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Kingdom Of Heaven : Director's Cut  ()

Pathé (29 novembre 2006) | DVD


 

C'est dans une toute nouvelle version qu'on peut désormais découvrir Kingdom of Heaven de Ridley Scott, qui restera sans doute l'un des meilleurs films de l'année 2005 et l'un des plus aboutis du cinéaste. Cette magnifique édition DVD propose la version cinéma sortie en salles, la version longue, et de nombreux bonus parmis lesquels on peut voir Harry Gregson-Williams à l'oeuvre sur la musique du film.



[© Texte : Cinezik] •
Kingdom Of Heaven : Director's Cut

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

DIRECTOR'S CUT - 4 DVD

Extrait du documentaire « Les chemins de la rédemption » (partie 2) sur le quatrième DVD.

Nos articles sur cette BO

La version cinéma (2 h 25) évoquait déjà assez subtilement la cohabitation entre chrétiens et musulmans au 12ème siècle à Jérusalem, mais les personnages manquaient un peu de profondeur, notamment le héros de l'histoire, Balian (Orlando Bloom) qui s'engageait du jour au lendemain dans une quête qui n'avait rien à voir avec ses origines (un simple forgeron français). Ici, la première partie est totalement remontée et agrément de nouvelles séquences qui éclairent considérablement le passé du personnage, et donc ses motivations, ainsi que celles de son père (Liam Neeson). Bourrée de subtilités qui n'existaient qu'en filigranne dans la version cinéma (quand elles n'existaient pas du tout), le film prend une toute autre ampleur. De même le personnage du roi chrétien Baudouin IV (impressionnant Edward Norton masqué) et sa soeur Sybille (sublime Eva Green), à qui l'on découvre un fils, gagnent en profondeur dans ce director's cut (la version fidèle aux intentions de Ridley Scott) de près de 3 h 05.

On regrettera cependant que le réalisateur n'ait pas continué avec la même ardeur le travail d'approfondissement effectué dans la première partie du film, la seconde restant assez fidèle dans l'ensemble à la version cinéma : le travail amorcé sur la partie française et à l'arrivée de Balian en Orient ne trouve pas vraiment de continuité dans le reste de l'intrigue (l'histoire de l'enfant est bâclée alors qu'elle avait été superbement amenée, les "méchants" de l'histoire - les chrétiens fanatiques et autres templiers - peu nuancés et aux motivations obscures). En dehors de ça, Kingdom of Heaven, dans sa version longue, frôle le chef d'oeuvre, tant la maîtrise de Ridley Scott transparaît à chaque plan : cadrages soignés, photographie exceptionnel, acteurs complètement imprégnés de leur personnages (à l'exception d'Orlando Bloom, la seule erreur de casting du film, toujours aussi inexpressif à l'écran malgré le charisme qu'il dégage par moments). Sans oublier la musique de Harry Gregson-Williams, qui suit justement les personnages au plus profond d'eux-même, en jouant à de multiples niveaux émotionnels avec des sonorités européennes (choeurs liturgiques) et orientales (voix, duduk, etc), le compositeur effectuant ici l'une de ses meilleures musiques, fruit de la synthèse de toutes ses expériences musicales, alliant à merveille l'écriture symphonique classique (mais toujours très personnelle) et travail délicat sur les musiques du monde et plus particulièrement orientales (il a vécu deux ans en Egypte).

C'est là que nous nous intéressons au documentaire proposé parmi les savoureux bonus de cette édition 4 DVD, sur le dernier disque, où l'on peut voir pendant cinq minutes Harry Gregson-Williams au travail à Abbey Road pendant l'enregistrement de la musique, en présence de Ridley Scott, le tout étant ponctué d'une petite interview du compositeur.


Harry parle de sa collaboration avec Ridley Scott, qu'il estime évidemment beaucoup (on peut comprendre). Il évoque notamment sa grande part de liberté sur ce film malgré le fait que c'est une grosse production, et bien que Ridley en maîtrise tout les tenants et aboutissants, il a pu y mettre beaucoup de lui-même.

Harry évoque également son travail avec les musiciens du London Session Orchestra, qu'il connaît maintenant très bien. Il explique qu'il pourrait très bien les faire enregistrer d'une seule prise mais il tient à leur montrer chaque scène du film avec sa maquette en bande son, afin que chacun d'entre eux se fassent une idée très précise de la manière dont il faut interpréter le morceau à jouer. Ils ont ainsi une assez bonne idée de chaque personnage, car Harry leur en parle régulièrement, et de manière approfondie : les personnages sont sa ligne directrice, et visiblement ici son inspiration. Harry dit : « Mon rôle est de rendre la chose unique, et j'aime ça ! »


On y voit donc Harry qui fait projeter une scène du film dans le studio 1 d'Abbey Road, chaque musicien écoutant la maquette musicale du compositeur individuellement, au casque, avant d'entamer la phase d'enregistrement.


Harry prépare les musiciens en leur projetant la scène du film qu'il vont mettre en musique

La suite du documentaire évoque ensuite le travail sur le son et le mixage.




Ridley Scott assiste très attentivement aux sessions d'enregistrement


A lire également :

Notre avis sur la BOF de KINGDOM OF HEAVEN (Sony Classical, 2005)

Notre interview avec Harry Gregson-Williams (Madrid, juillet 2006)

Biographie de Harry Gregson-Williams

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