur personnalité.

MALGRÉ VOS OSCARS, AUCUN RÉALISATEUR AMÉRICAIN NE VOUS A APPELÉ APRÈS LE SECRET DE BROKEBACK MOUNTAIN OU BABEL ?

Peu et je dois avouer que leurs projets ne m'emballaient pas ! Je ne peux travailler que sur des films qui me parlent, me touchent... Franchement, j'aime beaucoup LES YEUX DE SA MÈRE, j'ai adoré travailler dessus. C'est un film dont je suis très fier.

 

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