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Réalisateurs

Ridley Scott  
Né le 30 Novembre 1937 à South Shields (G-B).

Ridley Scott

Ridley Scott est le réalisateur des films de SF culte Alien et Blade Runner. Mais son sens de l'image et du grand spectacle l'ont aussi amené à la fantasy (Legend), au polar urbain (Black Rain), au road-movie (Thelma & Louise), au péplum (Gladiator), et à la fresque historique (Kingdom of Heaven). Il a également signé plusieurs comédies tendres et légèrement cyniques (Les Associés, Une Grande Année).

Incontournables du réalisateur

Bio / Portrait

ridley scott

Ridley Scott se passionne très tôt pour le dessin, la peinture, et l'art en général, qu'il étudie dans sa jeunesse au West Hartpool College of Art et surtout au Royal College of Art de Londres, l'une des plus prestigieuses écoles d'art au monde (David Hockney y a étudié). C'est là qu'il développe son sens visuel très aigüe et son raffinement pour les décors et les lumières qu'on retrouvera plus tard dans ses films. Grâce à son talent de dessinateur, il conçoit d'ailleurs lui-même ses story-boards encore aujourd'hui.

Dans les années 60, il assure les fonctions de chef décorateur puis de chef opérateur au sein de tournages. Rapidement, il est repéré par la BBC qui lui confie la photographie de deux séries de science-fiction, OUT OF THE UNKNOWN (1965) et R3 (1964), avant d'assurer la réalisation d'une série policière qui deviendra très populaire, Z-CARS. Il réalise également de nombreux clips et films publicitaires

Il signe finalement son premier long-métrage de cinéma avec LES DUELLISTES en 1977. Le film séduit le jury du Festival de Cannes à l'époque par son image sublime et la maîtrise de sa mise en scène, et lui décerne le Prix du Jury. La musique est signée Howard Blake, compositeur britannique discret qui n'aura pas vraiment de carrière par la suite. Le film attire cependant l'attention des producteurs de la 20th Century Fox qui confient à Ridley Scott la réalisation d'ALIEN, un obscur film de science-fiction écrit par les scénaristes Dan O'Bannon et Walter Hill. Rien ne présageait du succès que l'on sait. Mais grâce à son sens visuel ultra développé, Ridley Scott impose une vision révolutionnaire à toute son équipe et crée avec ALIEN un film de science-fiction anti-spectaculaire où il mêle subtilement huis clos, SF et thriller. Les producteurs confient la musique à Jerry Goldsmith, qui compose ici un score bourré d'idées géniales mais qui ne conviendra que partiellement à Ridley Scott : celui-ci s'autorise le rejet de nombreux passages du score pour les remplacer par les musiques temporaires utilisées sur les versions de travail. La première édition DVD du film permettra néanmoins au public de découvrir le film avec l'entièreté de la musique originale de Goldsmith sur une piste musicale isolée. Le film remporte l'Oscar des meilleurs effets spéciaux mais Jerry Goldsmith échappe de peu au Golden Globe de la meilleure musique (décerné en 1979 à APOCALYPSE NOW).

En 1982, Ridley Scott signe un nouveau film de SF hors normes : BLADE RUNNER, avec Harrisson Ford. Adapté d'une nouvelle du romancier Philip K. Dick, il impose une nouvelle fois à son film une esthétique rare dans le cinéma de science-fiction qui influencera par la suite de nombreux cinéastes. Le film est un échec commercial mais est désormais considéré comme culte tant il est bourré d'idées révolutionnaires. La partition de Vangelis (qui avait remporté l'Oscar l'année précédente avec CHARIOTS DE FEU) est un mélange audacieux de synthétiseurs, de chansons mélancoliques, de mélodies amères et de nappes envoûtantes. Un score visionnaire pour un film visionnaire, l'un et l'autre n'ayant pas pris une ride malgré les années. On retrouve des synthétiseurs en 1984 dans la partition de LEGEND signée Jerry Goldsmith, qui retrouve Ridley Scott pour la seconde fois après ALIEN. Mais Goldsmith utilise l'électronique comme un instrument merveilleux qu'il mêle avec délicatesse à l'orchestre, alternant mélodies naïves et passages plus sombres et expérimentaux. Là aussi, Ridley Scott charcute la musique au montage et Goldsmith finit par jeter l'éponge : ce sera leur dernière collaboration. Les producteurs doutent tellement de cette musique qu'ils confient le score de la version américaine du film au groupe Tangerine Dream (partition intéressante mais largement plus "datée" aujourd'hui que ne l'est celle de Goldsmith).

Après cet intermède dans le genre de la fantasy (qui finalement ne le convainc pas totalement), Ridley Scott signe un thriller policier avec TRAQUÉE en 1987 (avec Tom Berenger et Mimi Rodger) et collabore avec Micheal Kamen, récemment lancé à Hollywood avec les succès de DEAD ZONE et BRAZIL. Le film comporte également des musiques de Vangelis. Mais aucune édition CD de la bande originale n'est éditée. Ridley Scott poursuit son exploration du polar en 1989 avec BLACK RAIN, film policier urbain plus ambitieux au visuel une fois de plus très élaboré, dans un Japon rappelant le Los Angeles crépusculaire de BLADE RUNNER. Il confie alors la musique à un nouveau venu à Hollywood, un certain Hans Zimmer, qui s'est révélé l'année précédente avec la musique de RAIN MAN (nominée aux Oscars). Véritable révélation, Zimmer compose un score synthétique à la fois efficace et émouvant, teinté d'influence asiatique, illustrant aussi bien les scènes d'action du film avec rythme que la décadence et la mélancolie des personnages. Après ce succès, Ridley Scott et Hans Zimmer ne se quitteront presque plus. Ils se retrouvent donc en 1991 avec THELMA & LOUISE, road-movie au féminin mettant en scène Susan Sarandon et Geena Davis. Hans Zimmer évoque l'ivresse des grands espaces, la liberté et le rêve américain avec des guitares électriques très rock'n roll qui personnifient littéralement la voiture du film.

Après ces succès, il pense naturellement à Hans Zimmer pour son projet suivant, 1492 CHRISTOPHE COLOMB. Mais celui-ci est indisponible pour écrire la musique. Ridley Scott retrouve finalement le grec Vangelis, dix ans après BLADE RUNNER. Celui-ci compose un score synthético-orchestral grandiose et méditatif, qui aura finalement plus de succès que le film lui-même, boudé par la public et les critiques malgré son ambition. C'est le début d'une période d'échec pour Ridley Scott qui traverse péniblement les années 90 en signant LAME DE FOND en 1995, mis en musique par Jeff Rona (collaborateur de Hans Zimmer) puis A ARMES EGALES avec Demi Moore et Viggo Mortensen, unanimement considéré comme son pire film (mis en musique sans conviction par un Trevor Jones qu'on a connu plus inspiré). Il continue néanmoins à réaliser des films publicitaires et crée sa propre société de production en 1995, Scott Free, en s'associant à son frère Tony Scott, également réalisateur et collaborateur régulier de Hans Zimmer et des compositeurs du studio musical Media Ventures.

Ridley Scott signe finalement son grand retour en 2000 avec un genre inattendu et quasiment disparu des écrans depuis des années : le péplum. Avec GLADIATOR, il renoue avec un cinéma à grand spectacle à la fois classique et tragique, et offre à Russel Crowe l'occasion d'obtenir l'Oscar du meilleur acteur. Avec GLADIATOR, Ridley Scott se réconcilie enfin avec le public et la critique, et obtient l'Oscar du meilleur film. Il renoue par la même occasion avec Hans Zimmer qui signe ici l'un de ses chef d'oeuvres, qu'il écrit en collaboration avec la chanteuse australienne Lisa Gerrard du groupe Dead Can Dance, qui donne à sa partition un parfum d'authenticité et un ton élégiaque très émouvant. Le duo tombe quasiment amoureux et collaborera à nouveau de nombreuses fois. La musique est aussi un énorme succès en CD : la BO se vend à plus d'un million et demi d'exemplaires dans le monde.

Ridley Scott devient alors l'un des réalisateurs les plus côtés du moment et reçoit de nombreuses propositions des studios. Parmi celles-ci, la suite du SILENCE DES AGNEAUX d'après les romans de Thomas Harris, intitulée HANNIBAL. Il réalise le film en 2001 avec toujours Anthony Hopkins dans le rôle de l'inquiétant Hannibal Lecter. Mais plutôt que d'en faire un personnage psychologique et manipulateur, Ridley Scott en fait un tueur imprévisible et raffiné, qui vit à Florence, berceau de l'art classique et de la renaissance. Il confie de nouveau la musique à Hans Zimmer qui signe une musique à la fois terrifiante et flamboyante, mêlant des influences classiques comme Bach ou Strauss à des atmosphères poisseuses plus dérangeantes et des mélodies lyriques envoûtantes. Un score hautement inspiré, qui se marie à merveille avec les images soignées du film de Ridley Scott et contraste avec l'esprit vicieux du personnage d'Hannibal. Hans Zimmer retrouvera cette veine mystico-lyrique plus tard sur DA VINCI CODE.

Le cinéaste anglais multiplie alors les expériences, explorant de nouveaux genres, auquel il apporte son regard critique et son grand sens visuel. Il réalise avec LA CHUTE DU FAUCON NOIR un film de guerre nerveux et poussiéreux où il esthétise la guerre et les combats de l'armée américaine, se faisant taxer de réalisateur réactionnaire (le fait que le film soit produit par Jerry Bruckheimer n'arrangeant rien). C'est pourtant un pamphlet camouflé sur l'ambiguité du statut de héros et sur l'absurdité des combats militaires et de leurs enjeux politiques. Le propos de Ridley Scott se fait plus subtil, plus cynique. Hans Zimmer et ses collaborateurs du studio Media Ventures composent une musique hybride mêlant curieusement électronique, instruments traditionnels africains et voix solistes élégiaques. Un score essentiellement atmosphérique très efficace dans le film, à première vue assez déroutant sur le CD mais totalement fascinant avec le recul des années. C'est probablement aujourd'hui le meilleur résultat d'une collaboration créative entre plusieurs musiciens sur un même film, alliant composition lyrique et envolées rock improvisées. Une expérience unique pour un film plus original qu'il n'y paraît.

Scott tâte ensuite la comédie avec LES ASSOCIÉS en 2003 et s'offre à nouveau les services de Hans Zimmer, tout aussi doué dans le film de guerre que dans la comédie puisqu'il en a déjà signé plusieurs dans les années 90 (notamment POUR LE PIRE ET POUR LE MEILLEUR en 1997). Une partition étonnante et légère, pleine de dérision mais aussi emprunt d'une certaine mélancolie. Ils devaient se retrouver en 2005 sur la fresque historique KINGDOM OF HEAVEN mais Hans Zimmer laisse le film à Harry Gregson-Williams, l'un de ses plus talentueux collaborateurs issus de Media Ventures. Gregson-Williams se surpasse littéralement sur ce film ambitieux et bourré d'idées qu'on ne découvrira réellement que dans sa version longue DVD. Ridley Scott se révèle ici un véritable orfèvre à l'instar de Kubrick et signe l'un de ses films les plus aboutis (visuellement et scénaristiquement), explorant les conflits religieux au temps des croisades avec lucidité et maturité. La musique de Harry Gregson-Williams, orchestrale et chorale, donne un magnifique ton méditatif et lyrique aux images.

En 2006, Ridley Scott se repose le temps d'un film avec UNE GRANDE ANNÉE, comédie dramatique avec Russel Crowe et Marion Cotillard qu'il tourne dans le sud de la France (où Ridley Scott a lui-même une propriété et un vignoble). Le film ne convainc pas totalement mais reste touchant pour l'amour du réalisateur envers ses personnages et les paysages de provence. Il collabore pour la première fois avec Marc Streitenfeld (ancien collaborateur de Hans Zimmer) qui signe un score estival mêlant agréablement électronique et guitare. Ils se retrouvent ensuite en 2007 sur AMERICAN GANGSTER, où Ridley Scott se permet de marcher sur les traces de Coppola ou de Scorsese avec un polar urbain évoquant l'ascension d'un gangster de la mafia New-Yorkaise dans les années 70, avant de retrouver Streitenfeld une troisième fois consécutive en 2008 sur MENSONGES D'ETAT (BODY OF LIES) où il s'interesse au film politique dans la lignée de Sidney Lumet.

En 2010, Ridley Scott revient au film moyen-âgeux, genre qui lui avait réussi cinq ans auparavant avec KINGDOM OF HEAVEN. Il tourne sa version de ROBIN DES BOIS, écrite cette fois-ci comme un préquel qui montre le personnage de Robin avant qu'il ne devienne hors-la-loi, dans la lignée d'un BATMAN BEGINS. Il retrouve Russel Crowe dans un rôle de Robin qui n'est pas sans rappeler la personnalité bourrue mais pleine d'honneur du général Maximus de GLADIATOR. Ces deux films sont en effet en filiation par leur structure et leur thématique, mais ce qui intéresse surtout Ridley Scott c'est le contexte politique et social du royaume d'Angleterre de l'époque, éprise de conflits internes (relations du roi avec ses sujets et sa cour) et de conflits externes (la France qui s'apprète à les envahir). Scott revient donc à une forme d'érudition historique où le contexte est finement exploré, les enjeux exploités, et parvient à un improbable mix entre romance chevalière (ROBIN DES BOIS est avant tout un film d'aventures) et film historico-politique passionnant, où il filme rien moins qu'un débarquement français sur les plages anglaises à l'instar d'un Spielberg dans le SOLDAT RYAN ! Il donne l'occasion ici à Marc Streitenfeld de composer une musique épique avec une forte présence de thèmes (d'aventure et de romance), là où ses trois précédentes collaborations faisaient plutôt office d'underscore. On regrette encore un peu le lyrisme de Hans Zimmer ou la finesse de Harry Gregson-Williams mais le coeur y est. Enfin...

Sylvain Rivaud
© Photo en médaillon : Par Alex Guerrero from New Haven, United States (Ridley Scott giving some instructions) [CC-BY-SA-2.0 (www.creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons
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